L’Europe se barricade durcissant toujours plus à la fois les frontières et les conditions de l’accueil des personnes qui a force de persévérance ont réussis à passer malgré tout.

Sur l’ensemble du territoire français les structures d’accueil des mineurs isolées étranger mènent une politique de trie et d’exclusion qui aboutissent à la mise à la rue et dans une grande précarité des jeunes gens et ce aux mépris des règles de l’Etat lui même. Le 4 juillet le collectif autonomie manifester dans les rues de Toulouse pour dénoncer cette politique raciste dont le « Dispositif départemental de l’accueil, d’évaluation et d’orientation des mineurs isolés étrangers » est le zélé exécutant. À l’issue d’une marche dynamique et joyeuse nous conduisant de l’exécutant DDAOMIE au donneur d’ordre Conseil départemental des mineurs ont pris la parole.

Il faut rappeler ici que la situation à Toulouse n’est pas une exception, la mort tragique de Denko Sissoko à Chalons en Champagne en janvier dernier devrait servir d’avertissement à l’ensemble des responsables, politiques, administratif et travailleurs sociaux qui participent de cette politique de trie et d’exclusion.

Sur le sujet vous pouvez écouter l’émission Egregore du 26 juin 2017

« L’appel du collectif AutonoMIE

4 JUILLET 2017 : UN AN DE DDAEOMIE, UN AN DE RACISME INSTITUTIONNEL

SAAMENA à Marseille, SAEMIE à Bordeaux et à Pau, MMIE à Rennes, DEMIE à Paris, PEMIE en Seine-Saint-Denis, DDAEOMIE à Toulouse… Les dispositifs d’exception se multiplient et se ressemblent. Créés par les départements dans la foulée de la circulaire Taubira en 2016, ces centres où aucun-e français-e ne rentre n’ont qu’une raison d’être : faire des mineur-es isolé-es étranger-es – protégé-es par la Convention internationale des droits de l’enfant – des sans-papiers comme les autres. Et réserver l’Aide Sociale à l’Enfance aux nationaux… ou aux plus blanc-hes des étranger-es.

A Toulouse, ce racisme d’Etat prend la forme d’une interminable garde à vue dans les locaux du DDAEOMIE (Dispositif Départemental d’Accueil, d’Evaluation et d’Orientation des Mineurs Isolés Etrangers, ouvert depuis le 4 juillet 2016), où des éducateur-ices qui n’en ont que le nom font subir jusqu’à dix interrogatoires à charge à celles et ceux dont le seul crime est d’avoir survécu à l’enfer migratoire. Enfermé-es, les jeunes parlent de « libération » quand, au bout d’une dizaine de jours, ils et elles sont mis-es à la rue, allégé-es de leurs documents d’identité, avec une « suspicion de majorité » entraînant un classement sans suite.

Le parquet de la Haute Garonne n’hésite pas à poursuivre les jeunes qui contestent cette décision auprès de la juge des enfants – et qui gagnent. Accusé-es d’ « escroquerie à l’aide sociale à l’enfance », il n’est plus rare de les voir partir à la maison d’arrêt de Seysses exécuter de courtes peines en forme d’avertissements lancés à celles et ceux qui, dehors, trouvent encore le courage de se battre au sein du collectif AutonoMIE.

Les jeunes ressortissant-es d’Afrique subsaharienne et francophone se retrouvent en première ligne de la guerre aux migrant-es à laquelle se livre le département de la Haute Garonne. En réponse, la solidarité est notre seule arme.

Pour que celles et ceux que l’on pille là-bas ne soient plus mis-es à la rue ici ;

Pour que le Conseil Départemental de la Haute Garonne cesse de confondre protection de l’enfance et gestion des flux migratoires ;

Pour que le DDAEOMIE ferme ses portes et que rien ne le remplace ;

Pour la solidarité avec les victimes du racisme d’Etat ;
Contre la négrophobie, contre le néocolonialisme, contre la Françafrique ;

Contre les lois d’exception ;

Contre toutes les prisons (DDAEOMIE, CRA, Maisons d’Arrêt…) »

Voir la vidéo du Collectif Automédia Etudiant (Camé) sur la manifestation :

Et l’article sur leur site.

Par Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours (IAATA),

Source: http://iaata.info/Retour-audio-sur-la-manifestation-des-mineurs-isoles-a-Toulouse-4-juillet-2017-2140.html