Déclaration de la campagne unitaire pour exiger la libération de Georges Abdallah

Le rassemblement d’aujourd’hui vient dans un contexte très particulier : celui des luttes et des révoltes populaires qui s’élèvent aux quatre coins du monde, sur l’ensemble des continents, dans plus de 15 pays comme c’est le cas par exemple en Algérie, en Irak, au Chili, au Liban et ici en France depuis maintenant plus d’un an.

Ces luttes sont au départ purement revendicatives (contre la hausse des taxes sur les carburants en France, contre une taxe sur les appels Whatsapp à Beyrouth, contre la hausse du prix du ticket de métro à Santiago au Chili ou contre des frais d’inscription universitaires…). Elles expriment, en réalité et plus profondément, le refus des classes populaires de porter le fardeau des crises économiques, sociales et politiques actuelles.

Elles expriment – avec une ampleur et une fréquence nouvelle depuis ces dernières années – la volonté affirmée de faire rupture avec un système qui intrinsèquement ne peut produire qu’inégalités, exploitations et exclusions, autrement dit misère, guerres, chaos et parallèlement enrichissement outrancier d’une infime minorité au détriment de la majorité de la population.

A travers ces soulèvements populaires, ces luttes sociales et cette vaque de révolte mondiale, est désormais ouvertement et explicitement dénoncé tout un système à abattre reposant sur la corruption, la collusion constante entre le pouvoir politique et le pouvoir de la finance, l’omniprésence des lobbys dictant leur loi au plus haut sommet des États, la course au profit de tout bois au détriment du bien public et des droits fondamentaux, le détournement d’une justice en une justice purement de classe, un système répressif surarmé réprimant toute forme de contestation – autant de signes et de signaux de la mise en place progressive et aujourd’hui accélérée d’une forme politique et sociale fascisante, allant même jusqu’à bafouer ses droits démocratiques bourgeois les plus élémentaires.

Les enjeux sont aujourd’hui dans toutes les consciences et tout un chacun sait comment décrypter les discours des officiels, lire entre les lignes, traduire en termes d’intérêts ce qui est distillé au goute à goute médiatique.

Chacun sait aujourd’hui comment tout est course au profit au détriment des peuples et de la planète. Chacun sait comment par exemple les opérations militaires ou les pressions politiques pour soi-disant « sauvegarder la paix », « faire tomber des dictateurs », « lutter contre le terrorisme » ou « imposer la démocratie » n’ont pas d’autres objectifs, pour l’impérialisme, que de déstabiliser des pays entiers, destituer des régimes et des gouvernements, imposer le chaos dans le seul but d’avoir les mains libres pour le pillage des ressources pétrolifères, gazières, de minerais, des ressources en eau ou encore pour gagner des zones d’influence commerciales, militaires et territoriales.

Chacun, aujourd’hui, sait, par exemple aussi, comment les soi-disant logiques « d’économie », de « réduction des coûts » et de « réduction de la dette » sont autant de leviers pour les capitalistes pour faire passer les privatisations, les réductions des droits salariaux, l’imposition de taxes à n’en plus finir, et permettre ainsi l’enrichissement par capitalisation de multimilliardaires sur le dos d’un appauvrissement et d’une exploitation toujours plus accrus des peuples.

Chacun sait enfin comment, parmi toutes les luttes en cours, les luttes au Liban et en Palestine sont cruciales, dans cette région clé de l’orient arabe – véritable pièce maîtresse de ce système de domination, de pillage et d’exploitation. Cette zone est un carrefour stratégique fondamental aussi bien sur le plan économique, politique et militaire que dans cette guerre de l’or noir et de l’or bleu. Cela aussi, chacun le perçoit maintenant aisément au vu des bases militaires implantées, des guerres menées par procuration, des alliances politiques et commerciales passées, des passe-droits donnés, et plus largement des soutiens inconditionnellement apportés aux valets des impérialistes dans la région, malgré leurs politiques arbitraires anti-démocratiques et antipopulaires. Tout est planifié là aussi pour exploiter et asservir la population, épuiser les ressources pour des profits exponentiels, transformer toutes les richesses produites en seuls capitaux au final tous détournés. Mais là aussi s’organise la résistance – de longue date comme en Palestine – ou depuis plusieurs semaines comme au Liban pour affirmer qu’un autre futur est possible.

Cette conscience de classe qui est en train de se forger, de se révéler ou de s’exprimer de manière toujours plus aigüe dans les rangs des manifestants du monde entier, a été depuis toujours celle de notre camarade Georges Abdallah. Elle a guidé son action depuis ses premiers engagements auprès des Fractions armées révolutionnaires libanaises dans sa lutte de résistance pour la Palestine et il n’a eu de cesse, depuis, dans toutes ses déclarations, de la mettre en application pour analyser la situation actuelle, éclairer l’état des forces impérialistes et leurs contradictions, démasquer leurs plans de pillage et de domination et condamner le système capitaliste. Aujourd’hui encore, en tant que combattant communiste arabe, il est indéniablement au côté des peuples en lutte dans cette guerre de classe contre classe et tout comme il est de nos luttes, nous sommes de son combat internationaliste, contre le capitalisme, l’impérialisme, le sionisme, le colonialisme, les États réactionnaires arabes et toutes les formes d’oppression.

Georges Abdallah est notre camarade, dans cette vie de combat et en particulier dans cette détermination et conviction que c’est ensemble et c’est seulement ensemble, dans la diversité de l’expression solidaire, dans la coordination et l’intensification des mobilisations conjuguées, que nous vaincrons !

Vive les révoltes populaires actuelles !

Vive la solidarité internationale des peuples !

Palestine vivra, Palestine vaincra !

Liberté pour Abdallah !

Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah

Paris, place de la République, le 15 décembre 2019


Article publié le 13 Fév 2020 sur Paris-luttes.info