Novembre 22, 2020
Par Dijoncter
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L’arpentage est une méthode de lecture collective issue de la culture ouvrière. À la Zad du Carnet, nous avons arpenté ce 30 octobre le livre « Rage de Camp » qui fait un retour d’expérience sur l’organisation d’un campement autogéré, anticapitaliste et anti-autoritaire. Un livre utile pour celleux qui veulent s’organiser sur une Zad !

Éléments techniques

Le livre arpenté était « Rage de Camp ». Nous avons arpenté toutes les parties sauf la partie 3 concernant l’autonomie matérielle. Nous étions une dizaine. Nous avons commencé à 15h30 la lecture et commencé la restitution à 16h30. Nous nous sommes arrêté·es à 17h45 après que chacun·e ait parlé à tour de rôle de sa partie et n’avons pas eu l’énergie de discuter collectivement ensuite.

Prise de note de la restitution collective.

Bref historique

Un camp autogéré, c’est un rassemblement permettant de partager des expériences et des réflexions. Cela demande un sacré boulot de préparation : quasiment un an pour le campement de Bure [1]. Les campements autogérés ont une longue histoire et il serait long de tous les énumérer. On peut citer les exemples des camps action climat, des campements no borders et des contre-sommets.

Un des objectifs de ce livre est de faire un retour d’expérience sur l’organisation d’un campement autogéré anticapitaliste et anti-autoritaire, à la fois avant et pendant le camp en se basant principalement sur l’expérience d’un camp à Bure en 2015.

Organisation en amont

Au niveau de la préparation en amont, les organisateur·ices se sont organisé·es de manière horizontale et décentralisée. À la fois par choix politique pour l’absence de hiérarchie et par commodité pratique. Par exemple des personnes habitant la même ville prenaient en charge une partie de l’organisation et pouvaient avancer plus vite en se réunissant à leur rythme. Les réunions mensuelles étaient itinérantes ce qui a permis de tisser des liens, d’intégrer de nouvelles personnes et de mieux répartir la charge d’hébergement des réunions.

Il a fallu poser des règles de base et des directions communes pour ne pas se prendre la tête à tout remettre en question systématiquement. S’est aussi posée la question de l’ouverture ou de la fermeture du groupe d’organisation. Quelques fois, c’est pratique d’être ouvert·es pour intégrer de nouvelles énergies, avoir un œil extérieur qui remet en question les évidences et quelques fois, c’est mieux pour avancer de fonctionner uniquement avec des personnes se connaissant afin d’approfondir certains points sans devoir réexpliquer. Il fallait faire aussi attention collectivement au niveau d’engagement individuel des différentes personnes et à être tolérant·es vis-à-vis des capacités d’investissement en temps variés.

Auto-gestion dans le camp

Le collectif d’organisation a choisi de s’auto-dissoudre au début du camp afin de laisser la place à l’autogestion. Pourtant, c’est loin d’être simple de transmettre toutes les connaissances accumulées lors de la préparation afin que les personnes arrivant puissent comprendre le fonctionnement du camp.

Des gens se sont également questionné·es sur comment fonctionner effectivement sans hiérarchie alors que les personnes sachant plus de choses acquièrent naturellement une légitimité plus grande. Comme on ne nous apprend pas dans notre société à fonctionner en autogestion, c’est loin d’être naturel et automatique d’arriver à mettre en place une réelle auto-organisation. Un fonctionnement par groupes de dizaines de personnes nommant des référent·es tournant·es qui se réunissent chaque matin pour faire le point sur les tâches à répartir s’est mis en place sur le camp.

Les auteur·ices ont également ajouté un joli tableau extrait de la brochure « L’autogestion c’est pas de la tarte » sur comment se débarrasser des chef·fes avec des idées de solutions individuelles, de la part de la personne possédant du pouvoir ou des personnes acceptant cette dominations, et des idées de solutions collectives.

Cohabitation, usage et limites

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Source: Dijoncter.info