Razzia sur la culture en Turquie

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Ziya Selcuk, le ministre de l’éducation turc a déclaré avoir fait retirer des écoles et des bibliothèques, 301.878 livres en l’espace de trois ans… Il a expliqué cette nouvelle étape de purge par le rejet total du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d’avoir fomenté le coup d’’état raté il y a trois ans (ce que ce dernier a toujours nié). Il est accusé par Erdogan d’avoir créé un «État parallèle» destiné à le renverser. Le gouvernement, en supprimant ces livres, espère « supprimer toute trace de Gülen dans le pays ». Et là, on tombe dans l’absurdité totale…
Selon le site Turkey Purge, en 2016, un livre de mathématiques aurait été interdit au motif que les initiales de Fethullah Gülen, réfugié aux États-Unis, apparaissaient dans un exercice de géométrie qui mentionne une ligne allant «du point F au point G» !
Dès décembre 2016, le journal BirGün avait fait savoir que 1,8 million de manuels scolaires de niveau de la classe de sixième avaient été retirés du circuit car ils faisaient mention de la Pennsylvanie, état où est réfugié Gülen…
Dans tout le pays, des rues sont rebaptisées pour effacer de supposées références au mouvement. C’est le cas des rues Gulen (rues du «sourire») d’Istanbul ou de la rue Kandil («rue de la lampe à huile») au prétexte que les Kurdes du PKK ont pour refuge les monts Kandil en Irak…
Une situation qui alarme les ONG et les militants des droits de l’Homme, comme le rapporte The Guardian. L’association internationale des écrivains, le Pen Club, déplore dans un communiqué qu’«en à peine trois ans, l’édition turque a été décimée». 29 maisons d’édition ont dû cesser leur activité à cause de l’état d’urgence et du gouvernement qui les accusent de «faire le jeu de la propagande terroriste»…. Le Pen club, dans une enquête de 2018, explique que dans la foulée de ce coup d’État, 200 médias ont dû mettre la clé sous la porte, 80 journalistes ont fait l’objet d’enquêtes et de poursuites et 5822 universitaires ont été bannis de 118 universités publiques.
Le rapport dénonce une sévère crise de la «liberté d’expression» dans ce pays.


Article publié le 13 Août 2019 sur Monde-libertaire.fr