Le déménagement des services de soins commence. Il faut laisser la place aux grands projets immobiliers qui se multiplient à Toulouse. Et sur le site de La Grave, c’est l’Hôpital des précaires qui se voit contraint de déguerpir face aux géants promoteurs.

Pourtant, c’est bien la mobilisation du Collectif de Défense de l’Hôpital La Grave qui a permis le maintien des activités de soins au cœur de la ville.

Ce collectif, né du regroupement d’hospitalier.e.s, d’usager.es, de syndicats, d’associations s’est très tôt inquiété de la suppression de l’accès aux soins pour les plus précaires. Le projet initial du CHU étant de déménager tous les services encore présents à l’hôpital La Grave (Gériatrie, Pédo-psychiatrie, Centre de Santé Sexuelle, PASS, Halte Santé) sur le site de Purpan.

Après la vente très contestée du bâtiment de l’ex Institut Claudius Régaud qui abritait jusqu’alors la Cité de la Santé, la grande braderie va continuer. D’autres locaux du site de La Grave sont prévus à la vente dans le futur projet d’établissement du CHU de Toulouse notamment les bâtiments de Notre Dame de La porte, côté rue Réclusane.

Les promoteurs, qui au fil des ans défigurent la ville, se frottent les mains.

Le déménagement des services de soins dans le Carré Historique est une victoire du Collectif mais personne n’est dupe. Il nous faut rester vigilant.es puisque la vente à la découpe du site de La Grave, tôt dénoncée par les défenseurs de l’Hôpital Public menace toujours l’existence de services de soins publics pour les plus précaires en centre-ville.

En effet, à terme, qui peut concevoir le voisinage de patients à la rue, avec de nouveaux riverains d’une résidence de luxe ?

Les ventes du patrimoine public par le directeur du CHU et le maire de Toulouse, président du Conseil de Surveillance de l’Hôpital, sous prétexte de financement des travaux de réfection et de fonctionnement des services ne sont que pure spéculation financière et participent de l’embourgeoisement de la rive gauche qui repousse les plus précaires hors du centre de la ville.

Alors, quel devenir pour ces Services Publics dans les futurs projets hospitaliers ?

Nous doutons de la volonté et de la sincérité de la direction du CHU de pérenniser des activités de soins sur le site de La Grave.

Nous condamnons le choix fait par la municipalité de Toulouse de satisfaire l’appétit des promoteurs privés au détriment du développement des services de soins de et dans la ville et donc de la Santé des Toulousain.es.

Stop au démantèlement de l’Hôpital La Grave !


Article publié le 16 Mai 2019 sur Iaata.info