4 717 396 signatures. Voici l’objectif national du nombre de signatures à récolter sur le site du gouvernement pour la procédure de Référendum d’Initiative Parlementaire sur la privatisation des aéroports de Paris. La marche est haute. Le nombre est un record, et l’atteindre est une nécessité. Car il s’agit sans doute de la procédure institutionnelle la plus menaçante pour le quinquennat d’Emmanuel Macron.

Le gouvernement l’a d’ailleurs identifiée comme telle, et la traite comme une menace. Il a d’abord tenté de l’éliminer en minorant dans un premier temps les moyens alloués à cette procédure : le site internet mis en ligne par le gouvernement souffre de très nombreux bugs, d’une très mauvaise optimisation, l’interface est peu ergonomique, et aucun compteur du nombre de signatures n’est proposé sur le site. Sur le terrain, l’État ne proposera aucun tract, aucun affichage public en mairie pour mettre en valeur la procédure.

En public ensuite, la défense de la démocratie représentative a été mobilisée pour discréditer la procédure, le président du Sénat Gérard Larcher la qualifiant de « détournement de démocratie représentative » (20 juin, RTL) et le premier ministre Edouard Philippe commentant : « Il faut s’assurer que le RIP reste un outil de démocratie directe et ne devienne pas un instrument de contestation du Parlement » (22 mai, Le Monde). Le désintérêt et le mépris que ce potentiel référendum suscite auprès des puissances publiques est à mettre en comparaison avec l’investissement dans la vaste et gigantesque opération marketing qu’a été le « Grand Débat ». Qu’importe. Nous n’avons besoin ni de leur assentiment, ni de leurs moyens pour parvenir à nos fins.

« Signez comme vous êtes ».

Les initiatives fleurissent déjà en effet en Indre-et-Loire : collages, tournée des villages et des Ehpad, instauration de bureaux festifs de signature, « apéroports », pétitions, initiatives d’associations culturelles… Les Tourangeaux engagés dans cette bataille ne manquent ni d’idées, ni de volonté pour aller chercher leur objectif de 20 000 signatures en Indre-et-Loire, dont 8 000 à Tours. L’Indre-et-Loire compte d’ailleurs déjà de nombreux signataires, et se place ainsi dans la moyenne haute des signatures par rapport au territoire national (9,30 ‰ des électeurs de Tours, 5,15 ‰ des électeurs d’Indre-et-Loire, d’après des relevés effectués par des internautes).

Le collectif tourangeau monté à partir de l’initiative de F. Ruffin et autour du site signons.fr, ne se revendique d’aucun parti et n’a pas vocation à tirer de cette lutte un quelconque profit, autre que celui de la défense et la perpétuation du bien de tous. Ils mettent à la disposition de toutes les bonnes volontés un matériel militant (affiches, tracts) qui n’est signé par aucun parti ou organisme. Tous ceux qui voudront s’engager à leur côté peuvent consulter et renseigner le site internet, signons.fr, destiné à répertorier toutes les actions en ce sens. Qui souhaite s’opposer à cette privatisation et veut la tenue d’un référendum, quelle que soit sa couleur politique est le bienvenu. Le mot d’ordre est simple : « Signez comme vous êtes ».

Ce lundi 24 juin à 14h, une réunion de coordination ouverte à tous est proposée à la Maison du Peuple de Touraine à Saint-Pierre-des-Corps [1]. Cette réunion sera immédiatement suivie d’actions concrètes en commun.

Illustration : Orly : circuit européen des avions de tourisme, 1932.


Article publié le 23 Juin 2019 sur Larotative.info