Novembre 4, 2021
Par Paris Luttes
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Sandra Trafilaf Yañez est née dans une famille militante mapuche.

Ancienne résistante à la dictature et ex-prisonnière politique, elle est aujourd’hui une journaliste indépendante, féministe et militante de la cause mapuche.

C’est à l‘invitation de France Amérique Latine à Toulouse qu’elle est venue témoigner en Europe de la situation des revendications territoriales mapuche, des revendications sociales et urbaines au Chili, des prisonnier.e.s politiques historiques, dont particulièrement Mauricio Norambuena, des prisonnier.e.s anarchistes, mapuche et de la révolte sociale, sans oublier l’avancée de la lutte féministe dans les différents territoires ruraux et urbains du Chili.

Fabien Cohen, secrétaire général de France Amérique Latine, sera le modérateur de cette rencontre où un débat prendra place à la fin de l’exposé de Sandra Trafilaf Yañez.

Entrée libre

Buffet solidaire – tables d’information et d’artisanat mapuche

Respect des règles sanitaires

Fille d’un père mapuche, militant communiste et dirigeant syndical, et d’une mère d’origine paysanne, ouvrière du textile, Sandra a très jeune vécu de près les persécutions subies par sa propre famille après le coup d’État militaire de 1973.

En 1978, elle est âgée de 13 ans lorsqu’elle intègre les jeunesses communistes. Très vite, elle s’engage dans des activités de résistance au sein des « unités de combats » (UC) puis des « groupes opérationnels » (GO), avant de compter parmi les premiers membres du « Frente Cero » (Front zéro), précurseur du Front Patriotique Manuel Rodriguez (FPMR) qu’elle rejoint, à l’âge de 18 ans, dès sa constitution, le 14 décembre 1983. Organisation de résistance armée, le FPMR constituait alors le fer de lance de la stratégie du PC d’affronter la dictature par tous les moyens et de provoquer la chute de cette dernière grâce à la « Rébellion Populaire de Masse ».

Un an plus tard, à 19 ans, elle est criblée de balles lors d’un affrontement avec la police et échappe de peu à la mort. Emprisonnée pendant les 7 années qui suivent, elle devient la porte-parole des combattantes rodriguistes détenues et écrit des poèmes qui seront publiés ultérieurement. En 1991, le gouvernement dit de la « transition démocratique » lui propose d’échanger sa condamnation à la perpétuité contre une expulsion dans un pays tiers. Sandra refuse, ce qui lui vaut de passer une année supplémentaire en prison.

A sa libération, Sandra s’inscrit à l’Université ARCIS où elle obtient un diplôme en journalisme et communication sociale. Elle participe à cette époque à la fondation de la première fédération des étudiants de cette université. Parallèlement, et jusqu’en 2001, elle fait partie du conseil d’administration de l’Association nationale des anciens prisonniers politiques.

Activiste sociale, elle milite ensuite au sein d’organisations de défense des droits humains tout en exerçant son métier de journaliste et de communicatrice sociale sans pour autant renoncer à la création poétique.

Sandra est aussi une féministe convaincue et elle revendique également haut et fort son appartenance au peuple mapuche, ce qui l’amène notamment à œuvrer, entre 2002 et 2014, au sein de l’Association nationale des femmes rurales et indigènes (ANAMURI, organisation membre de la Coordination latino- américaine des organisations rurales – CLOC). Elle y mène des actions de formation populaire et de communication. Dans ce contexte, elle travaille avec des communautés mapuches et aide à faire connaître la situation des prisonniers politiques mapuches.

Membre de « Minga Informativa », une initiative de communication portée par divers coordinations et réseaux sociaux en Amérique latine, Sandra est aussi chroniqueuse pour divers médias numériques dont le site d’information alternative Rebelión et participe au « Réseau de média Libres et Populaires » (Red de medios Libres y Populares).

À partir du 18 octobre 2019, date à laquelle commence la « Révolte sociale » au Chili, elle effectue un suivi des manifestations de rue dont elle rend compte dans des programmes diffusés via les réseaux sociaux où elle évoque la réalité des territoires jusqu’à ce qu’elle soit attaquée par une voiture de police et gravement blessée au bras gauche.

Elle collabore enfin à diverses associations, est membre du collectif « Hijas de la Rebeldía » (Filles de la Rébellion) qui se consacre à la sauvegarde de la mémoire de la résistance et du Comité de la famille, des amis et des camarades de Mauricio Hernandez Norambuena, dit « Comandante Ramiro », héros de la résistance à la dictature toujours emprisonné au Chili.




Source: Paris-luttes.info