De la lutte pour les papiers…

Nous avons été heureux·euses de participer à la marche et de voir la centralité qu‘ont eue les revendications contre les centres de rétention (CRA), l’enfermement et l’État policier. Se battre contre les CRA, c’est se battre contre les frontières, contre la machine à expulser dans son ensemble et contre le système des papiers en général, sans lequel les CRA n’existeraient pas.

Au départ de la marche, interdite par la pref, un gros dispositif policier est déployé. Les flics bloquent les différents cortèges à Opéra et Madeleine, les cortèges d’Opéra se font gazer et certaines personnes sont arrêtées ; à Madeleine le cortège, composé en très grande partie de personnes racisées et sans-papiers, prend la tête de la marche, bravant l’interdiction et la peur de la répression. Un autre cortège de plusieurs centaines de personnes qui s’était donné rendez-vous à Montreuil n’a pas pu arriver jusqu’à la manif, bloqué par les flics.

Après les violentes charges de flics sur la place de la République, vers laquelle la manif convergeait, les personnes sont restées aux abords de celle-ci pour attendre que tou·te·s soient libéré·e·s de la nasse géante. Certain·e·s ont continué de gueuler « papiers » et « liberté » face aux flics jusqu’à leur départ. Malgré la solidarité collective, les flics ont arrêté 92 personnes. Si toutes les personnes arrêtées à ce jour ont été libérées, de nombreuses personnes sans-papiers sont ressorties avec des amendes et des OQTF.

Tout au long de la manifestation, les sans-papiers en lutte, largement majoritaires en nombre, ont crié leur détermination et affirmé leur force et volonté d’auto-organisation. Toute notre solidarité et notre soutien vont aux camarades sans-papier.e.s en lutte ! À bas les CRA !

… à la solidarité avec les prisonnier·ère·s dans les CRA

À l’appel des brigades de solidarité populaire de Montreuil et Fontenay, un groupe d’une trentaine de personnes s’est retrouvé devant le centre de rétention de Vincennes, pour crier sa solidarité et son soutien aux enfermés. Derrière les murs et barbelés de la prison, les personnes n’entendaient pas très bien les slogans, car les keufs les ont regroupés, depuis quelque temps, à côté du chenil (le CRA de Vincennes est collé à une école de police cynophile). Du coup, on n’a pas trop pu interagir. Au bout d’une dizaine de minutes, une voiture de police est arrivée et on s’est cassé·e·s.

Dimanche, une autre ballade, cette fois vers le Mesnil-Amelot, était prévue après l’annulation de celle de la semaine dernière. Les prisonnier·ère·s du CRA ont lancé plusieurs grèves de la faim successives ces dernières semaines et nous souhaitions leur témoigner notre solidarité. Une grève venait de commencer en opposition à la bouffe dégueulasse fournie par le sous-traitant GEPSA.

À l’arrivée, plusieurs voitures ont été arrêtées et contrôlées pendant plus d’une heure, les keufs (une partie venait du CRA) attendaient clairement notre venue, dès 17h30 (alors même que nous n’étions pas encore parti·e·s du point de rdv) les flics semblaient agités, ont arrêté les parloirs dans le CRA et ont fait rentrer les prisonnier·ère·s dans leur cellule. À la suite du contrôle, les flics nous ont escortés pour repartir.

On voit bien que les flics sont à l’affût depuis la fin du confinement et qu’ils cherchent par tous les moyens à limiter nos interactions avec les prisonnier·ère·s, étouffer les révoltes ainsi que les possibilités de solidarités entre l’intérieur et l’extérieur. Mais la lutte, à l’intérieur comme à l’extérieur, continue !

Liberté et papiers pour toutes et tous !

À bas les CRA !


Article publié le 09 Juin 2020 sur Paris-luttes.info