Voilà qu’était projeté hier, à St-Pierre-des-Corps, à l’initiative du Parti Communiste, le film Merci Patron ! réalisé par François Ruffin. Retour rapide.

Eh bien ! Quelle réussite ! Voilà que le centre culturel de Saint-Pierre faisait salle comble – on refusait du monde ! Syndiqués, militants, mobilisés, ça et là, on reconnaissait les têtes habituelles, mais pas seulement. C’est une foule joyeuse et impatiente qui s’était réunie hier.

Dans le noir, le documentaire provoquait un bien fou parmi les spectateurs, et on a beaucoup ri — comme le laissait présager la recension de La Rotative publiée plus tôt en mars. D’ailleurs, nous ne reviendrons pas sur le film en lui-même : il faut aller le voir. Seulement, à la fin des 84 minutes, plusieurs réactions étaient entendues, et, bien qu’aucun débat n’ait été possible, ces interventions ont fait ressurgir quelques points intéressants.

D’abord, et notez-le bien, les patrons d’aujourd’hui ont toujours peur de nous. Toujours. C’est donc que notre pouvoir de nuisance est intact et notre légitimité reconnue — y compris chez nos ennemis de classe. Du coup, tout est encore possible ! et collectivement nous pouvons porter loin l’idée d’une société nouvelle plus juste. Une société où nous ne serions pas obligé de perturber des AG d’actionnaires pour se faire entendre. Vous comprendrez dès lors combien ce film fait écho aux mobilisations d’aujourd’hui et combien il est urgent de prendre conscience de notre force. Pour se faire, un des intervenants préconisait l’utilisation des technologies de l’information et de la communication : c’est ce que vient de faire Ruffin, et ce que tente aussi La Rotative.

Il semble pourtant qu’au cours des réflexions un point ait été oublié. Le film de Ruffin, s’il nous montre la justesse de nos luttes, démontre surtout que la question la plus importante est celle de la détermination. Pas celle du légalisme, du parlementarisme ou de la massification. La détermination. Voilà comment un groupe comme LVMH peut avoir peur d’un journal comme Fakir, voilà la seule chose que les étudiants mobilisés de Tours et d’ailleurs devraient se souvenir après ce soir.

Comme le disait le Comité d’action :

Chacun sait que ce qui fait reculer un gouvernement, ce n’est pas le nombre de gens dans la rue, mais leur détermination.

A samedi, donc !