Une cinquantaine de travailleurs et travailleuses d’Amazon se sont rencontré·es, par visioconfĂ©rence pour la majoritĂ©, du fait des restrictions nĂ©cessaires de dĂ©placement en pĂ©riode d’épidĂ©mie. Ils et elles reprĂ©sentaient les entrepĂŽts d’Amazon de France, Italie, Espagne, Allemagne, Pologne, des Etats-Unis et du Canada. Les tĂ©moignages sont unanimes : Amazon, dont le chiffre d’affaire est astronomique, met une pression maximale sur les salarié·es, n’hĂ©sitant pas Ă  se mettre en dĂ©faut vis Ă  vis des lĂ©gislations du travail internationales et de certains pays. Salaires, conditions de travail exĂ©crables, management trĂšs agressif et inhumain, nĂ©gligence coupable de la multinationale vis Ă  vis de ses obligations en matiĂšre de santĂ© et de sĂ©curitĂ©, surtout en pĂ©riode de pandĂ©mie : rien n’est Ă©pargnĂ© aux salarié·es !

Durant la rencontre, les participant·es sont revenu·es sur la mobilisation et l’action en justice en France, la condamnation d’Amazon par les tribunaux, et la fermeture de tous les entrepĂŽts qui s’en est suivie, Amazon ayant Ă©tĂ© contrainte de payer leurs salaires au salarié·es pendant la pĂ©riode de fermeture de cinq semaines. La lutte a payĂ© ; mais dans d’autre pays, les lanceurs d’alertes dans les entrepĂŽts surpeuplĂ©s et exposĂ©s Ă  la contamination sans protection suffisante, comme aux Etats-Unis, ont Ă©tĂ© tout simplement licenciĂ©s. Aujourd’hui, les salariĂ©-es des entrepĂŽts français subissent une rĂ©pression cachĂ©e qui vise Ă  la punir implicitement de leurs actions et mobilisations des mois prĂ©cĂ©dents. Le respect des critĂšres de sĂ©curitĂ© dans les entrepĂŽts devient un moyen de les surveiller et de les dissuader de recommencer.. Ă  se mobiliser. MĂȘme chose en Allemagne, oĂč les rĂšgles de sĂ©curitĂ© servent aussi Ă  tenter de mettre en dĂ©faut les personnels et de prĂ©texte, dans certains cas, Ă  des procĂ©dures de licenciement. Ignoble retour du bĂąton de la part de la multinationale, qui utilise les lĂ©gitimes revendications des salarié·es contre eux : par exemple, le nĂ©cessaire respect des distances de sĂ©curitĂ© est difficile Ă  tenir tout le temps, Ă©tant donnĂ© la nature et le rythme de travail dans les entrepĂŽts et les quotas de productivitĂ© imposĂ©s aux salarié·es. Amazon guette les faux pas.

Les salaires versĂ©s par Amazon restent anĂ©miques et trĂšs Ă©loignĂ©s des faramineux bĂ©nĂ©fices, de dizaines de milliards d’euros qui ont dĂ©collĂ©s surtout durant la pĂ©riode du confinement dans diffĂ©rents pays. La multinationale multiplie partout les pressions antisyndicales, visant les syndicalistes les plus actifs pour les dĂ©courager par tous les moyens, y compris les licenciements.

La rencontre s’est achevĂ©e sur les dĂ©cisions suivantes, outre les campagnes communes discutĂ©es :

‱ Une rencontre est prĂ©vue courant janvier-fĂ©vrier prochain Ă  Berlin si les conditions le permettent.

‱ Participation au prochain confĂ©rence de Labor Notes en avril Ă  Chicago.

‱ Rencontre en Italie à l’automne prochain.




Source: Laboursolidarity.org