Novembre 6, 2021
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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Date-clef de la rentrĂ©e sociale, la manifestation interprofessionnelle du 5 octobre ouvre un triple chantier  : protĂ©ger l’assurance chĂŽmage, dĂ©fendre nos retraites, mais aussi reconstruire et ancrer localement un mouvement social sapĂ© par les confinements successifs.

Une journĂ©e de grĂšves et de manifestations interprofessionnelles est organisĂ©e par l’intersyndicale CGT, Solidaires, FO et FSU le 5 octobre. Alors que l’actualitĂ© sociale se concentre sur la question du pass sanitaire, cette date est l’occasion de rappeler par ses mots d’ordre l’urgence de combattre les nombreuses attaques gouvernementales et patronales contre notre classe. DĂšs la planification de cette date au mois de juin par la CGT, l’enjeu Ă©tait clair  : remobiliser notre camp social aprĂšs un an et demi d’épidĂ©mie qui a paralysĂ© de nombreux collectifs habituellement combatifs.

Pour remettre en ordre de bataille notre camp social, les organisations syndicales affirment trois prioritĂ©s pour cette journĂ©e  : combattre la rĂ©forme de l’assurance chĂŽmage du gouvernement – qui va drastiquement rĂ©duire les indemnitĂ©s des privĂ©â‹…es d’emplois –  ; affirmer notre capacitĂ© Ă  contrer les menaces sur nos retraites aprĂšs le mouvement social de l’hiver 2019-2020  ; enfin, le 5 octobre a pour objectif de construire le rapport de force en vue d’augmenter nos salaires, dans un contexte de paupĂ©risation de notre classe au profit des capitalistes. La hausse des prix rend nĂ©cessaire cette revalorisation mais c’est avant tout l’accĂ©lĂ©ration de la lutte des classes, entre licenciements et dividendes records, entre dĂ©classement social et explosion de la richesse des capitalistes qui rend indispensable une Ă©lĂ©vation du rapport de force.

Si personne ne s’attend Ă  ce qu’un jour de grĂšve suffise Ă  faire plier le gouvernement ou le patronat, rĂ©ussir cette journĂ©e permettrait d’amorcer un vĂ©ritable rapport de force, il faut donc s’en saisir. S’en saisir c’est bien sĂ»r ĂȘtre personnellement en grĂšve et en action le 5, mais c’est aussi et surtout remettre nos syndicats en mouvement pour ceux dont la vie syndicale a souffert des confinements, et redonner goĂ»t Ă  la lutte collective aux camarades qui se sont isolĂ©â‹…es depuis le mois de mars 2020.

C’est aussi l’occasion de convaincre sur nos lieux de travail ou d’études de la nĂ©cessitĂ© de s’organiser collectivement et de lutter pour reprendre l’offensive, car en l’absence de rapport de force, le « â€ˆquoi qu’il en coĂ»te  Â» du gouvernement, c’est bien notre classe qui va le payer.

Trois combats Ă  mener

Et aprĂšs le 5  ? DĂšs le 6 octobre, il faudra retourner convaincre les travailleuses et les travailleurs pour renforcer notre camp social, si de nombreux camarades regrettent les journĂ©es de mobilisation sans lendemain, il faut s’appuyer sur elles en cas de succĂšs pour travailler syndicalement, soutenir les grĂšves sectorielles, profiter au maximum de la fenĂȘtre mĂ©diatique qu’offrent les mobilisations rĂ©ussies pour diffuser nos propositions le plus largement possible. Si le 5 n’est pas la rĂ©ussite qu’on souhaite, c’est un autre chantier critique qui s’ouvrira, celui de la relance de la vie syndicale, d’un vĂ©ritablement dĂ©confinement de nos organisations de classe pour remonter en combativitĂ©, un profond travail de terrain dans les diffĂ©rents secteurs professionnels qui constituent actuellement les dĂ©serts syndicaux.

Quoiqu’il en soit, il est clair que nous avons l’opportunitĂ© avec cette date de mobilisation interprofessionnelle de remettre les questions sociales au centre de l’actualitĂ©, de remettre en mouvement notre classe, et c’est Ă  cette tĂąche que nous devons nous atteler le 5 octobre et les mois qui suivront.

Aimeric (UCL Grenoble)




Source: Unioncommunistelibertaire.org