Janvier 10, 2020
Par La Rotative (Tours)
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« Que veut dire : ĂȘtre un Ă©lu local de droite ? Â» C’est la question apparemment banale autour de laquelle le conseiller rĂ©gional Stanislas de La Ruffie et l’ajointe municipale Ă  l’éducation CĂ©cile Chevillard ont dĂ©battu le mardi 7 janvier au soir, dans un bar branchĂ© du centre ville de Tours [1]. La Ruffie s’est ensuite dĂ©clarĂ© « ravi d’avoir pu dĂ©battre amicalement avec des Ă©lus locaux LR, sur la politique locale, nos actions rĂ©ciproques, la droite, la pensĂ©e unique, l’écologie, nos convergences… Â».

Le dĂ©bat Ă©tait organisĂ© par l’antenne rĂ©gionale de Racines d’Avenir, qui se prĂ©sente comme « le mouvement politique de la jeunesse conservatrice, entrepreneuriale & populaire Â», et est surtout connu pour avoir participĂ© Ă  l’organisation de la « Convention de la droite Â». L’évĂ©nement s’est dĂ©roulĂ© le 28 septembre dernier, Ă  Paris. À l’invitation de diffĂ©rents collectifs et mĂ©dias d’extrĂȘme-droite (dont Racines d’Avenir), Robert MĂ©nard, Marion MarĂ©chal-Le Pen, Eric Zemmour et autres « personnalitĂ©s Â» se sont succĂ©dĂ©es au micro pour dĂ©gueuler leur haine des musulmans, Ă  tel point que le parquet de Paris a dĂ©cidĂ© d’ouvrir une enquĂȘte pour « injures publiques Â» et « provocation publique Ă  la discrimination, la haine ou la violence Â» suite aux propos du chroniqueur sur l’islam et l’immigration.

La ligne rouge

Suite Ă  cet Ă©vĂ©nement, le prĂ©sident de Racines d’Avenir, Erik TegnĂ©r, avait Ă©tĂ© exclu du parti Les RĂ©publicains. Dans les pages du magazine d’extrĂȘme-droite Valeurs Actuelles [2], TegnĂ©r expliquait avoir Ă©tĂ© exclu Ă  la suite d’un « procĂšs stalinien Â». D’aprĂšs lui, s’il a Ă©tĂ© exclu, c’est parce que « la ligne rouge n’est plus seulement une alliance concrĂšte sur le terrain avec le RN (…), mais simplement un dialogue avec des personnalitĂ©s de la droite dite hors les murs Â» [3].

Apparemment, CĂ©cile Chevillard n’a pas les mĂȘmes pudeurs que les cadres nationaux de son parti, et trouve tout Ă  fait naturel d’échanger avec La Ruffie Ă  l’invitation d’un mouvement obsĂ©dĂ© par l’identitĂ© et l’immigration. Élue Ă  la mairie de Tours en 2014 sur la liste de Serge Babary, elle a Ă©tĂ© nommĂ©e adjointe Ă  l’éducation en fĂ©vrier 2019, et devrait figurer sur la liste de Christophe Bouchet aux prochaines Ă©lections municipales. Jusque-lĂ , elle s’était surtout distinguĂ©e par son implication dans la campagne homophobe de La Manif pour Tous contre l’ouverture du mariage aux personnes de mĂȘme sexe.

Si la tenue de ce dĂ©bat n’est pas forcĂ©ment surprenante, compte tenu du parcours de Chevillard et du glissement vers l’extrĂȘme-droite de la droite gouvernementale depuis les annĂ©es 2000, elle tranche avec l’image lisse que la majoritĂ© municipale cherche Ă  donner. D’autant plus que La Ruffie n’hĂ©site pas, Ă  l’occasion, Ă  aller coller des affiches pour Le Pen avec des militants issus de groupuscules comme Vox Populi [4]. Une candidate homophobe discutant avec un catho intĂ©griste qui fraye avec des nĂ©o-nazis, devant un public de fans d’Eric Zemmour, ça risque de faire tache sur la liste de Bouchet.




Source: Larotative.info