Mai 4, 2022
Par Manif Est
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Avec les suffrages d’un tiers des Ă©lecteur·ices inscrit·es au second tour, l’extrĂȘme droite semble hĂ©las bien installĂ©e dans le paysage. L’assemblĂ©e antifasciste de Nancy avait appelĂ© Ă  une manifestation le 30 avril, veille du 1er Mai.

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L’initiative Ă©tait soutenue par une douzaine d’organisations (BAF Nancy, Bloc Lorrain, Front Social 54, FSE Nancy, FSU, Libert’elles, MOC, Solidaires 54, Solidaires Ă©tudiant-e-s, SUD Ă©ducation, UCL, UL CGT Nancy, UNEF Nancy). Entre 300 et 400 personnes ont rĂ©pondu Ă  l’appel dans un dĂ©filĂ© sonore et colorĂ©, derriĂšre un cortĂšge de tĂȘte fĂ©ministe. DĂ©marrĂ©e place Maginot, la manifestation a sillonnĂ© le centre-ville (rues Saint Jean, Saint Nicolas, retour vers le cours Leopold) pour se terminer porte de la Craffe vers 17 heures.

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En termes de mobilisation, on est trĂšs loin de ce qu’il faudrait et de l’ampleur des rĂ©actions qu’on a connues dans le passĂ© quand l’extrĂȘme droite menaçait de prendre le pouvoir. Mais un noyau dĂ©terminĂ© continue d’affirmer que la rĂ©Ă©lection de Macron ne rĂ©sout rien sur le fond, et que nous n’avons pas d’autre choix que de structurer et renforcer la lutte antifasciste dans les mois et annĂ©es Ă  venir.

Déclaration lue au départ de la manifestation

“Une fois de plus nous venons de vivre une Ă©lection prĂ©sidentielle Ă  l’issue de laquelle on nous a imposĂ© de choisir entre la peste et le cholĂ©ra. Certes, c’est deux candidat.es ne se valent pas et fort heureusement nous n’allons pas ĂȘtre gouverné·es par la reprĂ©sentante d’un parti d’extrĂȘme-droite fondĂ© par des nostalgiques de Vichy. Le Rassemblement National ne sera jamais la solution aux maux qui touchent le pays. Il n’est pas le sauveur des classes populaires, des pauvres, des laissé·es pour compte de ce systĂšme. Il demeure Ă  jamais l’ennemi de celles et ceux qui travaillent ou sont au chĂŽmage, des Ă©tudiant·es comme des retraité·es. Il demeure Ă  jamais notre ennemi. Pour autant, la rĂ©Ă©lection de Macron pour un nouveau quinquennat n’est pas rĂ©jouissante non plus. Le nĂ©olibĂ©ralisme autoritaire va poursuivre sa marche en avant implacable Ă©crasant les plus dĂ©muni·es, dĂ©truisant les formes de solidaritĂ© qui survivent, dĂ©signant des boucs-Ă©missaires, clivant le pays encore plus. Il est fort Ă  parier que la persĂ©cution des musulman·es va se poursuivre, la traque des exilé·es s’accentuer, le dĂ©sastre Ă©cologique s’amplifier. Le nĂ©olibĂ©ralisme ne sera jamais un rempart Ă  l’extrĂȘme droite, Macron un rempart Ă  Le Pen. Elle est la condition pour qu’il soit au pouvoir. Le fascisme c’est le visage que prend le capitalisme lorsqu’il est en crise. Et pour abattre l’un, il faut combattre l’autre.

Nous n’oublierons pas cette campagne prĂ©sidentielle qui s’est jouĂ©e dans la surenchĂšre raciste. Nous n’oublierons pas qu’un minable candidat rĂ©actionnaire, financĂ© par un milliardaire, a pu vomir sa haine des mois durant sur tous les plateaux tĂ©lĂ©s. Si l’extrĂȘme droite a Ă©tĂ© battue in extremis dans les urnes elle n’en reste pas moins un danger rĂ©el dans le pays. Les fascistes assassinent par armes Ă  feu en pleine rue et complotent des projets d’attentats antisĂ©mites et islamophobes. Les forces de l’ordre votent majoritairement pour les candidats d’extrĂȘme droite. Les groupuscules multiplient les actions coups de poings contre le mouvement social et les organisations de gauche. A Nancy, ils ont une librairie oĂč se retrouver et s’organiser, ils collent leurs affiches au verre pilĂ© et font une descente dans un bar oĂč sont rĂ©uni·es des militant·es au soir du premier tour des prĂ©sidentielles. Nous avons conscience que la situation est explosive.

Mais l’espoir n’est pas mort. Pendant l’entre deux tours, dans la Sorbonne occupĂ©e, une partie de la jeunesse a commencĂ© Ă  se soulever contre ce faux choix qui une fois de plus nous a Ă©tĂ© imposĂ©. Ici Ă  Nancy c’est Sciences Po qui a Ă©tĂ© bloquĂ©. Cette jeunesse nous montre la voie Ă  suivre. Elle est la premiĂšre vague d’un mouvement Ă  venir, d’un mouvement Ă  construire. Ce mouvement, il ne naĂźt pas de nulle part. Il est le fruit des luttes accumulĂ©es ces dix derniĂšres annĂ©es. Il est le fruit des Gilets Jaunes et des mouvements sociaux contre les rĂ©formes du travail, des combats Ă©cologistes et des luttes fĂ©ministes, des comitĂ©s “VĂ©ritĂ© et Justice” et des luttes pour les droits des personnes LGBTQIA+, des luttes antiracistes, des mobilisations contre la Loi SĂ©curitĂ© Globale et des mouvements de solidaritĂ© avec les exilĂ© es. Depuis plusieurs annĂ©es, ces terrains de lutte se multiplient et s’intensifient. Et le moment rĂ©actionnaire que l’on vit actuellement n’est peut-ĂȘtre que l’ultime soubresaut de la classe dirigeante face Ă  cette lame de fond qui vient la bousculer. À nous de construire des alliances. À nous de trouver de nouvelles maniĂšres de lutter. C’est le sens de l’action du BAF Ă  Nancy. Cette journĂ©e de lutte, organisĂ©e par l’AssemblĂ©e Antifasciste, est l’expression locale de cette aspiration Ă  se retrouver, Ă  retrouver du souffle, Ă  prĂ©parer l’avenir. L’espoir n’est pas mort. Amplifions la lutte.”

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Source: Manif-est.info