FĂ©vrier 1, 2021
Par Contrepoints (QC)
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La pandĂ©mie nous a pris de court. On s’est retrouvĂ©.e.s coincĂ©.e.s entre le dĂ©sir de refuser la logique rĂ©pressive du gouvernement et la peur de tomber dans le piĂšge du conspirationnisme, entre la nĂ©cessitĂ© de reconnaĂźtre les dangers rĂ©els posĂ©s par la pandĂ©mie et la volontĂ© de comprendre et dĂ©noncer ses causes structurelles.

Pendant un temps, on n’a pas su comment prendre notre place dans le nouvel Ă©chiquier politique. Face Ă  la difficultĂ© d’articuler un contre-discours cohĂ©rent, beaucoup ont choisi d’attendre et ont acceptĂ©, pour un temps, de se rallier aux politiques gouvernementales. Il y a eu des tentatives d’organisations politiques avortĂ©es, des replis individuels ou en petits groupes. On a continuĂ© Ă  lutter comme on pouvait, dans un contexte oĂč l’apathie gagne du terrain et ou la vie se referme de plus en plus.

Le couvre-feu est venu donner un Ă©clairage sur une situation qu’on peinait jusqu’alors Ă  dĂ©mĂȘler. Ce n’est pas la mesure «de trop», c’est celle qui met en lumiĂšre pourquoi on ne peut se ranger aveuglĂ©ment derriĂšre les consignes du gouvernement pour penser la pandĂ©mie. Pourquoi on n’aurait jamais dĂ» accepter de se laisser tomber dans une telle complaisance envers l’Ă©lite politique. Parce que l’objectif de la CAQ est limpide: rassurer son Ă©lectorat et maintenir Ă  tout prix le productivisme capitaliste, et ce, aux dĂ©pens de la vie des plus vulnĂ©rables.

Il est temps de s’organiser et d’agir. Temps de se rĂ©approprier le discours et l’action politique, de combler le vide qu’on a laissĂ© s’agrandir depuis un an. On se doit de reprendre l’espace urbain, de dĂ©multiplier les drops de banniĂšres, l’affichage sauvage, les graffitis, les actions directes. Il nous faut recrĂ©er les complicitĂ©s, chercher nos alliĂ©.e.s, Ă©laborer des nouvelles façons de se mettre en action sans se mettre en danger collectivement. 

Refusons-nous Ă  ce que les rues dĂ©sertes soient le seul terrain de jeux des corps policiers. Rappelons-nous aux un.e.s et aux autres qu’on est toujours lĂ  et qu’on n’a pas moins la rage qu’il y a un an.

Ne leur cédons pas la nuit.




Source: Contrepoints.media