Avril 8, 2021
Par Renversé (Suisse Romande)
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Pour une entrée matière en écho aux luttes actuelles, un texte court, celui que les insurgés de Kronstadt adressèrent aux « ouvrières du monde » à l’occasion du 8 mars, avec grandiloquence et par radiotélégramme.

Deux extraits de l’ouvrage classique de Voline sur la révolution russe d’un point de vue anarchiste, La révolution inconnue. Dans ces passages, il évoque rapidement la situation géographique de la ville, puis présente les prémisses de l’opposition de la population de Kronstadt au gouvernement bolchevique centralisé, par le biais de l’exemple de la gestion des logements.

Emma Goldman relate la période précédent immédiatement le soulèvement et décrit la situation sociale et politique à Petrograd, ancienne capitale de la Russie sous le nom de Saint-Pétersbourg (et bientôt renommée Leningrad), sous le joug du régime imposé par le parti communiste.

Deux textes écrits par des insurgés. Le premier – la résolution rédigée par les marins du navire Petropavlosk et adoptée le 1er mars 1921 par une assemblée de plus dix mille soldats, ouvriers et marins – constitue en quelque sorte le manifeste du soulèvement de Kronstadt. Le second, titré « Pourquoi nous combattons », proclame la nécessité d’une « troisième révolution » qui renversera la dictature bolchevique, après la chute du tsarisme en février 1917 et celle du parlementarisme bourgeois en octobre.

Cet article de Marie Isidine est l’un des tout premiers à rendre compte du soulèvement de manière détaillée dans la presse libertaire francophone. Alors que les informations en provenance de Russie n’étaient pas aisément disponibles et souvent sujettes à caution, sa maîtrise de la langue et l’accès direct aux textes russes, à commencer par les Izvestia des insurgés, permettent à l’autrice de rendre justice aux contre-vérités propagées par l’État bolchevique.

L’une des revendications principales des insurgés de Kronstadt était celle de « soviets libres », c’est-à-dire de conseils ouvriers affranchis de la tutelle des bolcheviques et rendus à leur rôle d’organe d’assemblées de base de la démocratie directe. Oskar Anweiler (1925-2020) a publié en 1958 une étude sur Les soviets en Russie, 1905-1921. Cet extrait met l’accent sur les espoirs (utopiques ?) incarnés par Kronstadt de faire advenir « le règne de l’égalité sociale, l’élimination de la bureaucratie et l’autodétermination des masses ».

Si l’exigence de liberté politique était fondamentale dans les revendications des insurgés de Kronstadt, les revendications économiques y tenaient également une grande part, dans un contexte de famine extrême et de désorganisation complète des capacités de production du pays. Ce texte propose l’analyse qu’en fait Boris Souvarine, retraçant l’évolution politique de Lénine et de son parti du « communisme de guerre » à la « nep », la nouvelle politique économique adoptée au lendemain de l’écrasement de Kronstadt.

Ce texte évoque Kronstadt d’un point de vue tout à fait différent : il s’agit en effet d’un extrait de l’Histoire du Parti communiste (bolchévik) de l’U.R.S.S., ouvrage publié en 1939 par le Bureau d’éditions créé par le Parti communiste français, et donc étroitement contrôlé par la direction du Komintern à Moscou.

Ces deux textes visent à rendre compte de la polémique surgie à la fin des années 1930 quant au rôle joué par Trotsky dans la répression du soulèvement de Kronstadt, alors qu’il était chef de l’armée rouge. Ils sont à situer dans un contexte particulier, celui des « Procès de Moscou » : tenus de 1936 à 1938 et montés de toutes pièces sur la base de témoignages extorqués par la torture, ces procès visaient à « purger » le Parti communiste des (anciens) opposants politiques à Staline.

En conclusion, un texte d’Alexandre Berkman publié en postface de sa brochure La rébellion de Kronstadt, éditée en 1922 par le périodique anarcho-syndicaliste allemand Der Syndikalist. Expulsé vers la Russie en 1919 dans le même bateau qu’Emma Goldman, il suivit le même chemin qu’elle de l’enthousiasme à la désillusion quant au régime mis en place par les communistes, dont il témoignera pour sa part dans Le mythe bolchevik. Il sera par la suite très actif dans la dénonciation de la répression et le soutien aux prisonniers anarchistes en URSS.

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Source: Renverse.co