DĂ©cembre 31, 2019
Par Indymedia Nantes
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– En 2020, le gouvernement Macron veut imposer une technologie de surveillance totale, aux perspectives totalitaires –

La France n’est pas seulement le pays d’Europe oĂč la police est la plus armĂ©e et la plus violente, c’est aussi le premier pays du continent Ă  vouloir utiliser la reconnaissance faciale. Le secrĂ©taire d’État au numĂ©rique vient d’annoncer une expĂ©rimentation d’au moins 6 mois de la reconnaissance faciale dans l’espace public. Par ailleurs, un outil crĂ©Ă© par le ministĂšre de l’IntĂ©rieur basĂ© sur ces technologies sera nĂ©cessaire pour accĂ©der aux services publics en ligne.

La France rejoindra ainsi la poignĂ©e d’États qui forcent leurs citoyens Ă  avoir identitĂ© en ligne, comme Singapour, l’Inde ou la Chine. Selon les autoritĂ©s, l’application Alicem doit permettre Ă  l’Etat « d’assurer sa mission rĂ©galienne de certification de l’identitĂ© dans un monde digital». Pour se connecter Ă  des services comme les impĂŽts ou la Caisse d’allocations familiales, les citoyens seront soumis Ă  la reconnaissance faciale. Ils devront se filmer sous tous les angles, et montrer plusieurs expressions pour enregistrer leurs profils. Ainsi, les technologies totalitaires vont s’imposer Ă  la foi dans l’espace urbain et dans les services publics.

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“L’EXEMPLE” CHINOIS

Dans la Chine dictatoriale un Ă©norme rĂ©seau de prĂšs de 200 millions de camĂ©ras interconnectĂ©es est baptisĂ© par les dirigeants le « rĂ©seau cĂ©leste ». Il s’agit d’un Ɠil gĂ©ant pilotĂ© par des intelligences artificielles qui travaillent jour et nuit Ă  analyser les millions de visages des passants des grandes villes chinoises, et dĂ©clenche une alarme en cas d’identification d’une personne « suspecte ». En France aussi, la reconnaissance faciale « intelligente » est annoncĂ©e comme une nĂ©cessitĂ© pour le ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Le modĂšle chinois de contrĂŽle et de surveillance de la population par des camĂ©ras et des algorithmes d’identification inspire Macron qui lance d’ors et dĂ©jĂ  des expĂ©rimentations. « L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repĂ©rer dans la foule des individus au comportement bizarre » dĂ©clarait notamment l’ancien ministre de l’intĂ©rieur GĂ©rard Collomb. Le 21 juin dernier, Christophe Castaner rendant visite Ă  Christian Estrosi, saluait par exemple « l’ambition sĂ©curitaire » du maire de Nice, ville la plus vidĂ©osurveillĂ©e de France. A contratio, la ville de San Francisco aux Etats-Unis vient d’interdire la reconnaissance faciale Ă  des fins policiĂšres. Autrement dit, la France s’Ă©loigne chaque jour d’avantage des normes des pays dits « dĂ©mocratiques », pour s’aligner de plus en plus ouvertement sur des modĂšles autoritaires.

CAPITALISME AUTORITAIRE

La France se positionne sur un marchĂ© mondial en pleine expansion. Des entreprises investissent massivement dans le secteur de la surveillance de masse, notamment Thales ou Gemalto. La Chine n’hĂ©site pas Ă  financer ses champions de l’intelligence artificielle. Certaines start-ups prĂ©tendent mĂȘme ĂȘtre capables d’identifier un individu en analysant
 sa dĂ©marche. « Il faut arriver Ă  construire un modĂšle europĂ©en de la reconnaissance faciale », dĂ©clarait par exemple un proche de Manuel Valls il y a quelques annĂ©es.

Aujourd’hui, c’est Cedric O, le secrĂ©taire d’État au numĂ©rique, dĂ©signĂ© en toute opacitĂ©, qui pousse Ă  gĂ©nĂ©raliser cette technologie de contrĂŽle total. Ironie de l’histoire, c’est justement cet individu qui travaillait pour la multinationale Safran, entre 2014 et 2017. L’entreprise est spĂ©cialisĂ©e dans la « dĂ©fense et la sĂ©curitĂ© », notamment la surveillance, et lui a versĂ© des centaines de milliers d’euros avant son entrĂ©e au gouvernement. Le conflit d’intĂ©rĂȘt est gigantesque. Ce qui est dĂ©sormais habituel pour la mafia au pouvoir. Le mĂȘme CĂ©dric O, annonçant ces derniers jours l’expĂ©rimentation de la reconnaissance faciale, dĂ©clarait « qu’il sera ensuite nĂ©cessaire d’avoir un dĂ©bat public. » Soit aprĂšs que la technologie ait Ă©tĂ© imposĂ©e sans discussions.

MACRON : L’EXTINCTION DÉFINITIVE LES LIBERTÉS FONDAMENTALES

Dans une rĂ©cente note du Centre de recherche de l’Ecole des officiers de la Gendarmerie nationale un colonel dit de la reconnaissance faciale qu’elle « ne peut ĂȘtre dĂ©sinventĂ©e », comme si le progrĂšs technique Ă©tait un cliquet. Le mĂȘme militaire ose que la reconnaissance faciale « pourrait mettre fin Ă  des annĂ©es de polĂ©miques sur le contrĂŽle au faciĂšs puisque le contrĂŽle d’identitĂ© serait permanent et gĂ©nĂ©ral ». Remplaçons une logique raciste et injuste par un contrĂŽle beaucoup plus absolu ! On retrouve ici l’idĂ©e d’une « sociĂ©tĂ© de vigilance », chĂšre Ă  l’extrĂȘme droite, et aujourd’hui dĂ©fendue par Emmanuel Macron. Il y a quelques mois, une start-up dĂ©marchait la mairie de Nice pour intĂ©grer aux camĂ©ras du tramway un logiciel capable de dĂ©tecter les Ă©motions des passagers en scannant leur faciĂšs. L’implantation d’espions surpuissants dans chaque parcelles de nos vies risque dĂ©sormais d’aller trĂšs vite, si l’on n’y oppose aucune rĂ©sistance.

PERSPECTIVES TOTALITAIRES

Un soulĂšvement est actuellement en cours en Inde, contre une loi raciste du gouvernement nationaliste. Dans la mĂ©galopole de New Delhi, la capitale indienne, les autoritĂ©s utilisent le systĂšme de reconnaissance faciale pour identifier les « manifestants » et les «élĂ©ments perturbateurs». Le 22 dĂ©cembre, la police a croisĂ© les images filmĂ©es lors d’un meeting du Premier ministre pour identifier les «suspects». A la base le logiciel utilisĂ© avait Ă©tĂ© officiellement acquis en 2018 pour « rechercher les enfants disparus ».

Jamais un tel contrĂŽle – c’est Ă  dire le suivi en temps rĂ©el de chaque individu, et l’identification d’attitudes ou d’Ă©motions « suspectes » – n’a Ă©tĂ© possible dans l’histoire de l’humanitĂ©. Pas mĂȘme sous les rĂ©gimes totalitaires du 20Ăšme siĂšcle, qu’ils soient fascistes ou staliniens. Orwell lui mĂȘme n’aurait pas imaginĂ© telle technologie dans ses pires cauchemars. Le troisiĂšme millĂ©naire pourrait bien ĂȘtre celui de l’extinction de toutes les libertĂ©s. Avec ces technologies, il n’y a ni maquis oĂč l’on Ă©chappe Ă  la surveillance, ni pays ami oĂč l’ont peut esquiver les contrĂŽles, ni zone refuge oĂč fuir un rĂ©gime autoritaire. Le monde entier pourra ĂȘtre interconnectĂ©, numĂ©risĂ©, filmĂ©. L’urgence absolue, au delĂ  de la nĂ©cessaire question des retraites qui agite la France, est de tout renverser. Le gouvernement en place incarne Ă  la fois l’ultra-libĂ©ralisme et l’attaque sans prĂ©cĂ©dent des libertĂ©s les plus fondamentales.


Des sources :

https://www.la-croix.com/France/Securite/Le-gouvernement-fait-pas-vers-reconnaissance-faciale-2019-12-30-1201069068

https://www.lebigdata.fr/inde-reconnaissance-faciale

https://www.zdnet.fr/actualites/reconnaissance-faciale-les-autorites-francaises-lanceront-alicem-des-le-mois-de-novembre-39891881.html

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/en-inde-les-manifestants-sont-surveilles-avec-la-reconnaissance-faciale_2113013.html

https://www.telerama.fr/medias/la-reconnaissance-faciale-debarque-en-france-et-vous-ny-echapperez-pas,n6459175.php




Source: Nantes.indymedia.org