Juin 18, 2016
Par Paris Luttes
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Tant de choses ont été écrites, dites après cette manifestation que finalement je devrais avoir peu à rajouter. Mon envie, besoin, d’écrire est venue à la lecture d’un article sur Rebellyon. Info, récit de la manif du 14 juin à Paris par des Lyonnais•es, et notamment un passage :

“Y’avait une femme de la cinquantaine. Je lui ai souri en la remerciant et en lui demandant ce qu’elle foutait là (bon, j’ai été un peu plus poli parce que j’ai eu un profond respect pour cette dame le temps de notre rencontre, si éphémère qu’elle ait pu être). Elle accompagnait ses enfants. Je me suis retourné et j’ai vu trois jeunes en noir. Sweats à capuche, lunettes de ski et foulards. J’ai souri. Je leur ai dit que j’aimerais bien que ma mère marche à mes côtés dans ce genre de manif.”

J’ai souri, j’aurais aimé moi aussi que ma mère, que mon père marche à mes côtés dans ce genre de manif, j’aurais aimé pourvoir simplement leur dire que j’allais dans ce genre de manif, cela n’a pas été le cas. C’est peut- être aussi pour cela que, ayant moi aussi dépassé la cinquantaine, je suis là, encore là, pour être à côté de mon fils, pour être à côté de toutes celles, de tous ceux qui pourraient largement être mes enfants.

Au-delà de mes considérations d’ancien combattant qui n’intéressent personne, je voudrais revenir sur un point qui pourrait sembler anecdotique mais qui pour moi ne l’est pas, c’est la profonde solidarité qui règne dans cette partie-là de la manifestation où chacun-e prend soin de l’autre, où l’on n’oublie personne derrière soi, où l’on sait que quoiqu’il arrive l’on ne sera jamais seul-e que l’on prenne des coups de matraques, ou une lacrymo dans le cul, ça, c’est fait…

En clair, j’étais là aux dernières manifestations, je serai là aux prochaines, même si je ne suis pas très actif, je m’obstinerai à être présent pour ne pas laisser seul-es les camarades les plus déter, et pour pouvoir témoigner encore et encore de la réalité de la répression policière.




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