Vendredi 22 février à La Pétroleuse : Récits de luttes autonomes dans
l’Espagne des années 70.

18h00 – Causerie sur les luttes « autonomes » dans l’Espagne des années
70 en présence du « coordinateur » du recueil de textes Le pari de
l’autonomie, Suivie d’une auberge espagnole (on amène et partage un
repas).

EN ESPAGNE, DANS LES ANNEES 1970 l’appareil franquiste en fin de règne,
puis le gouvernement chargé d’assurer la transition dite
« démocratique », ont chacun leur tour du mal à contenir des conflits
qui secouent lieux de travail, quartiers et prisons. Les appareils
syndicaux qui tentent d’accompagner cette transition et de préparer leur
légalisation et leur intégration à un capitalisme plus libéral
politiquement combattent les secteurs les plus combatifs de ces luttes
et les assemblées autonomes qui émergent. Les mouvements comme pendant
la dictature ne peuvent compter que sur eux-mêmes. La répression est
féroce.
Par ailleurs, des groupes autonomes mêlant anarchistes et conseillistes
apportent leur soutien en acte à ces luttes. En organisant la
publication clandestine de textes critiques, en multipliant les actions
de sabotages et les « expropriations » . En 1973, des militants du
Mouvement Ibérique de Libération sont arrêtés et condamnés à mort.
En France, des militant-e-s anarchistes et conseillistes se solidarisent
avec leurs compagnon-ne-s espagnol-e-s. Ils et elles organisent, par
affinités tout en refusant majoritairement la militarisation de leurs
groupes, une campagne pour leur libération. Sabotages, actions directes,
enlèvement d’un responsable d’une des banques espagnole les plus
puissantes, se multiplient. Si cette campagne en acte ne suffira pas à
sauver Salvador Puig Antich, garroté (exécution par strangulation) en
1974, elle marquera le refus d’en rester à une indignation morale et
humaniste, et participera à entretenir les conflits diffus qui marquent
aux quatre coins du monde ces années de braise.
Dans une large mesure ces mouvements refusaient d’être dirigés, se
méfiaient des politiciens et des syndicalistes. Bref, se construisaient
autant contre ceux et celles qui cherchaient à encadrer leur révolte que
contre le pouvoir en place. Beaucoup faisaient le pari de
l’auto-organisation et de l’autonomie !
Le coordinateur du recueil de textes Le pari de l’autonomie viendra nous
parler de ces luttes. Pas par souci de noircir les pages poussiéreuses
de livres d’histoire ou d’hagiographies anarchistes mais pour alimenter
les luttes autonomes que nous entendons continuer de mener aujourd’hui.

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Source: http://zad.nadir.org/spip.php?article6391 -