Janvier 29, 2018
Par Rebellyon
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Vintimille, décembre 2017

Cette petite ville italienne située à 9 km de la frontière française est un lieu de transit pour beaucoup de personnes migrantes voulant rejoindre la France. Depuis le démantèlement du campement No Borders en 2015 et la fermeture des frontières entre France et Italie, les droits des migrant-e-s y continuent à être bafoués au quotidien.

La mise à l’abri n’est pas assurée. D’une part, le Campo Roja, géré par la Croix Rouge, n’offre pas de places suffisantes (en décembre 2017) ; pour y accéder, les migrant-e-s sont soumis-e-s à identification et prise d’empreinte. Le lieu se trouve à 4 km de la ville, sans service de transport. Un campement non officiel s’est créé sous le pont de l’autoroute, dans le quartier de Giacchette, au bord du fleuve Roja.

Alors qu’un grand nombre de migrant-e-s tentent de traverser la frontière en train, les contrôles policiers sont systématiques et au faciès. Les migrant-e-s sont renvoyé-e-s à la frontière sans aucun contrôle de leur situation, et doivent marcher 10 km pour rejoindre Vintimille. Aucune exception est faite pour les mineurs, qui pourtant devraient être pris en charge en France une fois outrepassé la frontière.

Dans ce reportage sonore, enregistré début décembre 2017, on entend les voix de Samuel, bénévole actif sur place depuis Juillet 2017, et de Younous, mineur tchadien qui depuis plusieurs mois tente sans succès de passer la frontière pour arriver en France.

Reportage sonore sur les migrant-e-s à Vintimille
Deux témoignages, celle d’un bénévole et celle d’un jeune migrant, décrivent la situation que vivent les centaines de migrant-e-s qui tentent de travarser la frontière française depuis Vintimille, entre absence d’hébergement digne et contrôles abusifs.

MAJ Janvier 2018 :

Selon les quotidiens italiens , le nombre de personnes accueillies au Campo Roja serait depuis début janvier en forte diminution (260 personnes face à un capacité d’accueil d’environ 400), alors qu’au campement informel le nombre de personnes serait augmenté jusqu’à 250.

Le 18 janvier, le maire de Vintimille, Enrico Iaculano, annonce une “action de nettoyage” des rivages du fleuve Roja, suite aux inondations de fin décembre. En réalité, c’est l’occasion pour le maire d’ordonner l’expulsion de tou-te-s les migrant-e-s ayant trouvé abri aux bords du fleuve, sous prétexte de raisons de sécurité publique. L’opération aura couté environ 30 000 euro, somme qui aurait pu être utilisée autrement et qui montre clairement l’absence de volonté politique d’améliorer la situation des étranger-e-s sans hébergement.

Plus d’informations sur la page Facebook du Presidio Permanente No Borders – Ventimiglia.




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