En tant que collectif de soutien à la lutte à Bure, nous avons organisé un événement festif afin de récupérer des fonds pour la caisse anti-répression et de visibiliser cette lutte au plus grand nombre. Suite à cette soirée, il nous a été rapporté des faits de violences sexistes et sexuelles, à la fois via des témoignages directs et à travers l’article publié sur IAATA.

Apprendre que nombreuses sont les copaines qui ont du se préparer psychologiquement avant de venir, se sont senties obligées de rester en groupe pour éviter de se faire emmerder et/ou ont été agressées sexuellement ce soir là nous met profondément en colère. Nous apportons tout notre soutien aux victimes de ces violences sexistes et sexuelles inacceptables. La lutte antinucléaire sera féministe ou ne sera pas !

Toutefois, en tant que co-organisateur-rices de la soirée, nous reconnaissons que la question de la gestion des violences sexistes et sexuelles dans une soirée de cette ampleur est un énorme manquement et impensé de notre part. La publication de l’article a permis de libérer la parole sur ces questions entre notre collectif et celui du Mix’art. Si notre collectif n’est pas amené à ré-organiser ce genre de soirée au Mix’art demain, il nous a semblé de notre responsabilité également de contribuer à accélérer une dynamique qui était en gestation chez une partie du collectif Mix’art Myrys.

La question des violences sexistes et sexuelles en milieu festif ne date pas d’hier mais la publication de l’article vient rappeler l’urgence de se saisir sérieusement de ces questions dans les lieux concernés. C’est pourquoi, il était pour nous nécessaire que chaque collectif organisateur communique publiquement une position claire sur ces questions de violences. Par exemple, en tant que lieu d’accueil, il est important que le Mix’art annonce un plan d’action de lutte contre les violences patriarcales qui traversent ce lieu. Nous espérons que les positions exprimées dans le communiqué qui suit ne soient pas simplement un effet d’annonce mais nos échanges avec elleux nous permettent de témoigner d’une détermination, a minima d’une partie de ce collectif hétéroclite, d’échanger, de se former, et d’expérimenter des dispositifs pour lutter contre la culture du viol et les rapports de domination.

****************************************************************************

Communiqué de Mix’art Myrys :

Mix’art Myrys est un collectif d’artistes autogéré qui bénéficie d’un espace propice à la création, de la mise à disposition d’ateliers et de scènes pluridisciplinaires et de la mutualisation des communs. C’est aussi, par son histoire, un espace militant œuvrant pour un projet culturel et artistique indépendant.

Lors de la soirée de soutien à Bure, co-organisée avec le collectif toulousain de soutien à cette lutte, des violences sexistes et sexuelles ont eu lieu.

Nous apportons tout notre soutien aux victimes et témoins de ces violences et dénonçons ce type d’agissement. Il est évidemment hors de question de faire comme si rien ne s’était passé : Ces actes n’ont pas leur place ni ici ni ailleurs.

Nous ne pouvons que constater que les événements que nous organisons ou co-organisons, nous exposent et exposent les personnes présentes à ces situations inadmissibles.

Nous sommes à Myrys beaucoup touché.e.s par ces violences et souhaitons collectivement lutter contre toutes les formes qu’elles peuvent prendre . Malgré tout nous avons encore beaucoup de chemin à accomplir à ce niveau , dans la mise en place d’outils , d’espace safe et de formation pour lutter face à ces agressions. Cependant nous sommes déterminé.e.s à continuer de nous engager dans cette lutte et faire de notre mieux pour que les choses avancent ici comme ailleurs !

BRISER LE SILENCE

Ce retour a été l’occasion pour nous de reparler collectivement des violences subies, actuelles et passées et de penser les outils à mettre en place pour éviter de nouvelles violences. Conscient- es de la société patriarcale dans laquelle nous vivons et des difficultés d’une prise de conscience massive, nous sommes confronté-es à devoir composer avec une diversité de public le plus large possible et nous sommes tous-tes d’accord pour dénoncer tout acte à caractère sexiste, raciste, homophobe, transphobe … et de nous donner les moyens de lutter contre en prenant des dispositions pour cela.

NI VIOLENCES DÉLIBÉRÉES NI ABSENCE DE RÉACTION COMPLICE

« Le droit d’importuner » que s’autorise certain-es, les agressions sexuelles (= tout acte ou attouchement sexuel sans accord explicite, même en l’absence de menace ou de violence) doivent être dénoncés. Toutes les violences et agressions sont exclues afin de permettre à tous et toutes de se sentir bien, libre dans les soirées qui sont organisées dans le lieu.

CONTRE LA BANALISATION DES AGRESSIONS

Parce que nous sommes tous et toutes confrontés-es à une banalisation des violences sexistes et sexuelles dans la société, il est d’autant plus difficile de les endiguer.

Pour notre part, nous allons mettre en place plusieurs types d’actions :

– Un premier pour sensibiliser notre public dans le lieu pendant les soirées (affichage communication contre les rapports violents et de domination, intervention d’associations extérieures, , procédure d’exclusion de l’agresseur, point d’écoute et d’accueil des victimes sans remise en cause de leur témoignage, ni de leur comportement ou vêtements, ni de leurs pratiques sexuelles… ).

De nombreux outils existent et nous étudions leur faisabilité (création d’un espace safe et d’espace en mixité choisie, …).

– Un second type d’actions : un travail plus long a déjà débuté au sein du collectif pour discuter et lutter contre le sexisme et d’une manière plus large pour déconstruire les formes de dominations qui s’exercent entre les individus.

On en parle et on fait ensemble !

Nous rappelons par ce communiqué que le collectif, constitué majoritairement de bénévoles, organise des évènements régulièrement afin d’une part affirmer notre soutien aux luttes et d’autre part contribuer à leur auto-financement. Toute aide, contribution, expérience est la bienvenue.

Pour toute proposition : [email protected] avec en objet : Stop aux agressions sexistes et/ou sexuelles


Article publié le 10 Nov 2019 sur Iaata.info