Avril 25, 2016
Par Paris Luttes
237 visites


Analyse d’un camarade anonyme de Rennes à propos de la répression policière de ces dernières semaines.

Une débauche de violence semble saisir Rennes et les villes de France à chaque manifestation dirigée contre le projet de loi honni. Les médias régionaux comme nationaux essentialisent de jour en jour cette opposition du peuple en la réduisant à un face à face violent entre « casseur-se-s » et forces de l’ordre. Mais une confrontation ne peut exister que si ces deux parties se trouvent sur un pied d’égalité. Ce n’est pas le cas et le préfet d’Île et Vilaine ne fait que corroborer ce fait lorsqu’il nous parle de manifestant-e-s aux sacs remplis de boulons prêts à être jetés sur les garants de l’ordre public. Les plus équipé-es sont munis de masques de plongée, de cagoules et de battes de base-ball, sans doute fantasmées. Nous sommes bien loin d’une organisation paramilitaire qui tutoierait l’armée des rues que l’on dépêche chaque fois qu’un esprit de contestation souhaite s’exprimer dans les avenues pavées des centres-villes.

Est-il encore besoin de revenir sur l’arsenal répressif que l’État accorde à ceux qu’il mandate pour préserver les apparences d’une paix sociale ? Non. En revanche, nous avons pu constater, lors de la manifestation du 9 avril, que les blessures de certain-e-s policier-e-s étaient dues au matériel qu’ils/elles utilisent : une grenade de désencerclement jetée trop tardivement sur les manifestant-e-s mutila la main, pourtant protégée, de celui qui l’avait dégoupillée. La dangerosité des armes qui nous sont destinées est réelle et plusieurs dizaines de blessés sont encore à déplorer même si le préfet affirme le contraire. On se plaît à dire qu’aucun-e manifestant-e n’a été hospitalisé-e. Cela est faux. Certain-e-s ont été contraint-e-s d’y faire un séjour mais n’ont pas fait de déclaration sur la manière dont ils/elles avaient obtenu leurs blessures, d’autres n’osent tout simplement pas faire le déplacement mais un grand nombre de blessé-e-s a décidé de porter plainte.

Nos protections physiques sont vaines face aux matraques et aux tirs de Flashball. Elles se résument à enduire nos foulards de citron pour parer au désagrément des gaz lacrymogènes. On nous reprocherait presque l’emploi de sérum physiologique pour nous nettoyer les yeux. Les avoir dans nos poches symboliserait, pour France 3 Bretagne [1], notre souhait d’en découdre avec les CRS. Mais la question n’est pas de savoir si oui ou non la manifestation sera émaillée ou structurée par la violence. Elle le sera forcément puisque les autorités s’entêtent dans leur décision à nous empêcher d’accéder à l’hyper-centre rennais, ce que nous dénonçons fermement. Nous essuyons systématiquement des salves de tirs de lacrymo dès que les manifestant-e-s tentent de se diriger vers la place de la mairie ou du parlement. Ces forces de l’ordre qui sèment le chaos tout en prétendant le conjurer n’ont pas besoin d’être provoquées ou « agressées » par les manifestant-e-s.

Lire la suite sur Brest.mediaslibres




Source: