Avril 22, 2016
Par Brest Media Libre
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Entretien avec Morgane Mertueil, secrétaire générale du STRASS (syndicat du travail sexuel). Les propos ont été recueillis par Nicolas Haeringer

“ Morgane Mertueil : Je considère en effet que, d’un certain point de vue, le travail sexuel peut participer à la remise en cause des rapports de domination. Pourquoi est-ce que la prostitution choque ? Parce que les femmes sont censées être baisées gratuitement. Elles ne sont pas censées gagner de l’argent avec ça. Il y a, dans le mouvement abolitionniste, une remise en cause très intéressante de toute l’idée que l’après 68 aurait permis une libération sexuelle, alors que cette libération n’est rien d’autre qu’un libéralisme sexuel au profit de la classe des hommes, qui leur a juste permis d’avoir un accès plus libre au corps des femmes, sans plus de remise en cause des conditions concrètes dans lesquelles se font les échanges. Mais les abolitionnistes ne vont pas plus loin. Je considère que le travail du sexe, c’est aussi une manière d’apporter un regard critique sur la sexualité de manière générale, ou sur les rapports sexuels entre hommes et femmes de manière générale…

Il y a toujours plusieurs structures de domination qui se superposent. La domination économique en est évidemment une.
Mais dans le contexte patriarcal, je ne suis pas certaine que demander de l’argent en échange de services sexuels soit un renoncement à la lutte féministe plus fort que de baiser gratuitement. ”

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