Mercredi 23 septembre, Doona, une jeune Ă©tudiante trans, a mis fin Ă  ses jours suite Ă  des violences mĂ©dicales et transphobes et des menaces d’expulsion de la part du CROUS.

Les violences transphobes, psychophobes et mĂ©dicales, ainsi que la prĂ©caritĂ©, sont le quotidien de beaucoup d’étudiant-e-s et personnes trans. L’Etat continue pourtant de fermer les yeux sur le sujet alors que nos camarades continuent de mourir dans le silence.

Nous appelons donc au rassemblement ce lundi 28 septembre, Ă  18h sur le parvis de la fac Saint-Charles.

Un autre hommage est prĂ©vu Ă  12h devant le Crous d’Aix.

Nous espĂ©rons vous y voir nombreu-x-ses en solidaritĂ© avec nos camarades !

ÉvĂ©nement repris de la page facebook de Solidaires Étudiant.e.s Aix Marseille.

État coupable, CROUS assassin : la transphobie et la prĂ©caritĂ© tuent !

solidaires-etudiant-e-s.org

[TW Suicide/Transphobie]

Mercredi soir, Doona, une Ă©tudiante trans, a mis fin Ă  ses jours Ă  la gare Saint-Roch Ă  Montpellier. Cette jeune femme avait dĂ©jĂ  lancĂ© plusieurs appels Ă  l’aide sur les rĂ©seaux sociaux. De plus, ses problĂšmes Ă©taient connus du service mĂ©dical de l’UniversitĂ© Paul ValĂ©ry (mĂ©decin de la mĂ©decine prĂ©ventive), et de l’hĂŽpital Lapeyronie. Elle avait, en effet dĂ©jĂ  fait plusieurs tentatives de suicide chez elle Ă  la CitĂ© Universitaire Vert-Bois, dont les Ă©quipes Ă©taient au courant.

Lors de ses prises en charge Ă  l’hĂŽpital, elle a subi une maltraitance mĂ©dicale importante due Ă  la transphobie du personnel soignant, ce qui l’a poussĂ©e Ă  s’enfuir avant d’avoir reçu tous les soins adaptĂ©s. Nous tenons Ă  rappeler que la transphobie mĂ©dicale institutionnalisĂ©e pousse nombre de personnes trans Ă  ne plus aller consulter, que ce soit mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste ou urgences, ce qui nuit considĂ©rablement Ă  leur santĂ© ! Ça a Ă©tĂ© le cas de Doona qui depuis ces Ă©pisodes traumatiques Ă  l’hĂŽpital, n’a plus jamais voulu retourner aux urgences, alors que sa santĂ© mentale se dĂ©gradait de plus en plus.

Suite Ă  ces hospitalisations frĂ©quentes, le CROUS lui a explicitement dit que si elle retentait de se suicider, ils lui retireraient son logement et ses bourses. Le jour mĂȘme, elle mettait fin Ă  ses jours. Encore une fois, l’État, Ă  travers le personnel mĂ©dical, maltraite les personnes trans. Il prĂ©carise les Ă©tudiant-e-s, dĂ©grade leur santĂ© mentale, parfois jusqu’au suicide. A travers la transphobie et la psychophobie institutionnalisĂ©es, l’Etat est directement responsable de la mort de Doona.

Nous demandons justice pour Doona, Anas, et tous-tes les autres victimes de la précarité étudiante et du Crous

En effet, cette situation n’est pas isolĂ©e : de nombreux CROUS en France font pression sur des Ă©tudiant-e-s, le plus souvent discriminĂ©-e-s par ailleurs. Nous pouvons prendre l’exemple du CROUS de Bordeaux, qui a dĂ©libĂ©rĂ©ment ciblĂ© des Ă©tudiant-e-s Ă©tranger-e-s pour refuser leur demande de renouvellement d’occupation, sans prendre en compte leurs situations financiĂšres et leur Ă©volution due Ă  la pandĂ©mie. À cela s’ajoutent d’autres pressions : mails insistants, changement de serrure


Ces pressions sont Ă  remettre dans un contexte plus global : celui de la libĂ©ralisation de l’Enseignement SupĂ©rieur et de l’injonction Ă  la rentabilitĂ© des services du CROUS. Le but du CROUS n’est en effet pas d’aider les Ă©tudiant-e-s, mais d’assurer une rentabilitĂ©. Ainsi, il aide Ă  les prĂ©cariser, et va mĂȘme jusqu’à cibler des Ă©tudiant-e-s particuliĂšrement prĂ©caires, les poussant parfois au suicide, s’ils entravent cette course Ă  la rentabilitĂ©.

L’État doit arrĂȘter la course Ă  la rentabilitĂ© du CROUS, qui a un bilan meurtrier. La prĂ©carisation des Ă©tudiant-e-s et les cadeaux offerts au privĂ©, aussi bien dans l’Enseignement SupĂ©rieur que dans l’administration du CROUS, ne servent que les intĂ©rĂȘts communs de l’État et de la bourgeoisie et doivent ĂȘtre arrĂȘtĂ©s, au profit de la mise en place d’un plan de lutte concrĂšte contre la prĂ©caritĂ© Ă©tudiante, en particulier celle des Ă©tudiant-e-s subissant par ailleurs une oppression systĂ©mique.

Nous exigeons que le CROUS de Montpellier et son directeur Pierre Richter reconnaissent leurs fautes et que soient prises au niveau national des mesures concrĂštes en urgence : la formation des personnels CROUS et hospitaliers aux questions LGBTI+ et relatives Ă  la santĂ© mentale, l’impossibilitĂ© pour le CROUS d’exclure les Ă©tudiant-e-s de leurs logements (avec la transformation des droits d’occupations en baux de droits communs), la crĂ©ation de cellules psychologiques non-mixtes LGBTI+ afin de rendre compte Ă  l’administration des universitĂ©s de la transphobie et de ce qu’il doit ĂȘtre fait pour y remĂ©dier, la crĂ©ation d’une commission contre les discriminations au CROUS, ainsi qu’un fond d’aide aux personnes trans ; et de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, des moyens Ă  la hauteur des besoins pour que les Ă©tudiant-e-s vivent et Ă©tudient dans des conditions d’existence dignes.

Nous appelons donc Ă  des rassemblements devant tous les CROUS de France le lundi 28 septembre.


Article publié le 27 Sep 2020 sur Mars-infos.org