La journée du Mardi 5 Février 2019, rappelons nous, fût une journée importante pour le mouvement à Rennes. La date choisie à reculons par quelques centrales syndicales, fût réapproprié par les lycéens en lutte depuis décembre 2019 et les Gilets Jaunes de l’assemblée de Rennes et alentours. Des tracts appelant à la grève et aux différents points de rassemblement ont été distribués tout le long de la semaine précédant la journée d’action, qui souvenons nous c’est déroulée a peu près comme suit :

Très tôt le matin, les lycéens en grève se sont retrouvés devant l’immense lycée Bréquigny dans le but de le bloquer et de débrayer les autres lycées. Tout le monde se retrouve à Rennes 2 à 10H30 afin de partir ensemble au rassemblement initié par la CGT et FO devant le siège du Medef, tout en débrayant les lycées sur le passage. La convergence abstraite appelée par les centrales syndicales est rapidement débordée, s’en suivent des actions directes et collectives ; notamment le blocage d’un axe routier avec des barricades enflammées. Malgré une solidarité grandissante entre les manifestants pour se défendre et rester tous ensemble, la flicaille fait son sale taf : blesse et interpelle. Finalement les grévistes qu’ils soient étudiants, lycéens, chômeurs ou travailleurs se rejoignent tous dans les bâtiments de Rennes 2 afin de débriefer et de décider de la suite. Un « RDV à 16 h Répu » tourne, une centaine de personnes s’agrègent, bloquent les bus, tournent autour du dispositif policier qui essaye de les contrer en empêchant le rassemblement ou un départ en manif. Les bleus multiplient les fouilles, contrôles d’identité et chargent sur tout ce qui ressemble à des prols en lutte.

A 19h, il y a l’AG Gilets jaunes de Rennes et alentour, il y a du monde, plus d’une centaine. Ce qui nous a manqué le plus pendant ces deux heures de discussions c’est le débat sur les stratégies à suivre pour gagner (actions diverses, grèves, blocages, manifestations, cibles et aussi diffusions de points de rdv, d’info et d’organisation…) plutôt que de finalement parler pendant des heures de comment aménager notre propre défaite.

Le prochain rdv de cette longue journée est fixé à 21h sur le parking du Leclerc Cleunay pour le blocage d’un géant mondial du transport route de Lorient, l’entreprise Stef. À 22h, déjà plus de 150 personnes bloquent les deux entrées. Plus tard Une 50aine de personnes se détache pour aller bloquer la plate-forme de tri de colis de La Poste au Rheu afin de multiplier les points d’action. Les bloqueurs à la Stef décident d’étendre leur périmètre d’action à une grande partie de la zone industrielle, notamment au Marché d’Intérêt Régional. D’énormes barricades de pneus, de centaines de caddies, de poubelles et de palettes sont montées et enflammées de façon à stopper les camions sur quasiment un kilomètre. Le blocage se finira à 9h devant le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche.

Tout au long de la journée, il semble qu’au delà d’une diteRetour ligne automatique
« convergence », il s’agissait de se coordonner pour construire une force collective à même de pouvoir réaliser des actions de débrayages et de blocage de l’économie. Nous avons été incapables par la suite de poser et de construire des dates de journées d’action et de grève sans les appels vides des centrales syndicales.

Tout au long de la journée, les objectifs (de la préfecture) semblaient plutôt clair, le dispositif répressif fut mis en place pour empêcher toute possibilité d’une jonction qui pouvait s’effectuer entre des lycéens et étudiants en luttes depuis début décembre, des gilets jaunes qui maintenaient la pression depuis déjà 3 mois et des travailleurs en grève suite à l’appel de leur syndicat. Au total, plus d’une cinquantaine de contrôle d’identité, une dizaine sont embarqués aux postes pour effectuer des vérifications d’identités, dont 3 finiront en garde à vue pour refus de se soumettre aux prises d’empreintes, et une garde à vue pour dégradation.

Le bilan de la répression ne s’arrêta pas là, en effet deux mois plus tard à la suite d’une enquête préliminaire pour destruction de bien d’utilité publique, (une bien utile voiture de gendarmerie) 4 personnes se feront arrêter au petit matin, avec perquiz à leur domicile et tout le tintouin spectaculaire d’un réveil par une dizaine d’agents armés et cagoulés. Ils ressortiront une 30aine d’heures plus tard sans convocation, ni contrôle judiciaire mais avec la consigne de devoir se tenir “à la disposition de la police”…Retour ligne automatique
De quoi maintenir une pression sur les 4 prévenus, qui deux mois plus tard verront la police re-débarquer, pour certains sur leurs lieux d’études et d’autres de travail, grâce à la collaboration de leurs patrons et de la direction de leurs lycées. (n’oublions pas que la répression est un outil de ceux qui nous exploitent !) Ils seront replacés en garde-à-vue, pour quelques heures puis finalement se voir délivrer une convocation à leur futur procès et un contrôle judiciaire les contraignant pour plusieurs mois à un pointage régulier, une interdiction de rentrer en contact les uns avec les autres et une interdiction de manifester à Rennes.

Une fois de plus cette peine avant la peine cherche à nous isoler, à nous empêcher de nous organiser collectivement pour nous défendre, et pour lutter ! C’est pour celà qu’il est nécessaire d’être nombreux dans les tribunaux, car la lutte face à la répression ne se limite pas à la défense dans le tribunal. Nous savons que de ce côté nous n’avons pas grand chose à gagner, mais nous pouvons apporter notre soutien de l’extérieur jusque dans la salle d’audience !

RASSEMBLEMENT DEVANT LE TGI DE RENNES (7 rue Abelard) A 16H
SOYONS NOMBREUX !!!

 


Article publié le 07 Nov 2019 sur Nantes.indymedia.org