Avril 29, 2016
Par Rebellyon
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Belle journée à Lyon, où la manifestation a su faire preuve de cohésion, d’intelligence et de capacité à passer à l’action !

Banques, flics et agences d’intérim repeintes, arrestations empêchées ou entravées : 69 c’est la champion’s league !

Plusieurs tentatives de blocages de lycées dès le matin, avec une bonne pression policière à certains endroits.

A Doisneau par exemple à Vaulx-en-Velin, les flics sont venus très tôt contrôler quelques lycéen.nes qui étaient devant, et leur ont dit que s’ils sortaient une banderole ou quoi que ce soit, ils viendraient les voir chez eux (!). Pas de blocage mais pas mal de monde quand même devant le lycée, de la musique, un ptit déj à partager, et une alarme incendie complice qui décide de se déclencher à l’intérieur du lycée pour donner l’envie de sortir.

Un mini cortège de Doisneau se forme et part en transports essayer de débrayer Colbert, et retrouve là-bas les lycéens de Jacques Brel et de Condorcet.

Plusieurs cortèges de différents lycées ont tenté de rallier le point de rendez-vous à Jean Macé, malgré encore une fois un coup de pression des flics (a priori, mais je n’étais pas là, contrôle d’une quarantaine de personnes vers Jet d’eau-Mendès France et deux personnes embarquées à ce moment là).

A Jean Macé, pas énorme de monde mais on se chauffe, des gens avaient amené plein de foulards blancs, de quoi garantir l’anonymat à tout le monde. Initiative à refaire ! D’autres avaient amené des sandwichs en masse, pour se donner des forces pour repartir. On part en manif sauvage, avenue jean Jaurès, puis grande rue de la Guill, bonne ambiance, ça chante “Tout le monde déteste la police”, “Une solution : révolution”. On arrive à Lyon 3, la tension monte, tout le monde chante “Lyon antifa” et “A bas les flics, l’Etat et les fachos !” en marchant vers la rue où les types du GUD sont rassemblés. La police s’est déjà interposée entre les deux groupes, et assure la pacification. Les policiers qui essaient de faire ami-ami avec les premières lignes de manifestants, se prennent quelques oeufs, qui leur rappellent sans doute qu’on est pas là pour pactiser avec eux, quand bien même ils prétendent nous protéger.

Hop départ, la tête formée de groupes plutôt autonomes par rapport au reste du cortège syndical s’étoffe de manif en manif. Lycéen.nes, étudiant.e.s, précaires, féministes, anti-racistes (et sans doute bien d’autres) se tiennent derrière plusieurs banderoles, dont certaines renforcées, et quelques boucliers finissent d’annoncer la couleur : on ne se laissera pas taper dessus en courbant la tête.

ça part vite et fort, et dès les premières intersections un groupe de flics est peinturluré de toutes les couleurs, et obligé de reculer dans une rue latérale.

Le cortège continue et se tient bien, avec une attention réciproque au rythme et à la présence de la police.

Arrivés vers Garibaldi, la tension s’accroît, les flics (qui entre-temps ont encore creusé leurs frais de pressing avec les oeufs de peinture qui les égayaient) gazent copieusement et chargent la tête du cortège, qui se retrouve momentanément scindée en deux. Plusieurs blessés à ce moment là, notamment par des grenades de désencerclement et assourdissantes. Deux arrestations vers le métro Garibaldi. Il ne faut pas laisser la tête de cortège seule devant, on respire et on y retourne, appuyés par le mégaphone monté sur escabeau roulant qui gueule “C’est un peu difficile mais allez on y va ! On avance !”.

On se tient, en ligne et en banderoles renforcées, et on avance en se protégeant de nouvelles charges de la police. “On part ensemble, on rentre ensemble” ! Malgré la peur, de nombreuses personnes qui ne semblent pas habituées aux confrontations avec la police avancent et refusent de laisser les “jeunes” devant.

Adecco est redécorée sur la route, ainsi qu’une autre boite d’interim. Les banques, dont la société générale prennent de sacrées couleurs. Un type sort d’une boite d’interim survénér mais se calme face à la détermination de la manif.

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Au dessus de la Société Générale, un type ouvre la fenêtre pour gueuler contre les manifestants : bonne idée, un oeuf malicieux en profite pour déployer ses ailes et s’écraser dans son bureau.

“tout niquer devient vital” (inscription sur la SG)

Le carrefour de Saxe est le théatre d’une certaine tension, les flics font mine de tirer au flash ball, on se tient, là encore, et on avance. Juste après, les flics interviennent devant une autre banque et tentent d’arrêter deux personnes. Une des deux personnes parvient à se faire libérer par d’autres manifestant.es. autour, qui l’extirpe d’entre les bras des flics ! Grande joie.

La foule avance sur les flics en gueulant “Cassez-vous ! Cassez-vous !”. Des personnes, de la CGT ou plus âgées, prennent soin de ne pas laisser la tête de la manifestation (qui semblait plus équipée pour résister face à la police) seule.

Résultat : les flics reculent dans une petite rue.

Sur la place du pont, les flics chargent et tentent d’interpeller quelqu’un. La foule réagit autour : qui en essayant d’aggriper le copain, qui en donnant des coups de pied dans les boucliers des flics. La bagarre dure quelques minutes semble-t-il, et malgré le bel élan de solidarité pratique, l’arrestation a bien lieu. Mais ça fait chaud au coeur de voir qu’on se sent tellement ensemble qu’on est prêt à résister aux arrestations des flics.

La manif se finit ensuite à Bellecour, une personne se fait arrêter rue de la Barre, et là encore pas mal de gens pour gueuler “Libérez nos camarades”, et réagir verbalement face à la police.

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Globalement, cette journée m’a donné davantage confiance en notre capacité à se tenir, à se protéger, voire même à faire reculer la police. Les peinturlurages de banques et d’agences interim ont été de plus en plus applaudies au fil de la manifestation, et nous ne sommes pas laissés diviser en catégories. Lyon est enfin rentrée dans le top 5 des villes où il se passe quelque chose en France 🙂

Espérons que le 1er mai reste rempli de cette détermination !

Courage aux blessé.e.s et aux arrêté.e.s.

A très bientôt dans la rue.

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