Août 13, 2019
Par Le Monde Libertaire
15 visites


Razzia sur la culture en Turquie

Lien permanent : https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=4170

Ziya Selcuk, le ministre de l’éducation turc a dĂ©clarĂ© avoir fait retirer des Ă©coles et des bibliothĂšques, 301.878 livres en l’espace de trois ans… Il a expliquĂ© cette nouvelle Ă©tape de purge par le rejet total du prĂ©dicateur Fethullah GĂŒlen, accusĂ© d’avoir fomentĂ© le coup d’’état ratĂ© il y a trois ans (ce que ce dernier a toujours niĂ©). Il est accusĂ© par Erdogan d’avoir crĂ©Ă© un «État parallĂšle» destinĂ© Ă  le renverser. Le gouvernement, en supprimant ces livres, espĂšre “supprimer toute trace de GĂŒlen dans le pays”. Et lĂ , on tombe dans l’absurditĂ© totale…
Selon le site Turkey Purge, en 2016, un livre de mathĂ©matiques aurait Ă©tĂ© interdit au motif que les initiales de Fethullah GĂŒlen, rĂ©fugiĂ© aux États-Unis, apparaissaient dans un exercice de gĂ©omĂ©trie qui mentionne une ligne allant «du point F au point G» !
DĂšs dĂ©cembre 2016, le journal BirGĂŒn avait fait savoir que 1,8 million de manuels scolaires de niveau de la classe de sixiĂšme avaient Ă©tĂ© retirĂ©s du circuit car ils faisaient mention de la Pennsylvanie, Ă©tat oĂč est rĂ©fugiĂ© GĂŒlen…
Dans tout le pays, des rues sont rebaptisĂ©es pour effacer de supposĂ©es rĂ©fĂ©rences au mouvement. C’est le cas des rues Gulen (rues du «sourire») d’Istanbul ou de la rue Kandil («rue de la lampe Ă  huile») au prĂ©texte que les Kurdes du PKK ont pour refuge les monts Kandil en Irak…
Une situation qui alarme les ONG et les militants des droits de l’Homme, comme le rapporte The Guardian. L’association internationale des Ă©crivains, le Pen Club, dĂ©plore dans un communiquĂ© qu’«en Ă  peine trois ans, l’édition turque a Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©e». 29 maisons d’édition ont dĂ» cesser leur activitĂ© Ă  cause de l’état d’urgence et du gouvernement qui les accusent de «faire le jeu de la propagande terroriste»…. Le Pen club, dans une enquĂȘte de 2018, explique que dans la foulĂ©e de ce coup d’État, 200 mĂ©dias ont dĂ» mettre la clĂ© sous la porte, 80 journalistes ont fait l’objet d’enquĂȘtes et de poursuites et 5822 universitaires ont Ă©tĂ© bannis de 118 universitĂ©s publiques.
Le rapport dĂ©nonce une sĂ©vĂšre crise de la «libertĂ© d’expression» dans ce pays.




Source: Monde-libertaire.fr