DĂ©cembre 24, 2022
Par Rebellyon
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La Horde nous propose un petit texte qui est l’occasion de donner sont point de vue tout en invitant Ă  ne pas tomber dans les Ă©cueils propres Ă  ce genre de moments.

Alors qu’un emballement mĂ©diatique a eu lieu mercredi dernier autour de la demi finale Maroc-France de la Coupe du monde de foot, nous souhaitons revenir Ă  notre maniĂšre sur cette sĂ©quence. Dans les jours qui suivirent, on a vu certains journalistes dĂ©battre de la notion de « ratonnade Â», des politiciens opportunistes parler de terrorisme d’extrĂȘme droite sur les rĂ©seaux sociaux… et le pouvoir se positionner comme Ă  son habitude en arbitre responsable en communiquant sur les indicateurs de sa facultĂ© Ă  rĂ©primer.

Dans la soirĂ©e du 14 dĂ©cembre, alors que l’équipe de France de football venait de battre l’équipe du Maroc, des attaques menĂ©es par des groupes d’extrĂȘme droite ont eu lieu dans plusieurs villes

de France : Ă  Annecy, Ă  Nice, Ă  Montpellier, Ă  Lyon
 A Paris, c’est un groupe d’une quarantaine de personnes qui a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©. Parmi eux, 15 fichĂ©s S(Personne inscrite au FPR – fichier des personnes recherchĂ©s – mention S pour atteinte Ă  la suretĂ© de l’État) des anciens membres desZouaves Paris, dont leur leader tristement connu Marc de Cacqueray-Valmenier ou encore l’ex-militant de l’Alvarium Paul-Alexis Husak.

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Aprùs leurs forfaits, les militants nationalistes se la racontent sur Ouest Casual


La Horde tient avant tout Ă  apporter son soutien Ă  toutes les victimes de ces attaques, pour cette soirĂ©e mais Ă©galement pour tous ceux et toutes celles qui ont vĂ©cu les coups, les menaces, les dĂ©nonciations de l’extrĂȘme droite au cours des derniĂšres annĂ©es. Car ce qui s’est passĂ© le soir de la demi-finale n’était pas inĂ©dit.

Ces attaques sont le fait de groupuscules nationalistes violents, souvent Ă©phĂ©mĂšres, qui cherchent Ă  crĂ©er un sentiment de panique et de sidĂ©ration chez leurs opposant·es ; leur mode d’action est de frapper fort et vite Ă  un endroit prĂ©cis, de disparaĂźtre Ă  la premiĂšre opposition puis de se prĂ©cipiter sur Ouest Casualpour se vanter de leurs « exploits Â», toujours prĂ©sentĂ©s Ă  leur avantage, au mĂ©pris le plus souvent de la rĂ©alitĂ© des faits. À noter que ce media est devenu pour ces groupes un outil de convergence stratĂ©gique : il leur suffit de dĂ©terminer une date, une cible ou un Ă©vĂšnement pour s’organiser en consĂ©quence, tout en laissant Ă  chacun une certaine autonomie d’action et de structuration.

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 Mais quand il faut assumer, ils se mettent Ă  pleurnicher. « J’vous jure M’sieur le policier, c’était pas nous ! Â»

À chaque fois, ces militants nationalistes violents se greffent sur des mouvements sociaux (Gilets jaunes, mouvement anti-pass sanitaire) ou sur des Ă©vĂ©nements (comme la coupe du monde de foot) qui mobilisent un grand nombre de personnes, et viennent gĂ©nĂ©ralement parasiter ce qui a Ă©tĂ© organisĂ© par d’autres.

Cette stratĂ©gie qui consiste Ă  trainer en bande pour casser des gueules au petit bonheur la chance peut avoir une certaine efficacitĂ© au niveau local en crĂ©ant un sentiment d’insĂ©curitĂ© mais, politiquement, elle est aussi un aveu d’impuissance Ă  organiser quoi que ce soit, sans mĂȘme parler de la rĂ©pression qu’elle entraĂźne. Quand l’extrĂȘme droite tente de mobiliser par elle-mĂȘme, ce n’est pas la foule, comme on l’a vu rĂ©cemment Ă  Callac en Bretagne.

Par ailleurs, et heureusement, ces attaques se heurtent souvent Ă  des rĂ©sistances spontanĂ©es qui en limitent l’impact et les dommages, et, plus gĂ©nĂ©ralement, cette stratĂ©gie offensive rencontre l’incomprĂ©hension voire le rejet d’une majoritĂ© de la population, mais cela devrait nĂ©anmoins poser certaines questions.

Car dĂ©plorer ces violences ne suffit pas. Crier au terrorisme d’extrĂȘme droite Ă  la moindre occasion participe de l’affolement gĂ©nĂ©ral. Demander l’intervention de l’État pour rĂ©gler le problĂšme Ă  travers des appels Ă  la dissolution, c’est oublier que le gouvernement s’est illustrĂ© en tentant de dissoudre des collectifs antifascistes.

CĂ©der Ă  la peur, c’est quelque part dĂ©jĂ  accepter la dĂ©faite, et ces agressions doivent ĂȘtre un encouragement Ă  s’organiser collectivement. La seule rĂ©ponse antifasciste efficace et cohĂ©rente politiquement par rapport Ă  ces violences, c’est de dĂ©ployer des moyens d’autodĂ©fense, y compris physique, dans des cadres collectifs de lutte. Chacun·e peut agir Ă  son niveau, en relayant des informations sur ces violences, en s’engageant dans des groupes locaux, en restant vigilant·e et solidaire face aux coups de pression de l’extrĂȘme droite : c’est pour cette raison que des collectifs antifascistes existent.

La Horde

(merci Ă  l’AFA77 pour les copies d’écran)




Source: Rebellyon.info