Juillet 1, 2022
Par Expansive
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Week-end d’échanges, de formations et de rencontre entre femmes paysannes, porteuses de projet, salariĂ©es agricoles, travailleuses de la terre, des forĂȘts et des mers du grand ouest.

Sans hommes cis.

Du 17 au 18 septembre 2022 Ă  la ferme en cavale Ă  Vezin le Coquet (35).

“On lance une invitation aux travailleuses de la terre, des forĂȘts et des mers du grand ouest car on a envie d’organiser un temps de rencontre entre paysannes, porteuses de projet, salariĂ©e agricoles. Mais l’invitation concerne aussi toutes celles qui se reconnaissent dans l’appellation, de la personne qui s’organise sur l’autonomie alimentaire en passant par celle qui ne sait pas oĂč vraiment se placer entre membres de collectifs paysans ou personne en connexion au vivant par son quotidien.

On peut vivre en ruralitĂ© et ne pas se sentir concernĂ©e par les enjeux liĂ©s Ă  la terre et au vivant. Tout comme on peut habiter en ville et au contraire Ă©voluer dans un contexte oĂč ces enjeux sont trĂšs prĂ©gnants.

Dépasser le clivage urbaines/rurales, bio/pas bio pour nous concentrer sur ce qui nous lie et qui constitue une force. En présence comme en devenir.

Nous permettre de trouver le commun qui fera Ă©merger une voix peu audible encore aujourd’hui : celle d’un Ă©co-feminisme de terrain en lutte contre le modĂšle agricole dominant et patriarcal. Un Ă©co-feminisme paysan porteur d’analyses et de solutions.

Historiquement et scientifiquement les femmes ont Ă©tĂ© essentialisĂ©es, naturalisĂ©es, ramener Ă  leur « nature Â» faible, animale, esclave de leurs Ă©motions. En opposition au monde des hommes oĂč rĂšgnerait la raison, la logique, la maĂźtrise des sentiments, en un mot la victoire de la culture sur la nature. Cette naturalisation des femmes a ainsi permis de les infĂ©rioriser, les disqualifier pour justifier leurs exploitations.

Tout comme celle de la nature réduite à un champs de ressources inertes, disponible de maniÚre illimitée et sur laquelle nous aurions tous les droits, celui de se servir, de piller, violer, asservir. Cette vision hégémonique de la culture sur la nature est largement ancrée dans le patriarcat et le capitalisme a su en tirer profit.

Majoritairement le fĂ©minisme matĂ©rialiste a pris le parti d’extraire les femmes de toute rĂ©fĂ©rence Ă  leur « nature Â» pour qu’elles s’émancipent et revendiquent une libertĂ© Ă  l’égal des hommes sans ĂȘtre subordonnĂ©es Ă  leur corps ou Ă  tout raccourci essentialiste.

InspirĂ©es par de nombreuses lectures, discussions et courants, aujourd’hui nous avons envie d’aller au-delĂ .

DĂ©jĂ  en nous liant Ă  la « nature Â» comme compagne de domination patriarcale mais aussi en affirmant que la vision essentialiste des femmes, comme la vision productiviste de la « nature Â» est une construction patriarcale dont nous devons nous dĂ©faire.

L’assimilation historique des femmes Ă  la nature les a assignĂ©es au travail du care, Ă  la prise en charge du travail domestique espace de subsistance et de survie de la famille au sens Ă©largie.

De cette assignation socialement élaborée et de notre histoire commune nous avons tiré une sensibilité, une analyse et une expertise dans notre rapport au vivant.

Ce qui nous intĂ©resse aujourd’hui est de rĂ©ussir Ă  articuler notre expĂ©rience de terrain avec cette expertise.

L’agriculture paysanne est mise à mal par les lobbies agro-industriels, le changement climatique, l’inflation


Pourtant c’est bien cette agriculture paysanne qui peut rĂ©pondre aux enjeux actuels et futurs. Qu’ils soient sociaux, environnementaux ou alimentaires.

Seule l’agriculture paysanne est en capacitĂ© de nourrir les gens en travaillant en cohĂ©rence avec le vivant, en lui rendant sa juste place. Non pas comme matĂ©riau sans Ăąme mais comme compagnon de travail. Nous pouvons prĂ©server l’eau, l’air, le bocage.

C’est cette agriculture qui sait travailler en respectant les sols, les animaux, le sauvage, les humains.

Nous pensons que l’agriculture paysanne trouve ses racines dans un rapport Ă  la nature et au vivant en opposition aux logiques de domination et d’exploitation. 

Nous vous invitons donc Ă  casser les clĂŽtures physiques et mentales de nos statuts (MSA, salariĂ©e, RSAiste..) pour voir quelle richesse et quelle justesse sont entre nos mains. De partir de nos savoir-faire, vĂ©cus et expĂ©riences afin de crĂ©er du savoir qui Ă©merge du terrain et ne plus laisser aux seuls intellectuels l’apanage d’écrire notre histoire. Et enfin pour creuser le lien tenu entre agriculture paysanne et Ă©co-feminisme et voir comment les articuler pour donner une nouvelle dimension Ă  nos luttes et pratiques paysannes !”






Source: Expansive.info