Rencontre le jeudi 21 février, à 19h, à la librairie Terra Nova, avec Françoise Vergès, modérée par Houria Bentouhami, autour de son livre Un féminisme décolonial, paru aux éditions La fabrique.

Pourquoi le terme « féministe » est-il librement approprié à la fois par l’extrême droite, la gauche, et le capitalisme ? Dans un contexte, où les notions de féminisme et d’égalité sont vidées de leur sens hier radical, que peut signifier être féministe aujourd’hui ? Quels sont les combats à mener ? Comment mettre au cœur des luttes des femmes l’antiracisme, l’anticapitalisme et l’anti-impérialisme ?

Françoise Vergès s’attache d’abord à interroger les deux récits médiatiques qui dominent l’histoire du mouvement des femmes des années 1970 en France, l’un qui parle d’un mouvement qui aurait mené à une reconnaissance de la place des femmes françaises dans la république avec ses valeurs de laïcité et d’égalité, l’autre qui dénonce un mouvement qui aurait été exclusivement « blanc » et essentiellement intéressé par la liberté sexuelle. Reconnaissant une profonde asymétrie entre ces deux récits, Françoise Vergès questionne cependant les causes de l’effacement de féminismes radicaux et anticoloniaux, antiracistes et anti-impérialistes des années 1970.

Féministe antiraciste, présidente de l’association « Décoloniser les arts », Françoise Vergès est l’auteure de plusieurs ouvrages et articles en français et anglais sur l’esclavage colonial, le féminisme, la réparation, le musée. Dernier ouvrage paru : Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme (Albin Michel, 2017).