Novembre 19, 2018
Par Le Poing
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Visuel pour la rencontre Reclaim the Fields de l’automne 2018, tiré de la page Facebook Reclaim the Fields

Montpellier Poing Info, le 19 novembre 2018 – Du 30 octobre au 2 novembre avaient lieu les rencontres francophones annuelles du réseau Reclaim the Fields (RtF), dans la ferme collective du Berquet située dans les Cévennes. RtF se présente comme une nébuleuse de jeunes paysans, de sans-terre et de paysans en devenir, dont l’objectif est « d’encourager les gens à rester ou à retourner en milieu rural », ainsi que de « promouvoir la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne ». Entretien avec G., vigneron héraultais ayant participé à ces rencontres.

Comment lutter dans l’agriculture, avec qui, pourquoi ?

Retour sur l’origine de ces rencontres. « Au départ, ça a commencé avec des camps d’été, où les gens se rencontraient pour parler des problématiques liées à l’agriculture et à l’occupation de l’espace rural et ce genre de choses. Mais ça visait aussi à mener des actions politiques. Là par contre, c’était que des rencontres pendant quatre jours, autour de différentes thématiques. » La formation d’un réseau local autonome est également à l’ordre du jour pour donner une perspective à ces rencontres.

Celles-ci se déroulent dans la ferme du Berquet, « une ferme collective mise à disposition d’une association qui rassemble en gros quatre ou cinq personnes vivant là, y travaillant, faisant de l’élevage. » Les débats vont des présentations de livres tels que Le paysan impossible de Yannick Ogor à des discussions plus théoriques, telle qu’un atelier animé par des membres du collectif Hors-normes luttant contre les normes actuellement en vigueur dans l’agriculture, montage audio de témoignages à l’appui. « Comment lutter, avec qui, pourquoi » : différents aspects sont ainsi abordés au cours de ces rencontres.

« Le paysan est vu comme quelqu’un devant se sacrifier pour sauver le monde »

Qui participe à ces rencontres ? « C’est large, ça se passe en parallèle de la Confédération partisane, certaines personnes en étaient membres. » Quelques agriculteurs, des zadistes, des personnes en voie d’installation revendiquant la mise en place de fermes collectives : « les gens venaient d’un peu partout. J’ai rencontré des agriculteurs locaux, ce qui permet de discuter pour s’organiser, impulser des luttes sur notre secteur d’activité ». La conflictualité est cependant peu présente dans les discours : « les luttes sociales sont absentes des revendications des syndicats agricoles, la Confédération paysanne ne fait plus de campagnes sur des thèmes sociaux, le paysan est vu comme quelqu’un devant se sacrifier pour sauver le monde. » La nécessaire prise de conscience écologique fait cependant peser un poids important sur les agriculteurs « en écartant toute notion sociale de salaire, de retraites… La retraite moyenne d’un agriculteur, c’est 800 euros ! Quant au Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux (Modef), il est marginal. »

Quoi que modestes en termes de perspectives, ces discussions débouchent sur la mise en place d’un réseau Sud-ouest/Occitanie avec des bases dans l’Ariège, les Pyrénées et en Cévennes. D’autres rencontres sont déjà prévues pour juin.




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