C’est la rentrée scolaire pour des millions d’élèves et pour les travailleurs.euses de l’éducation. Une rentrée encore marquée par l’écho des conflits durs de la dernière année scolaire contre les réformes Macron/Blanquer et surtout les bouleversements liés à la pandémie de COVID-19.

La crise sanitaire est toujours lĂ  et le système Ă©ducatif n’est toujours pas prĂ©parĂ© de manière satisfaisante pour y faire face, malgrĂ© les dĂ©clarations de J.M Blanquer. Il n’y a pas de trĂŞve avec la crise sanitaire et de nouvelles attaques s’annoncent contre nos droits et le service public d’éducation. Il nous faudra encore lutter avec plus de dĂ©termination et pour cela investir nos outils syndicaux… Travailleurs.euses de l’éducation, protĂ©gez-vous, regroupez-vous, syndiquez-vous !

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Les enfants doivent pouvoir bénéficier de leur droit à l’éducation mais dans des conditions viables sur la durée et garantissant la sécurité de tous.tes. Le ministère doit revoir en urgence le protocole sanitaire obsolète dans le contexte de reprise épidémique COVID-19. Lire notre communiqué spécifique. 👇

Communiqué protocole sanitaire

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RentrĂ©e 2020 : retrouvons la force du collectif !

Bilan de l’annĂ©e scolaire passĂ©e : dĂ©masquons les incompĂ©tences de ce gouvernement !

D’abord cela a Ă©tĂ© le choc, les inquiĂ©tudes, les questionnements, puis l’adaptation. La fin d’annĂ©e a Ă©tĂ© compliquĂ©e pour les personnels et les Ă©lèves, dramatiques pour les familles de nos Ă©lèves les plus prĂ©caires. Il faudra rĂ©apprendre Ă  faire collectif. Ce qui est sĂ»r c’est que durant la crise, le gouvernement a fait ce qu’il sait faire de mieux : de la com’…



Le télétravail en question


Les classes virtuelles, “l’école Ă  la maison”, ce n’est pas l’école et ses dynamiques collectives, ses possibilitĂ©s de cours hors les murs. Et toute une partie de nos Ă©lèves se trouve exclue du fait de la fracture numĂ©rique et des inĂ©galitĂ©s sociales. Il n’empĂŞche, que certain·e·s Ă©lèves et enseignant·e·s ont pu expĂ©rimenter un rythme plus doux, loin d’une ambiance scolaire parfois trop dure pour certains Ă©lèves, loin de l’évalutionnite aiguĂ« et de la course aux rĂ©sultats. Ces tĂ©moignages doivent nous servir Ă  lancer des discussions au sein des Ă©quipes pour l’école d’après. Concernant le tĂ©lĂ©travail, si dans un futur proche nous devions Ă  nouveau faire face Ă  un confinement, il nous faudra ĂŞtre vigilant·e·s et nous protĂ©ger face au surmenage qu’il peut induire. Pour trop de collègues, le tĂ©lĂ©travail s’est transformĂ© en autoalliĂ©nation. Nous devons Ă©galement rĂ©clamer l’équipement des personnels et des Ă©lèves en matĂ©riel informatique.

Que dire de la coopĂ©ration qui fait vivre la classe ? Le tĂ©lĂ©travail Ă©carte toute forme de collectif. Nous ne pensons plus en commun mais chacun devant nos ordinateurs. La rĂ©forme, en Ă©clatant les groupes-classes, a dĂ©jĂ  rĂ©duit la part du collectif.

Les invisibles de l’école

Les mĂ©dias ont beaucoup relayĂ© les tĂ©moignages des enseignant·e·s dĂ©muni·e·s face au tĂ©lĂ©travail. Nous, les travailleur·euse·s de l’éducation, nous sommes Ă©galement AED, AESH, assistant·e·s de service social. Les AS scolaires n’ont pas comptĂ© leurs heures pour apporter soutien et aide aux familles et Ă©lèves les plus dĂ©muni·e·s. Comme dans d’autres secteurs de la sociĂ©tĂ©, ce sont les premier·e·s de corvĂ©e qui sont les moins bien payé·e·s ! AESH et AED ont trop souvent payĂ© le prix fort de la reprise : autoritarisme de certains chefs, missions qui ne sont pas les leurs imposĂ©es…

Cet Ă©tĂ©, le gouvernement en vacances ?

La gestion estivale de la crise COVID-19 par le ministère est encore calamiteuse. Au long silence radio de J.M Blanquer a succédé une communication médiatique tout azimut mais sans répondre aux interrogations essentielles.

Pour la rentrĂ©e rien de concret n’a Ă©tĂ© fait. Deux mois pour discuter de moyens supplĂ©mentaires, pour anticiper les besoins rĂ©els de personnels, pour l’amĂ©nagement des locaux (points d’eau, rĂ©flexion sur le brassage, la circulation des Ă©lèves…). Deux mois pour anticiper, pour rassurer, pour organiser. Rien.

Enfin, entre temps, les idĂ©es libĂ©rales gagnent encore du terrain…

Un projet de décret, présenté en comité technique ministériel le 12 juin, crée un nouveau concours de recrutement des chefs d’établissement. Il sera ouvert à tout manager du privé. Encore un pas vers la privatisation de l’éducation nationale.

Avec les “vacances apprenantes”, le gouvernement se sert de la situation causĂ©e par la crise Ă©pidĂ©mique pour mettre en place la vente Ă  la dĂ©coupe du service public d’Éducation. Exemple incroyable du label accordĂ© aux supermarchĂ©s Auchan ! Les grands magasins se sont ainsi servi de leurs espaces pour accueillir des Ă©lèves et recruter du personnel ! Ballon d’essai ?

La gestion des concours internes a Ă©tĂ© scandaleuse : des milliers de candidat·e·s ont Ă©tĂ© recalé·e·s sur dossier. C’est comme cela que le ministère traite les enseignant·e·s prĂ©caires !

Les enseignant·e·s ont Ă©tĂ© fĂ©licité·e·s et on entend parler de hausse de budget dans l’éducation mais malgrĂ© cela le point d’indice demeure gelĂ©. Et ce n’est pas les 400 millions annoncĂ©s ces derniers jours qui vont nous satisfaire !

RĂ©forme du bac : les E3C changent de nom pour devenir des “Ă©valuation communes”, mais malgrĂ© leur rejet par les Ă©lèves et les personnels, rien de bien nouveau.

La rentrĂ©e : com’ ministĂ©rielle, flou et inquiĂ©tudes

Lors de son discours de prĂ©-rentrĂ©e, le ministre en a profitĂ© pour en remettre une couche sur ses rĂ©formes et nous servir sa propagande. Mais concernant le protocole sanitaire, c’est très lĂ©ger… La situation sanitaire se dĂ©grade, alors que le message du gouvernement c’est la “normalitĂ©”, tout le monde en classe.

Une semaine après la rentrĂ©e des classes sur l’île de la RĂ©union, plus d’une vingtaine d’écoles Ă©taient fermĂ©es, des classes mises en quarantaine. Mais non, tout va bien…

Le protocole reste quasiment inchangĂ© malgrĂ© l’augmentation des cas de contamination. Lors de la confĂ©rence de rentrĂ©e du 26 aoĂ»t, le ministre de l’Éducation a Ă©galement rappelĂ© que le protocole sanitaire Ă©laborĂ© en juillet Ă©tait “simple et clair” et qu’il n’avait “pas vocation Ă  varier” au cours de l’annĂ©e scolaire 2020-2021. Masques obligatoires pour les personnels et les Ă©lèves, gestes barrières… Mais rien de concret sur les distanciations, sur le brassage des Ă©lèves et personnels… Flou total concernant les cours d’EPS. Une fois de plus le ministère cherche Ă  s’auto-convaincre”, et pĂ©rore Ă  qui veut encore l’entendre que “Tout est prĂŞt !”, cela ne rassure personne, ni les personnels, ni les parents. Dans certaines rĂ©gions (les Bouches-du-RhĂ´ne par exemple) l’épidĂ©mie est en train de reprendre et on assiste Ă  la mise en place de mesures globales car nationales. Il faut absolument que des dispositions soient prises par les responsables acadĂ©miques et dĂ©partementaux. Les Ă©lèves et les personnels n’auront de prĂ©cisions que la semaine prochaine alors que la situation est grave et requiert des mesures urgentes : on ne joue pas avec la santĂ© des gens !

Blanquer s’est montré inflexible sur la question de la gratuité des masques pour les élèves, alors qu’ils vont lourdement peser dans le budget des familles les plus précaires.

Nous sommes en situation de rĂ©activitĂ© totale, ce qui signifie que d’un jour sur l’autre, il pourra y a voir une fermeture d’école ou de lycĂ©e” a prĂ©cisĂ© Blanquer le 27 aoĂ»t. Quand on analyse la gestion de crise depuis des mois, nous pouvons ĂŞtre plus que sceptiques ! En cas de fermeture, il ne faudra pas perdre de vue que les classes virtuelles, que l’école Ă  la maison, accentuent les inĂ©galitĂ©s d’apprentissage. Il faudra Ă©galement, du cĂ´tĂ© des personnels, se prĂ©munir contre l’aliĂ©nation du tĂ©lĂ©travail (droit au repos, temps de travail etc.), et Ă©quiper les personnels et les Ă©lèves.

La rĂ©forme des retraites (dont les personnels de l’Éducation seront parmi les salarié·e·s les plus impacté·e·s) n’est pas abrogĂ©e mais seulement reportĂ©e Ă  janvier 2021 ! L’épisode covid montre bien qu’il est hors de question de faire travailler les personnes toujours plus longtemps : on abĂ®me les travailleur·euse·s et cela contribue Ă  la propagation des virus et Ă  la mort ! Nous ne sommes pas Ă  Ă©galitĂ© devant la mort et les Ă©pidĂ©mies : en fragilisant les salarié·e·s, les gouvernement capitalistes ont du sang sur les mains !

Il apparaĂ®t Ă©galement Ă©vident que cette Ă©pidĂ©mie a vĂ©ritablement montrĂ© les ravages causĂ©s par des annĂ©es d’austĂ©ritĂ©, c’est vrai pour le monde hospitalier mais Ă©galement pour l’école : fracture numĂ©rique, Ă©tablissement sous-Ă©quipĂ©s, prĂ©caritĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e ! Le roi est nu et on voit tout ! La reprise montre bien que nos revendications concernant la diminution des effectifs par classe n’étaient pas une lubie ! Le monde d’après ne doit pas ĂŞtre une illusion : l’éducation est un grand cadavre Ă  la dĂ©rive, il est plus que temps de rĂ©injecter des moyens et de se dĂ©barrasser des principes individualistes et autoritaires qui la gangrènent !

Une autre Ă©cole pour un autre futur !

Nous aspirons à une refonte de l’école appuyée sur des enseignements et des systèmes d’évaluation au service de l’élève, qui puissent l’aider à prendre confiance, à construire des savoirs utiles, émancipateurs et ouverts sur le monde. Contre le gavage, le bachotage permanent, le déni des réalités sociales, une école hors sol qui reproduit les inégalités, trie et étiquette nos élèves. Notre travail dans les classes et hors les murs veut pouvoir s’adapter à leur cheminement singulier, favoriser la joie d’apprendre, et utiliser l’évaluation comme outil formateur.

Nos revendication pour l’école d’après :

– masques gratuits pour les Ă©lèves comme pour les personnels !

– baisse des effectifs

– hausse des salaires

– embauche de personnels, ouverture de concours et de formations

– mise en place d’une vĂ©ritable mĂ©decine du travail avec embauche de mĂ©decin-fonctionnaires

– augmentation de l’équipement informatique des Ă©tablissements (privilĂ©gier les logiciels libres) et Ă©quipement des personnels en cas de tĂ©lĂ©travail

– une rĂ©flexion autour des programmes qui doivent ĂŞtre Ă©laborĂ©s par les acteurs de l’enseignement accompagnĂ©s par des universitaires

– renforcement de l’éducation prioritaire : donnons plus Ă  ceux qui en ont le plus besoin !

– abandon des “rĂ©formes” des retraites, de la fonction publique et de l’assurance-chĂ´mage !

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Une bonne rĂ©solution pour la rentrĂ©e, se syndiquer !


Historiquement notre secteur professionnel a toujours Ă©tĂ© un bastion syndical fort mais ici comme ailleurs ce modèle est en crise avec un effondrement de la syndicalisation ou de la participation aux Ă©lections professionnelles. Le syndicalisme institutionnel est en faillite : impuissance face Ă  la casse systĂ©matique d’une Ă©cole publique de plus en plus inĂ©galitaire, impuissance face Ă  la dĂ©gradation de nos droits et conditions de travail, cogestion et clientĂ©lisme parfois douteux, course aux dĂ©charges qui Ă©loigne les syndicalistes du terrain… Retour ligne automatique

Nous partageons toutes ces critiques ! Il est temps de dĂ©velopper, Ă  la base, un modèle alternatif qui revient aux fondamentaux du syndicalisme. C’est le sens de l’engagement quotidien des militant-e-s de la CNT SolidaritĂ© Ouvrière. Rejoignez-nous pour construire ensemble un outil de lutte, de solidaritĂ© et de dĂ©fense au service de l’intĂ©rĂŞt collectif, porteur de progrès pĂ©dagogiques et d’un projet de transformation sociale !

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Tract syndicalisation CNT-SO

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Pour se syndiquer Ă  la CNT-SO : cliquez ici

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Article publié le 30 AoĂ»t 2020 sur Cnt-so.org