Retour sur le festival F’luttes en chantier qui s’est tenu le 25 juillet à la ferme du petit faiteau

Suite à l’appel national à mobilisations contre la réintoxication du monde du 17 juin une action de blocage avait été menée à la cimenterie Lafarge d’Angers. De ce refus du retour à l’anormale a émergé l’idée d’un rassemblement interluttes pour consolider nos forces et de les ouvrir au plus grand nombre.

Le 28 juin 2020 une première réunion avait lieu. Le 25 juillet l’événement se tenait à la ferme du « petit faîteau » à St Georges sur Loire. Un mois pour planifier, inviter, réunir le matériel, afficher, communiquer, construire cette journée.

Les objectifs étaient, entre autres, de brasser les militants, de mélanger, de croiser les luttes.

Le défi a été relevé en beauté …

Si tu voulais apprendre à démonter un moteur, puis visiter un jardin garni d’une grande diversité de plantes aromatiques, médicinales et fleurs et regorgeant de légumes, écouter un point sur l’actualité des OGM, apprendre ce qu’est la désobéissance civile et ses modalités pratiques, c’était à ta portée.

Si tu voulais rencontrer des activistes anti-pub, la confrérie d’Emmaüs, des antifascistes puis regarder un documentaire sur des lieux autogérés, des luttes victorieuses, ou écouter une causerie sur un fournisseur d’accès à internet alternatif, c’était possible.

Tout ça en savourant à un moment, un délicieux poulet yassa ou une galette garnie élaborée à partir de produits du jardin, bien sûr, et des dons ou achats à prix solidaires, auprès de producteurs amis qui soutiennent nos initiatives. Côté petite soif, dans la même lignée, le bar était pourvu de jus, limonade artisanale, ou fait maison, de bières artisanales et de vin nature locaux.

La journée s’est clôturée par un grand débat autour de la question : “jusqu’à quand va-t-on obéir ?” L’idée était de composer du savoir ensemble et pas d’écouter un intervenant spécialiste. Les petits groupes formés ont donc carburé pour poser une nouvelle question ensuite soumise à un autre groupe. Les réponses ont mis en évidence trois points :

  • Il y a besoin de désobéir pour atteindre la liberté tout en élaborant des règles construites en commun dans une perspective de responsabilisation.
  • Il est nécessaire de dépasser ses peurs pour apprendre à désobéir en unissant nos forces, nos compétences, nos ressources matérielles.
  • Désobéir individuellement est un premier pas dans cet apprentissage, sans conséquence grave. Ensuite en collectif les enjeux peuvent être plus importants, et faire courir des risques plus conséquents mais le résultat, si succès il y a, sera également plus impactant.

Après cette tempête de cerveau, le moment de détente est arrivé composé de spectacles comiques, d’un acrobate vertigineusement dérangé, d’une fanfare tonitruante et de concerts joyeux.

L’organisation a été au top et a permis que cet événement se déroule dans les meilleures conditions.

Il y a de la joie dans la lutte et cette journée en a été un beau témoignage.


Article publié le 09 Août 2020 sur Basse-chaine.info