[Message de l’équipe de modé : si vous avez des images ou des temoignages des actions et manifs qui ont lieu sur Brest ou dans d’autres villes à nous faire parvenir n’hésitez pas, c’est toujours cool de pouvoir relayer ce qui se passe dans le coin de différentes manières !]

Rendez-vous était donné à 11h Place de la liberté pour une manifestation jusqu’au rond point des Foulques sur le port.

Avant le départ, une énorme tête de macron en papier est suspendue à un arbre place de la liberté et est joyeusement détruite à coup de batôn, libérant confettis et bonbons. Tout le monde s’en donne à coeur joie pour administrer une bonne correction au président de la république.

Pendant ce temps là, des tracts sont distribués : Aujourd’hui on ne s’arrête pas après la manif, on va bloquer le dépôt ! On est un certain nombre à ne pas vouloir se contenter de déambuller et manger des saucisses sur un rond point. D’autant que partout en France ça s’organise pour provoquer une pénurie d’essence.

Une fois la tête de macron réduite en charpie, la manif s’élance.


Un cortège joyeux mais pas très énergique qui marche pépère et sans embuche jusqu’à son objectif où l’attendent divers stand de restauration. La zone portuaire est entièrement bloquée (à l’exception du dépot pétrolier) par des grévistes de la CCI, des Docks et de Damen depuis 6h le matin.

La majorité des gens font immédiatement demi tour une fois arrivé.es au niveau du rond point, la balade est terminée… Il reste quand même un bon nombre de manifestants, une partie d’entre elleux va déguster grillades et couscous, pendant qu’une autre se dirige vers le dépôt pétrolier accompagnée d’une fanfare. Arrivé.es à proximité du dépôt une ligne de keufs bien épaisse et bien équipée nous bloquent la route. Une tentative de forcer le barrage en formant une chaine humaine échoue face à un copieux gazage. La motivation à briser cette ligne de keufs ne semble pas très répandue dans le cortège.


Face à la présence policière, la plupart des gens sont repartis en arrière, mais au bout d’un moment arrive une jolie troupe de manifestant.es qui ont fini de manger et vienent préter main forte.

Plutôt que d’essayer de forcer le barrage pour accéder à l’entrée du dépot, décision est prise de contourner le dépot pour aller bloquer la route qui permet d’y acceder en amont au niveau du Moulin Blanc, puisque l’autre route qui permet d’y acceder est déjà bloquée par les stands à merguez.

Un cortège de 300 personne repart par la quatre voies pour contourner les keufs et fini par acceder sans encombre à l’axe stratégique. On bloque la route en rattrapant au passage deux camions citernes qui allaient y échapper de justesse. Et voilà mission accomplie le dépôt est bloqué !

Bien évidemment la réponse policière ne se fait pas trop attendre. Cela prend plus de temps que la première fois puisque nous sommes désormais sur la juridiction des gendarmes de Guipavas qui ne semblaient pas très bien préparés à nous accueillir, mais assez vite nous voilà face à une ligne de Gendarme et de Gendarmes Mobiles. Cette fois-ci il y a néanmoins une vraie motivation collective à tenir le terrain et à ne pas se laisser intimider. Tout le monde resiste tant bien que mal mais l’effet des gazeuses sur une foule où très peu de gens sont équipés contre les gazs est redoutable et les gendarme finisse par nous repousser sans pour autant libérer la circulation.

Ceci dit il y a une super solidarité, du serum phy et du maalox circulent super vite dans le groupe et les gens s’occupent des personnes désorientées par les gazs, le climat n’est donc pas trop anxiogène malgré la présence des gendarmes et on se sent plutot en confiance dans le groupe.

On apprend à ce moment que les syndicats lèvent le blocage au rond point des foulques et que par la même notre point de blocage va devenir inutile. Avec cette nouvelle information personne n’est très motivé à remanger des gazs pour tenir cette route alors décision est prise de repartir par la quatre voies.


On retourne au rond point des foulques pour manger ce qu’il reste dans les stands syndicaux, non sans avoir foutu toute sorte de déchets et obstacle sur la quatres voies pour faire chier les gendarmes qui nous suivent et qui s’arrêtent à chaque objet pour le remettre sur le bas coté. à la buvette le sandwich pain-chips est de mise accompagnée d’une petite bière, un vrai régal après cette après-midi un poil trop épicée.

Il est déjà 16h. Pendant ce petite frichti on apprend que les dockers qui bloquent un autre rond poit du port ont des problèmes avec les cammioneurs qui sont bloqués devant leur piquet depuis la matin, décision est prise d’aller leur préter main forte. On vient renforcer leur blocage jusqu’à que les camions abandonnent l’idée d’aller chercher leur cargaison.

La journée se termine sur une bouffe bien arrosée à la salle des syndicats.

C’était une journée de manifestation super cool, le port de brest aura été très impacté par les grèves et les blocages. De plus malgré le manque d’habitude vis à vis des confrontations avec la police à Brest, la gestion collective des moments de conflictualité avec la police faisait super plaisir à voir et était plutôt sécurisante.

Ce moment de confrontation avec la gendarmerie montre l’importance de s’équiper pour se protéger des gazs, car c’est une arme qui nous réduit bien trop facilement au silence quand nous sommes à visage découvert.

Il serait judicieux que chacun ait le réfléxe d’emporter des parapluies, masques et lunettes pour réduire l’efficacité de ces armes contre nos actions. Même si ce n’est qu’au cas où, cela peut permettre de rester efficace dans nos actions en cas de réponse policière.

En tout cas même si la répression c’est jamais agréable il ne faut pas oublier que c’est le signe que l’on fait bien chier l’état et le gouvernement, et ça ça fait plaisir de le savoir.

Une pensée de solidarité pour les camarades de Lorient qui ont aussi eu le droit à leur ration de gaz lacrymogène en bloquant le port de leur ville elleux aussi !

En espérant de nouvelles journées aussi rafraichissantes et bloquantes. à bientôt dans les rues de Brest et d’ailleurs !

En grève jusqu’à la retraite !

Des gens.


Article publié le 10 Jan 2020 sur Brest.mediaslibres.org