Alors qu’il y a plus de bâtiments vides que de personnes à loger, des gens dorment encore dehors. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), pour l’année 2014, il y avait en France 2,6 millions de logements vacants pour 1,8 million de demandeurs de logements sociaux en attente. En 10 ans, le nombre de logements vacants a augmenté de 73%. Malgré tout, c’est la chasse aux migrants et personnes sans-papiers. Une vie de clandestinité à vivre dans des abris de fortune ou des logements informels. Les ressources mises en place par l’État sont bien insuffisantes. C’est pour ces raisons qu’une vingtaine de personnes sans-papiers, soutenues par le collectif Carpes (Construisons, apprenons, résistons pour l’émancipation et la solidarité) ont réquisitionné une grande maison inoccupée appartenant au groupe Lamotte à Rennes. Elles réclament des solutions durables. Des matelas et le nécessaire pour cuisiner ont été installés. Toutefois, le bâtiment n’est pas chauffé et tous.tes ne peuvent pas rester. Une des femmes présentes lors de l’action s’explique: « Je ne reste pas. J’ai un bébé de 4 mois qui a besoin de chauffage, nous allons rester chez une amie. ». Pour Chantal, mère de deux jeunes enfants, en parlant de sa vie d’errance: « La chose positive, c’est la scolarité des enfants, le reste est souffrance et malheurs ». Les personnes présentes au squat sont à la rue depuis des mois, voir des années pour certaines. Pour Nito, mère de trois enfants: « On ne sait jamais où l’on va dormir. Et quand on a un hébergement en foyer ou à l’hôtel, on doit le quitter dès 7 h 30 le matin, après on est à la rue ».

Lundi 13 février, les occupant.e.s sont allé.e.s rencontrer le promoteur Lamotte « pour lui demander de rester tant que les travaux n’étaient pas commencés et pour obtenir une convention comme pour le squat de la Poterie. » Pour ce dernier, un commodat, contrat en vertu duquel une chose est prêtée gratuitement, a permis de régler la situation sur le plan juridique et de passer de l’illégalité du squat à la légalité. Une rencontre a été fixée pour le 21 février entre le promoteur, la Ville de Rennes et les occupant.e.s du squat. Que ce soit au Québec ou en France, régularisation de toutes les personnes sans-papiers! Personne n’est illégal. Abolissons les frontières qui font des gens nés sur le « mauvais bout de terre » des étrangers. Un toit pour toutes et tous!

Source: http://ucl-saguenay.blogspot.com/2017/02/rennesfrance-requisition-dune-maison.html -