FĂ©vrier 6, 2021
Par Marseille Infos Autonomes
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Communiqué des habitant.e.s du 1 place Sadi-Carnot

Nous sommes une 30aines de personnes Ă  vivre dans ce bĂątiment dont 11 enfants et bĂ©bĂ©s. Certaines sont arrivĂ©s en Mars, d’autres Ă  partir de septembre. Nous n’avons pas eu d’autres choix que d’occuper ces appartements vides. Nous voulons louer notre propre appartement mais sans les papiers nous ne pouvons pas travailler et c’est impossible de louer un logement. On peut appeler le 115 plein de fois, mais il n’y a jamais de place, ou alors c’est que pour quelques jours et aprĂšs on doit retourner dehors. Quelles solutions on a ? Comment faire pour protĂ©ger nos enfants ? Nous avons trĂšs peur d’ĂȘtre expulsĂ©.e.s de chez nous, nous avons trouvĂ© un refuge ici, nous nous sentons en sĂ©curitĂ©, nos enfants peuvent aller Ă  l’école et ont un endroit oĂč faire leurs devoirs. Nous n’avons nul part oĂč aller ! S’il vous plaĂźt ne nous expulsez pas !

*Voici les revendications des habitant.e.s :

Nous, personnes demandeuses d’asiles ou sans papier demandons

  • L’arrĂȘt des expulsions sans relogement.
  • De vrais logements, pas des hĂŽtels temporaires et insalubres (oĂč nous sommes entassĂ©s dans une seule piĂšce sans pouvoir cuisiner, sans chauffage, avec des punaises de lits
).
  • L’application de la trĂȘve hivernale et sa prolongation jusqu’à juin au vu de la situation sanitaire.
  • Rester dans ce bĂątiment ou la rĂ©quisition d’un autre bĂątiment vide.
  • La prise en charge des mineurs isolĂ©s.

Communiqué des soutiens

En Mars 2020, lors du premier confinement, des personnes (des familles avec des nouveaux nĂ©s, des enfants, des mineurs isolĂ©s, des jeunes majeurs , des moins jeunes..) n’ayant pas de chez soi pour se confiner, y trouvent refuge. D’autres se joignent Ă  eux dans le reste des appartements vacants en septembre 2020. De quoi redonner un peu de vie dans cette rue fantĂŽme.

En novembre, une porte mĂ©tallique anti-squat est posĂ©e au domicile d’une famille pendant qu’elle est partie faire les courses. Elle se retrouve Ă  la rue, la moitie de ses affaires sur le palier ! Tout ça malgrĂ© le fait que dans la loi seule une dĂ©cision de justice peut les expulser.

ZĂšle de la prĂ©fecture, de la police, de l’huissier, du propriĂ©taire ou du gestionnaire ?

C’est que ces occupations d’appartements vides, n’est pas au goĂ»t du propriĂ©taire Primonial Reim (un fond d’investissement qui possĂšdent 1 178 bĂątiments), ni de son antenne parisienne Marseille city, ni de son gestionnaire local Oiko (8 rue de la RĂ©publique Ă  Marseille). Si si tout ça c’est la mĂȘme « Big compagny Â» il faut bien cacher le magot !

Fin janvier, les rendus des jugements de procĂšs sont inĂ©dits pour des familles avec enfants en bas ages : Obligation de quitter les lieux immĂ©diatement, pas de trĂȘve hivernale, pas de dĂ©lais, en pleine pĂ©riode de Covid-19 ! le Covid-19 dĂ©multiplie la prĂ©caritĂ© et rend encore plus insupportable la situation de celles et ceux qui vivent Ă  la rue. Tandis que Primonial Reim, lui, pourra construit son hĂŽtel de luxe, ce qui fera grimper son titre en bourse mais qui dans la rĂ©alitĂ© restera vide, Covid oblige.

Les habitant.e.s ont peur notamment car ils et elles ne sont pas sĂ»r.e.s que les deux derniers appartements (dont on a pas de nouvelle de la procĂ©dure judiciaire) les protĂšgent d’une expulsion du bĂątiment. Surtout au vu des prĂ©cĂ©dentes expulsions illĂ©gales qui ont dĂ©jĂ  eu lieux dans ce bĂątiment. Leur peur est aussi nourrie par le fait que rĂ©cemment une nacelle gĂ©ante est venue enlever leurs banderoles qu’ils et elles avaient mises aux fenĂȘtres.

Les habitant.e.s de Sadi-Carnot ne sont pas les seul.e.s. Des dizaines d’autres squats sont dans la mĂȘme situation et peuvent se faire expulser Ă  tout moment. De nombreux autres se font expulser dans l’invisibilitĂ©. Alors que le gouvernement dit prolonger la trĂȘve hivernal jusqu’à fin juin, dans la rĂ©alitĂ© de nouvelles mĂ©thodes sont dĂ©ployĂ©es par la prĂ©fecture Ă  Marseille pour rĂ©primer davantage les squats (expulsions illĂ©gales, coups de pression, menaces
). La loi ASAP qui va rĂ©duire encore plus les droits des personnes occupant des appartements vides, et faciliter leurs expulsions sans procĂ©dure juridique.




Source: Mars-infos.org