Ce texte est un droit de réponse au communiqué que la nouvelle organisation toulousaine « Wonder Sisters » a publié sur sa page facebook le 29 Avril 2019. 
        Votre collectif s’est créé il y a quelques mois (décembre 2018) et vous avez depuis organisé un concert à la cave à rock. La seule fois où vous avez communiqué avec nous, c’était via Facebook pour nous demander de relayer votre concert. Ce que nous avons fait. Ainsi nous avons pensé que vous étiez un collectif d’organisation de concerts dans un cadre féministe, ce que semblait confirmer votre proximité assumée avec le Rash. Nous vous avons considérées comme nous considérons le Rash, Kartier Libre ou d’autres collectifs musicaux et culturels avec lesquels nous avons des liens. Des collectifs dont la forme d’action première n’est pas l’organisation de manifestations mais l’animation d’une scène musicale et culturelle. Avec un fond politique que nous ne contestons absolument pas. Le fait qu’un membre de notre organisation se soit rendu à votre concert ne signifie pas que l’UAT vous connaît. Non, nous n’avons pas vos contacts, nous ne vous connaissons pas. Oui des individu.e.s de chez nous ont eu vent de rumeurs sur qui appartient à quel groupe… pas de faits, pas d’infos certifiées, juste du vent, jamais de prise de contact formelle, ne seraitce que pour proposer aux militantes présentes à l’U.A.T de participer à votre lutte.
        En tant qu’organisation politique qui tient à promouvoir un antifascisme populaire et ouvert à toutes et tous, nous assumons de ne pas fonctionner selon un mode affinitaire. Il nous faut donc du concret et nous ne pouvons nous contenter de quelques contacts interpersonnels pour communiquer entre organisations.
         Quand nous avons décidé d’organiser une manifestation antifasciste, nous avons fait le choix d’inviter uniquement des organisations politiques à la première réunion inter-organisations. Et notre démarche ne relevait ni du dédain, ni de la provocation mais d’un manque de connaissance mutuelle, d’une absence de relation formelle, de collectif à collectif, empêchant une bonne intelligence et camaraderie de se mettre en place.
Concernant les agresseurs et les agressions :
        L’agression dont vous parlez et qui s’est déroulée lors de la Pride de nuit 2017, nous l’avons condamnée. Nous avons pris part au processus politique visant à mettre les agresseur.euse.s à l’écart afin que puissent venir les victimes. Depuis, les agresseur.euse.s sont parti.e.s/ont été exclu.e.s de ces organisations, d’autres ont déménagé dans d’autres villes. A notre connaissance, il ne reste plus de ces « agresseur.euse.s transphobes et putophobes » dans les organisations que nous avons invitées. De plus, nous tenons à remarquer que vous avez co-signé le texte d’appel à la Pride de nuit 2019 avec l‘une des organisations que vous accusez de complicité d’agressions, à savoir OCML-VP.
        Là encore, si vous détenez des informations contradictoires, c’est peut être là-dessus qu’il aurait fallu communiquer, plutôt que sur les choix quant à l’organisation de la manifestation antifasciste unitaire. Et votre communiqué nous interroge sur ces manques. Quelle justice pour les victimes de violence ? Quelle sanction contre les agressions (sexistes, putophobes, transphobes,…) ? Exclure une organisation d’un processus politique pourquoi pas, mais sur quelle base ? Ce sont ces questions et bien d’autres encore qu’il nous semblerait important de débattre et d’avoir des réponses. Et là dessus, vous n’êtes d’aucune aide, aucun appui, ni pour les victimes de ces agressions, ni pour nous « organisateur.trice.s de manifestation ».
        Non, nous n’avons pas invité d’agresseur.euse.s et nous faisons tout notre possible pour éviter cela.
Concernant les accusations de récupération
        A ce propos, il nous faudrait quelques éclaircissements. En quoi instrumentalisons-nous la mort de notre camarade Clément cette année en particulier ? Pourquoi ce « stratagème » en 2019 et pas en 2018, ou n’importe quelle autre année depuis son décès ?
        Sachez que l’on ne s’arroge aucune légitimité ou droit quant à l’organisation de la manif en hommage à Clément. Clément était un camarade. Nous avons organisé les mobilisations dès les premières heures suivant sa mort. Nous l’avons fait chaque année, car nous honorons la mémoire de nos camarades tombé.e.s et nous combattons toujours la violence de l’extrême-droite.
Concernant les accusations de sexisme
        Nous ne pouvons qu’en prendre acte si vous jugez le fait de ne pas avoir été invitées comme un acte sexiste. 
        Cependant nous vous opposons plusieurs faits dont celui de ne pas être venues nous parler, là où le RASH nous a pourtant très facilement trouvé. Nous sommes accessibles et nos camarades militantes auraient pu prendre le temps de discuter avec vous et motiver ce choix, qui ne se voulait ni excluant, ni sexiste. Peut-être que leur vision des choses aurait été bénéfique. Au-delà, vous auriez pu nous contacter, de manière formelle pour nous faire part de votre demande de participer à l’inter-organisation, ou solliciter une rencontre pour lever les incompréhensions. Et vous aviez le temps de le faire, il restait plus d’un mois avant la manifestation et, comme vous le saviez, une seconde inter-organisation allait suivre la première.
Concernant l’unité antisexiste/antifasciste :
        Nous, femmes de l’UAT, faisons au mieux pour organiser une vigilance et une autodéfense féministe. Nous estimons que c’est ensemble, entre femmes de différentes organisations, que l’on peut construire un antisexisme efficace dans le mouvement antifasciste. Cependant, en ne considérant dans votre communiqué que les « mecs hétéro cis blanc » et de ce fait en nous considérant comme une « minorité invisible » et en n’ayant jamais pris contact avec nous, vous avez réussi à faire qu’un groupe de femmes se sentent exclues de la lutte antifasciste et antisexiste.
        Nous espérons toujours que l’événement de la manifestation antifasciste sera une réussite malgré ce premier communiqué délétère.
 
Pour Clément et pour toutes les autres victimes de l’extrême-droite, de l’homophobie, du sexisme et du racisme : front unitaire !

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Article publié le 15 Mai 2019 sur Unionantifascistetoulousaine.wordpress.com