POUR LES SALARIE.ES : TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS ET GAGNER MOINS !

POUR LES PATRONS : DIMINUER LE COÛT DU TRAVAIL ET GAGNER PLUS !

Le 18 juillet 2019, Jean-Paul Delevoye (ex-ministre de droite) a présenté le rapport qui a inspiré l’attaque contre les retraites, avant un examen au Parlement en 2020. Cette loi serait donc votée après les élections municipales.

Les propositions de ce rapport devraient faire l’objet de « discussions » avec les « partenaires sociaux », les syndicats, durant le mois de septembre. Nous ne sommes pas dupes, cette réforme des retraites est déjà ficelée entre Jean Paul, Édouard, Manu… et les patrons ! Malgré l’énormité de cette attaque, les syndicats

restent divisés. Pourtant, tout notre camp social est concerné.

La retraite par point, une idée simple et séduisante : « un système universel des retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits quel que soit le moment où il a été versé quel que soit le statut de celui qui a cotisé ».

Pour le gouvernement et le MEDEF, l’universalité c’est la baisse des retraites pour toutes et tous, du privé comme du public. Leur unique objectif n’est pas l’universalité ou l’égalité, c’est diminuer les pensions pour augmenter les bénéfices des actionnaires.

Les propositions Delevoye sont toutes scandaleuses : le point, le plafonnement des dépenses dite « la règle d’or », l’âge d’équilibre, la période de référence pour calculer le montant de la pension, l’inégalité femmes/hommes… et la situation des fonctionnaires territoriaux.

ET NOUS, QU’EST CE QU’ON VEUT ?



L’abrogation de toutes les précédentes réformes des retraites (1995, 2003, 2010)

• La retraite à 60 ans (55 ans pour les métiers pénibles), 37 ans de cotisations, 75 % du dernier salaire

• Pas de retraite inférieure au SMIC

• Taxation des dividendes avant leur appropriation totale

• Augmentation des cotisations patronales en fonction des besoins de financement

• L’égalité salariale entre les femmes et les hommes

• Avantages différentiels pour les femmes tant que l’égalité salariale et la prise en charge des enfants n’est pas réalisée

LA RÈGLE D’OR : L’AUSTÉRITÉ JUSQU’À LA MORT

Le montant des retraites représente aujourd’hui 13,8 % de la richesse produite chaque année en France, par les travail- leurs·euses. Delevoye propose que cette proportion soit sanctuarisée. Concrètement chaque retraité.e verra le mon- tant de sa pension baisser si le nombre de retraité·es augmente ou si la richesse produite stagne voire diminue.

Les retraites couteraient trop cher ! Et pourtant… entre 1960 et 2015, la part de richesses consacrées au paiement des retraites n’a augmenté que de 9 % soit 0,16 % par an ! Pourquoi ne décidons-nous pas de fournir le même petit effort aujourd’hui ?

Les femmes retraitées seront les premières touchées, elles perçoivent déjà une retraite égale à 69 % de celle des hommes et que 45% d’entre elles touchent les minimas ! Par exemple, la pension de réversion ne pourra être touchée qu’à partir de 62 ans, contre 55 aujourd’hui dans le privé et sans limite d’âge dans le public.

LA RETRAITE A POINTS : UN MOYEN DE BAISSER LES PENSIONS

Que l’on ne s’y trompe pas, la situation actuelle est très proche entre le privé et le public. Les déclarations démagogiques sur un pseudo-déséquilibre ne visent qu’à diviser le monde du travail. Alors qu’actuellement nous savons quel sera le montant de notre pension avant notre départ, avec la retraite par point, impossible de le connaître à l’avance ! La valeur du « point » serait ajustée chaque année en fonction du nombre de départs et de la « règle d’or ». La situa- tion des retraites complémentaires AGIRC et ARRCO est édifiante : depuis 2000, la valeur de leurs « points » a baissé de 15% à 20% !

L’AGE D’ÉQUILIBRE : ILS VEULENT NOUS FAIRE PARTIR A (AU MOINS 64 ANS) ET PLUS SI AFFINITÉ…

Si l’âge de départ à la retraite reste fixé à 62 ans, il devient en réalité l’âge minimal de départ. A partir de 2025, un dé-part à 62 ans impliquerait une baisse, ou décote, de 10 % du montant de la retraite, un départ à 63 ans une baisse de 5 %. Une pension « complète » ne serait versée qu’à partir de 64 ans, ou plus puisque l’âge d’équilibre pourra être augmenté selon les arbitrages des Lois de Finance issues de Bercy, sans concertation.

FIN DE LA PÉRIODE DE RÉFÉRENCE : LE CALCUL SUR TOUTE LA CARRIÈRE INDUIT UNE BAISSE DES RETRAITES

La période de référence servant à calculer le montant de la retraite passerait des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public à toute la carrière. Bonjour l’impact du chômage, de la précarité, des congés parentaux, de la maladie…

Il n’est pas nécessaire d’être prix Nobel de mathématiques pour comprendre que nos retraites vont chuter !

ET POUR NOUS, FONCTIONNAIRES TERRITORIAUX, L’INTÉGRATION DES PRIMES N’APPORTE RIEN À CELLES ET CEUX QUI N’EN N’ONT PAS ET RENFORCE LES INÉGALITÉS FEMMES/HOMMES !

La promesse de voir les primes intégrées dans le calcul de la retraite va mettre en évidence nos grandes disparités de rémunération. De nombreux-euses fonctionnaires n’en perçoivent pas ou peu tel.les les enseignant.es, mais aussi des agent.es de certaines collectivités territoriales. De même toutes les études montrent que les femmes en touchent beaucoup moins que les hommes.

Jusqu’ici ce sont les actifs qui préservaient le niveau de vie des retraités. A partir de 2025, les retraités seront la variable d’ajustement.

En bref, ce projet de réforme rendrait chacun et chacune responsable de sa retraite, mettant fin à la solidarité entre les générations !

Cette logique d’individualisation et de vision néolibérale où « chacun obtient ce qu’il mérite en fonction de ce qu’il a.


Article publié le 23 Sep 2019 sur Solidaires.org