Octobre 15, 2021
Par Archives Autonomie
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A la réunion du Comité Central du KAPD du 31 juillet 1921, un délégué au Congrès de la troisième Internationale a fait le rapport suivant. Le rapport complet et définitif du KAPD sera publié sous forme de brochure après le retour de toute la délégation.

Camarades !

La délégation du KAPD est arrivée de bonne heure à Moscou pour s’orienter avant le Congrès sur toutes les questions qui concernent la Russie et le mouvement ouvrier international dans son ensemble ; pour se faire une image réelle des choses par des échanges de vues avec les délégations qui arrivaient ; pour tirer au clair les attaques et les défigurations dont le KAPD a fait l’objet ; pour exposer clairement notre point de vue aux délégués au cours de discussions particulières. Tout ceci avait été impossible pour notre parti à l’intérieur de la IIIème Internationale ; il fallait tirer tout le parti possible de l’occasion. En fait, on continua aussi par la suite à s’attaquer au KAPD et à déformer ses positions dans le journal du Congrès de Moscou et dans les journaux gouvernementaux russes. Nous arrivâmes en Russie à la mi-mai avec la mission : 1) d’attaquer les décisions du IIème Congrès de la IIIème Internationale ; 2) de mettre sur pied une opposition à l’intérieur de la IIIème Internationale, dans la mesure du possible. La délégation ne sombra pas dans l’illusion qu’eIle pourrait modifier radicalement les Lignes directrices et les Thèses du IIème Congrès ; malgré tout, il fallait engager résolument le combat contre elles.

C’est surtout la deuxième tâche (mise sur pieds d’une opposition) que nous avons cherché à accomplir. Au cours de nos prises de contact avec les délégations de Bulgarie, du Mexique, d’Espagne, du Luxembourg, d’Angleterre, de Glasgow, du Groupe Belge et des IWW (Industrial Workers of the World), il s’est avéré que nous avons avec ces groupes un certain nombre de points communs. Ce sont les “ Gauches Bulgares ” qui sont les plus près de nous. Leur conception sur la situation au Mexique est exactement la même que la nôtre. Les organisations bulgares ne sont pas des unions pures, mais des Cartels de Syndicalistes, d’anarchistes, de shop-stewards. Le rapports que ces organisations ont avec le parti sont ce que nous avions seulement désiré qu’ils soient : c’est le parti qui a la direction du mouvement.

Les camarades espagnols (CNT) étaient, après les camarades bulgares, ceux qui étaient le plus près de nous. Ils nous comprenaient totalement. Un seul problème : la conception de la nécessité d’une organisation politique n’a pas encore été aussi bien adoptée en Espagne ; mais elle est en train de se constituer. Les camarades se trouvent à l’extérieur du syndicalisme, sur la voie du communisme. L’organisation dispose de 100 000 membres : à peu près 50 % des ouvriers organisés d’Espagne. Les camarades du Luxemhourg s’orientent résolument sur la voie des organisations d’usine, en liaison étroite avec le parti. Il y a au Luxembourg un bon mouvement ouvrier, et les délégués nous assurèrent qu’ils tenaient à rester en liaison avec nous.

Le Groupe de Glasgow est d’accord avec nous théoriquement, mais son organisation n’est pas encore suffisamment affermie. Les représentants de la Belgique sont tombés totalement en accord avec nos principes et notre tactique au cours des premiers échanges de vues que nous avons eus ; ils ont cependant ajouté que nos méthodes de combat n’étaient pas encore applicables dans leur pays.

Les IWW sont en opposition aiguë avec la IIIème Internationale. Ils revêtent plutôt un caractère syndicaliste, mais ils ont reconnu qu’une organisation politique était nécessaire pour conduire la lutte de classes ; ils ont l’intention d’étudier notre expérience et d’en tirer les leçons. Ils nous ont demandé du matériel. En outre, nous avons eu des entretiens avec la camarade Roland-Holst, de la minorité hollandaise ; et avec quelques membres de la délégation autrichienne, avec lesquels nous avons pu établir beaucoup de points de concordance. Après les discussions particulières avec les délégués, nous avons eu des discussions générales. C’est alors qu’il s’est avéré clairement et distinctement que l’idée de la formation d’une opposition au sein de la IIIème Internationale était une illusion, bien que les délégués pris isolément fussent plus ou moins d’accord avec nous sur le plan théorique. Dans la mesure où cela devait amener à représenter le point de vue oppositionnel tranché vis-à-vis de la Troisième Internationale, ils reculèrent effarouchés. Nous avons alors cherché à créer une base oppositionnelle sur trois questions : le parlementarisme, les syndicats et l’ultra-centralisme. Cela n’a pas abouti. Nous avons enfin essayé d’obtenir pour toute l’opposition une attitude homogène sur une de ces questions. Celle qui offrait le plus de perspectives à ce sujet était la question du parlementarisme. Mais cela échoua également. Car tous craignaient d’être exclus de la IIIème Internationale. C’est alors que nous apparut, avec plus de clarté que jamais, combien nous avions eu raison de nous séparer de la Ligue Spartakus. Il est impossible, à l’intérieur de la IIIème Internationale, si l’on reconnait les Thèses du IIème Congrès, d’avoir une autre opinion que celle du Parti Communiste Russe.

De tout cela, il ne résulte pour nous qu’une seule chose ; nous, en tant que KAPD, nous étions seuls. Nous dûmes alors abandonner notre tâche de fonder une opposition. Mais nous ne pouvions pas en conclure que la représentation du KAPD au Congrès n’était pas justifiée, que nous comporter un peu comme Rühle au IIème Congrès. Nous reconnûmes simplement que nous n’avions plus qu’à compter que sur nous-mêmes, et que notre tâche était devenue d’autant plus difficile, et aussi d’autant plus nécessaire. Il fallait contraindre la IIIème Internationale à révéler clairement son opportunisme, à démontrer par l’exclusion du KAPD lui-même l’impossibilité pour une organisation révolutionnaire indépendante de rester à l’intérieur de la IIIème Internationale.

Dans la mesure où nous avions prévu qu’on ne nous laisserait parler que le moins de temps possible, nous utilisâmes d’autres moyens pour faire connaitre aux délégations les principes et les méthodes d’action du KAPD. Dans ce but, nous avions rédigé sur toutes les questions importantes des schémas, thèses et lignes directrices (voir Cahier n° 7 de Proletarier [revue théorique du KAPD] et quasi un rapport sur le Parti Communiste Ouvrier [KAPD]). Ces travaux furent traduits en anglais, en français, publiés à de nombreux exemplaire et remis à beaucoup de délégués.

Avant l’ouverture du Congrès, il y eut plusieurs réunions du Comité Exécutif, auxquelles participèrent tous les membres de notre délégation. On put voir alors clairement la ligne qu’observerait le Congrès. Lorsque nous étions alors encore en Allemagne, nous avions pu faire une hypothèse double à ce sujet : la IIIème Internationale pouvait, ou bien inaugurer une politique nouvelle, plus active, ou bien s’enfoncer encore plus dans l’ancienne orientation. Or, même les espoirs d’une réactivation de la IIIème Internationale -espoirs suscités éventuellement par la reconnaissance de l’ACTION DE MARS- se révélèrent illusoire.

Avant le Congrès, après avoir surmonté des difficultés incroyable, nous pûmes obtenir un entretien avec Lénine. Au cours de cette entrevue, Lénine déclara que Levi avait eu entièrement raison, quand au fond, dans son attitude vis-à-vis de l’Action de Mars ; qu’il avait seulement enfreint la discipline et accompli par là un acte qu’on pourrait pas négliger. Ce fut pour nous un indice important, car l’autorité de Lénine est déterminante dans le Parti Communiste Russe. Cet état de fait fut bien illustré par l’attitude des représentants russes aux séances du Comité Exécutif. Par exemple les camarades des Jeunesses françaises et une partie du parti français avaient élevé des attaques contre la direction du parti : celle-ci serait restée inactive au moment de l’incorporation de la classe 1919. Les Luxembourgeois aussi formulèrent de graves accusations contre le parti français. Lorsqu’en mars les ouvriers luxembourgeois ont occupé les usines et que l’armée française est intervenue, la direction du parti français aurait regardé sans rien faire. Lorsque ces doléances furent discutées Trotsky prit ouvertement parti pour Loriot contre les Jeunesses françaises et les Luxembourgeois ; il reprocha même aux Luxembourgeois d’avoir des motifs nationalistes ! Lénine aussi prit ouvertement parti pour Loriot. Auparavant, Bela Kun, Radek et Zinoviev avaient pris faiblement parti contre Loriot. Mais après que Trotsky et Lénine eurent parlé, ils s’écrasèrent. Cet opportunisme stagnant apparut également sur la question du parti tchécoslovaque, dirigé par Sméral, droitier complet. On glissa sans plus sur le fait que les droitiers sociaux-démocrates avaient la prépondérance dans ce parti, et on le fit entrer dans l’Internationale. On s’offrit cependant une gentille résolution dans laquelle on adressait quelques remarques à l’égard de la personne de Sméral et des droitiers. (Par la suite, pendant le Congrès, on ôta toute signification à la résolution en omettant même ce qui était dirigé contre Sméral : la délégation tchécoslovaque l’avait exigé et Lénine lui-même intervint en ce sens). Ces exemples peuvent suffire. Le Comité Exécutif détermina aussi la manière dont le Congrès serait conduit. Le bureau réduit du Comité Exécutif et les propositions et, bien entendu, personne ne se hasarda à formuler quoi que ce soit contre. C’est là aussi que les commissions particulières furent constituées. Nous avons envoyé des représentants aux commissions suivantes : rapport du Comité Exécutif, situation économique mondiale, tactique, question syndicale, organisation, tactique du PCR. Nous y avons présenté nos thèses. Mais elles ne furent pas présentées au Congrès. Ne lui furent soumises que les thèses émanant du Comité Exécutif lui-même.

Au Comité Exécutif, nous avions proposé de faire des comptes-rendus supplémentaires sur certaines questions. On nous répondit qu’il fallait le faire dans les commissions. Mais les commissions ne firent que se constituer et ne fonctionnèrent pas (exception faite pour la commission à la situation économique).

La première séance du Comité Exécutif se déroula au Théâtre Bolchoï. C’était tout à fait un jour de réception. Zinoviev ouvrit le Congrès en donnant un aperçu général sur la IIIème Internationale. Les différents délégués firent un rapport sur la situation dans leur pays. On termina la séance par des artistes les plus éminents de Russie. Celui qui déchaîna le plus d’enthousiasme fut Chaliapine (le Caruso russe). Pour finir, il fit chanter à tout le congrès une chanson populaire russe. Donc : commencé avec Zinoviev, clôturé avec Chaliapine. Ce ne fut quand même pas seulement un jour de réception ; au milieu de toute cette confusion, on fixa l’ordre du jour et on élit le Présidium du Congrès.

Le second jour, Trotsky fit un rapport de 3 heures 1/4 sur la situation économique mondiale. Parmi les particularités remarquables ou pas de son exposé, le point central finit par apparaître clairement : le prolétariat doit tenir compte du fait que la révolution va tarder et qu’il doit par conséquent adopter une tactique de longue préparation du fait que le capitalisme reprendrait des forces et effacerait ses difficultés. En tant qu’indice de la superficialité de l’analyse de Trotsky (qui néglige la nouvelle entente internationale du capital mondial), nous citons le passage suivant de son exposé, où il prophétise, avec la s5 d’un calendrier, l’éclatement de la guerre anglo-américaine : “En 1924 le tonnage de la flotte américaine sera, d’après le programme qu’elle se donne, nettement supérieur à celui des flotes anglaise et japonaise réunies. Le principe directeur de l’Angleterre était jusqu’à présent que sa flotte soit plus puissante que les deux plus importantes après elle réunies. Beaucoup d’Américains du parti démocrate crient : en 1923, peut-être même à la fin de 1922, nous serons aussi forts que l’Angleterre. Mais en tout cas, le momento mori est écrit ici pour l’Angleterre dans le calendrier : si tu laisses passer cette occasion, tu es foutue.” Nous avons eu la paix armée avant la guerre. On se disait : il y a deux trains qui vont l’un vers l’autre sur les mêmes rails, ils doivent se rentrer dedans. Mais on n’avait pas remarqué qu’il y avait une gare entre les deux. L’heure n’avait pas été marquée dans le calendrier. Cette fois nous l’avons sur le papier ou dans le calendrier mondial de l’histoire. Cela doit arriver en 1923 ou en 1924. Ou bien l’Angleterre se dira : je vais être repoussée sur le côté et devenir une puissance de second ordre ; ou bien l’Angleterre doit jeter toutes les forces dont elle a hérité de son grand passé dans le jeu de la guerre et jouer pendant une période limitée tout son destin sur cette carte.” Notre exposé sur la même question ne fut pas accepté. Dans la mesure où le temps de parole était limité à dix minutes par personne, nous appliquâmes la tactique suivante : l’exposé serait fait par plusieurs camarades se répartissant la matière ; deux camarades du KAPD parlèrent alors. (Les discours des camarades Sachs et Seeman sont imprimés dans Kampfruf n° 14 et 15.)

En ce qui concerne les thèses exposées par Trotsky sur la situation économiqui mondiale, notre délégation en avait déjà fait la critique pendant les travaux de la commission. (Cette critique est imprimée dans le n° 218 de ce journal.) Maintes critiques lui furent adressées, mais Trotsky continua d’affirmer que ces thèses devaient être adoptées en principe. Elles ne pouvaient faire l’objet que de corrections rédactionnelles. Bien que Frölich du VKPD s’y soit opposé, ces thèses furent ensuite adoptées en principe suivant la proposition de Trotsky. Au moment du vote sur cette question, une fissure apparut dans le VKPD. Entre-temps, la commission de vérification des mandats fit son rapport. L’explication de Radek sur le problème de l’admission des “ gauchistes ” bulgares est à cet égard très caractéristique : “Le groupe des soi-disant “ gauches ” bulgares ne peut faire mention d’aucune activité propre, et nous avons considéré comme tout à fait déplacé de décerner à des gens qui accomplissent un travail de désorganisation un prix en leur donnant voix consultative au Congrès.” L’admission des “ gauchistes ” bulgares fut refusée ; ce fut, au contraire, le Parti Communiste de Bulgarie, de caractère purement social-démocrate qui constitua la section officielle de la IIIème Internationale. Ensuite, il y eut le rapport du Comité Exécutif. Zinoviev rapporte l’activité de la Commission Exécutive pendant les dernières années, en défendant le point de vue, retenu par le Comité Exécutif, sur l’observation stricte des 21 points, principalement aussi en ce qui concerne le parti italien, l’ “Action de Mars” et le KAPD. Plus tard, l’attitude du Comité Exécutif pendant l’année reçut sa critique dans le fait que le Parti Socialiste Italien devait être réadmis dans la IIIème Internationale, s’il sacrifiait son Serrati. De même, les dures attaques de l’Exécutif contre Levi et consorts furent habilement remplacées par l’accusation d’“enfreinte à la discipline”. On les traita de façon aimable et on aboutit même par la suite à une reconnaissance totale de l’opportunisme leviste. Après le rapport, on donna lecture de l’Adresse au Prolétariat Allemand, déjà bien connue, au sujet de l’affaire Max Hölz. Celle-ci décrit Max Hölz comme un courageux rebelle contre la société capitaliste ; ses actes correspondent à son amour pour le prolétariat et sa haine contre la bourgeoisie, mais ils ne sont pas appropriés. L’IC s’oppose à l’emploi qu’il fait de la terreur. Le KAPD protesta contre cette adresse ; il montra que cette adresse se désolidarisait des actes de Max Hölz, qu’elle ne constitue pas autre chose pour lui qu’une insulte. Radek s’insurgea contre cette “perturbation” en disant, entre autres, que le KAPD allait jusqu’à se chamailler sur le tombeau de ceux qui étaient tombés.

A ce moment-là les discussions sur le rapport de l’Exécutif commencèrent. Ce fut la délégation du KAPD qui ouvrit le feu. Le KAPD, répondant à Zinoviev qui l’avait attaqué dans son rapport en ayant trouvé plaisant de le mettre dans le même sac que les Dittmann, fit, en conclusion de ses interventions, la déclaration suivante : “Nous protestons avec une extrême fermeté contre la tentative de nous mettre dans le même sac que les Dittmann et les Serrati au moyen de quelques citations abstraites de leur contexte. Nous n’oublions pas un moment les difficultés dans lesquelles se trouve le pouvoir soviétique du fait du retard de la révolution mondiale, mais nous sommes en même temps conscient du danger que de toutes ces difficultés ne résulte une contradiction entre les intérêts du prolétariat révolutionnaire mondial et les intérêts momentanés de la Russie soviétique -contradiction apparente ou réelle.

Dans une séance de commission, il a été déclaré qu’il ne fallait pas considérer la IIIème Internationale comme un instrument du pouvoir soviétique, mais que ce dernier n’était que le plus fort bastion de la IIIème Internationale. Nous aussi, nous pensons qu’il devrait en être ainsi. Mais nous estimons que quand des contradictions surgissent entre les intérêts vitaux du pouvoir soviétique et ceux de la IIIème Internationale, c’est un devoir de s’en expliquer ouvertement et fraternellement, à l’intérieur de la IIIème Internationale.

En ce qui concerne la solidarité pratique envers la Russie soviétique, nous avons toujours accompli nos devoirs, car ils allaient de soi. Par exemple, la célébration de l’anniversaire d’Octobre par des manifestations, la participation la plus large à l’aide aux soldats de l’Armée rouge emprisonnés, la préparation d’une action de solidarité en août 1920 ; celle-ci ayant échoué par la faute de l’USPD et du Parti Communiste. La manifestation de notre solidarité avec la Russie soviétique fut un des motifs déterminants de notre parti lorsqu’il décida d’adhérer à la IIIème Internationale, malgré ses très graves appréhensions en ce qui concerne la tactique de cette organisation. Nous restons sur cette ligne, mais partout et toujours nous opposerons la plus dure résistance quand nous constaterons que la politique de la Russie soviétique a pour effet une pratique réformiste de la part de la IIIème Internationale. Nous sommes convaincus qu’un tel réformisme contredit autant les véritables intérêts de la Russie soviétique elle-même, que ceux du prolétariat mondial.”

Le deuxième jour de la discussion sur le rapport de l’exécutif se produisit l’attaque bien connue contre le KAPD. Notre n° 214 la relate. En vue du vote sur cette ultimatum adressé au KAPD, noue présentâmes, malgré tout, la motion suivante : “1°) Les 21 conditions du IIème Congrès sont encore moins capables à l’avenir que jusqu’ici de créer une quelconque garantie contre la putréfaction réformiste. 2°) Après la création et l’admission de grands partis de masse, la IIIème Internationale a besoin, plus que jamais, de la présence d’une opposition purement prolétarienne révolutionnaire. 3°) Une telle opposition ne sera efficace que si elle n’est pas écrasée par l’appareil et la quantité de voix d’un parti qui veut à tout prix (et par principe) unifier les masses derrière lui et qui ne peut être ainsi qu’opportuniste, nécessairement. 4°) Le Parti Communiste Unifié (VKPD) en particulier reste, aujourd’hui, quant à ses principes tactiques, sur le terrain de Paul Levi. L’aile gauche elle-même est, dans le meilleur des cas, prisonnière d’une auto-tromperie fatale. 5°) En conclusion, il se forme à l’heure actuelle dans tous les partis du Komintern des courants apparentés au KAPD, mais qui ne peuvent continuer à se développer dans l’intérêt de la révolution prolétarienne et de l’Internationale que si le KAPD, en tant que parti indépendant, peut subsister h l’intérieur de l’IC. Pour toutes ces raisons, nous proposons que le Congrès décide le maintien de l’appartenance du KAPD à l’IC en tant qu’organisation sympathisante.”

Au sujet de la tactique, c’est Radek qui fit le compte rendu. Nous avons proposé un compte rendu supplémentaire, mais il ne fut accordé qu’une heure de temps de parole pour toute notre délégation. Nous présentâmes notre point de vue (renonciation aux méthodes syndicales et parlementaires) et, à la place, nous exigeâmes l’application des méthodes de lutte du Parti Communiste Ouvrier et de l’Union Générale Ouvrière. Pendant un moment encore, le VKPD défendit dans la discussion l’offensive pendant l’“Action de Mars”. Mais bientôt apparut le phénomène typique suivant : après que Clara Zetkin ait parlé et que tous se soient rangés derrière elle, après que Lénine et Trotsky lui eurent doné raison et condamné Levi uniquement pour enfreinte à la discipline, les velléités “gauchistes” de la délégation du VKPD disparurent. Radek reprocha à la Rote Fahne d’être entrée trop subitement, trop précipitamment dans l’“Action de Mars”. Friedland du VKPD l’admit. Les thèses présentées sur cette question furent renvoyées en commission pour être ré-élaborées. Un vote eut lieu sur la question de la tactique juste avant la fin du Congrès. En vue de ce vote, nous présentâmes la déclaration suivante : “Les thèses présentées au vote du IIIème Congrès sont la continuation conséquente et même intensifiée de la ligne fondamentale du IIème Congrès ainsi que de la politique suivie jusqu’ici par le CE. Elles laissent à l’intelligentsia traître des opportunistes et des réformistes de tous les pays un champ d’action illimité dans leur travail de mystification, en particulier si l’on met ces thèses en rapport avec les thèses sur la situation économique mondiale. On introduit une confusion qui contredit l’idée même de révolution. Toute ligne de démarcation claire d’avec les Hilferding est effacée ; on abandonne tout rapport organique avec la réalité de la lutte de classe moderne. La soi-disant gauche du Congrès, poussée par les ouvriers révolutionnaires qui se trouvent derrière elle, a entrepris de faibles tentatives pour corriger les thèses tactiques. Ces tentatives ont été repoussées avec droit par la majorité. Nous non plus, nous ne les avons pas appuyées. Elles témoignent certes d’une bonne volonté d’élever l’activité révolutionnaire, mais elles ne tiennent pas compte des conditions concrètes de la lutte ; elles n’attaquent ni le fondement bourgeois parlementaire des 21 conditions, ni la tendance globale des thèses que ce fondement sous-entend ; ces tentatives sont devenues par là un obstacle à tout éclaircissement ultérieur. La préparation de la victoire de la révolution prolétarienne dans les pays capitalistes ne peut se faire que dans les luttes elles-mêmes. Ces luttes naissent nécessairement du fait des attaques économiques et politiques du capital. Le parti communiste ne peut pas déclencher ces luttes ; il ne peut pas non plus refuser le combat, autrement il sabote la préparation de la victoire. Il ne peut obtenir à la longue la direction de ces luttes que s’il oppose à toutes les illusions des masses la pleine clarté du but et des méthodes de lutte. Ce n’est qu’ainsi qu’il peut devenir, par un processus dialectique, ce noyau de cristallisation des combattants révolutionnaires qui, dans le cours de la lutte, obtiennent la confiance des masses. En nous opposant -en conséquence de cette déclaration- sous toutes les formes possibles, à l’adoption des thèses sur la tactique, nous renvoyons aux thèses que nous avons présentées sur le rôle du parti dans la révolution prolétarienne.”

Lénine et le rapport sur la tactique du parti communiste russe. Il présenta la nouvelle ligne du gouvernement russe en ce qui concerne la politique des concessions, le libre commerce, etc., et il la défendit. La nouvelle conduite de la Russie est connue et elle a été critiquée, différentes reprises. Un camarade du KAPD intervint contre l’explication de Lénine. Cela amena Radek à prendre la parole. Après lui, ce fut la camarade Kollontai, de l’Opposition Ouvrière russe. Son intervention fut un événement et l’on peut dire : lourd de conséquences lointaines. Jusqu’ici personne n’avait osé intervenir publiquement contre la politique actuelle des bolcheviks et du gouvernement soviétique. La camarade déclara qu’elle était contrainte de placer la discipline révolutionnaire au-dessus de la discipline de parti. Elle attaqua en particulier la politique bolchevik “qui prépare un retour au capitalisme” et se tourna contre l’attitude du gouvernement soviétique “qui repousse les ouvriers prêts à construire le système soviétique”. Immédiatement, Trotsky intervint et tenta, dans des développements très longs, de tourner en ridicule la camarade Kollontai. Il ne put cependant affaiblir ces arguments. La délégation du KAPD parla une nouvelle fois de ce problème. Elle souligna en particulier que nous ne nous étions pas encore mêlés des affaires intérieures du parti russe, mais que maintenant, après avoir pris connaissance des arguments de la camarade Kollontaï, nous étions obligés de prendre une position encore plus critique à l’égard du gouvernement soviétique. A ce moment-là, la camarade Roland-Holst, de la minorité hollandaise, se crut obligée de soutenir le PCR contre nos attaques, en déclarant que le PCR se tenait à gauche et aurait toujours été à gauche. Sur la question syndicale, Zinoviev et Heckert du VKPD firent leur compte rendu au milieu de l’indifférence la plus complète du Congrès. Il fut de nouveau accordé un temps de parole d’une heure pour toute notre délégation. Le Congrès se boucha alors les oreilles. Nos thèses sur la question syndicale furent renvoyées en commission, où l’on refusa de les prendre pour base de discussion, en arguant du fait que “le Congrès avait de par toute son attitude rejeté les conceptions du KAPD”. Nous demandâmes, avant le vote des thèses proposées par le bureau réduit du CE, de réexpliquer nos thèses dans une courte intervention de conclusion. Cela nous fut refusé. Question de la jeunesse : rapport de Münzenberg. Question des femmes, question d’Orient : tout cela ne suscita aucun intérêt de la part du congrès. Après que nous eûmes tenté en vain, en dépit de toutes les attaques de défigurations dont nous avions été l’objet, malgré les manœuvres pour nous contraindre au silence, de prévenir la IIIème Internationale de son naufrage total dans l’opportunisme, nous fîmes le bilan du Congrès. A l’ultimatum du Congrès, exigeant que le KAPD s’incline devant la discipline de cette internationale, notre réponse fut la suivante : “La délégation du KAPD a soumis à un nouvel examen les résultats du Congrès, aussi bien en ce qui concerne la décision qu’elle doit prendre vis-à-vis de la délibération du Congrès qui exige de façon ultimative la dissolution du KAPD dans le VKPD, qu’à ce qui a traite à nos rapports avec la IIIème Internationale. En pleine conscience de la gravité des responsabilités qu’elle prend, la délégation, à l’unanimité, établit les conclusions ci-après : La lutte tactique contre le KAPD pendant le Congrès s’est établie dès le début sous les formes d’une lutte contre l’adversaire dont les arguments ne doivent pas être appréciés quant à leur fond et dont l’existence comme facteur politique doit être anéantie sous le prétexte de discipline. A cela correspondent les faits suivants. 1°) On a donné aux participants du Congrès, depuis plusieurs semaines, une image complètement fausse du KAPD, par des articles qui le dénaturent dans la presse russe, dans l’Internationale Communiste et dans le journal du Congrès. Tandis que nos exposés de fond et nos rectifications n’étaient pas imprimés. 2°) La manière dont le Congrès a été conduit a fait que nous avons été obligés, en permanence, de fractionner l’expression libre de nos positions. Que cette tactique ait été mûrement réfléchie, cela ressort de façon particulièrement claire dans le fait qu’on ne nous a même pardonné la possibilité de rédiger un compte rendu ou tout simplement un compte rendu supplémentaire sur l’affaire qui nous concerne directement, l’affaire du KAPD. Ce qui nous a contraints à refuser de parler pour ne pas nous faire les complices involontaires d’une bouffonnerie. 3°) Comme fondement à l’ultimatum qui nous a été adressé, on a porté à la connaissance des congressistes une soi-disant résolution du CE. Et ceci, bien que le CE ne se soit à aucune séance occupé de cette affaire, bien qu’il ne nous ait pas entendus, et qu’il n’ait, à plus forte raison, pas pu prendre une décision sur ce problème. 4°) Cette question, qui était restée pendant une semaine à l’une des dernières places de l’ordre du jour, comme chose à traiter de façon séparée, ne fut même pas seulement discutée, en particulier avec nous en vue du rapport du CE (2ème point de l’ordre du jour). Elle fut réglée par une “décision ???u. On arriva ainsi au résultat escompté : prévenir le jugement du Congrès avant qu’il ne risque de prendre connaissance de nos positions au cours du débat sur les questions de principe. Ce comportement formel est en rapport étroit avec la ligne politique dans laquelle évolue la IIIème Internationale, sous l’influence déterminante des camarades russes. Le cours du Congrès l’a montré : la ligne politique de Paul Levi l’a emporté au Congrès ; la reconnaissance formelle de l’“Action de Mars” s’est révélée comme “liberté de révolution”. Le parti tchécoslovaque fut admis comme section de plein exercice, mais sans aucune garantie réelle et sur la base de promesses vides. On a peureusement ménagé son chef opportuniste Sméral. Pour ce qui est du Parti Socialiste Italien qui vient de conclure un accord avec les fascistes, on s’est conduit obligeamment en se perdant dans les détails. La participation de principe aux parlements bourgeois a été maintenue, en dépit des tristes expériences qui en ont été faites en Allemagne, en Autriche, en France, etc., et bien qu’on ait vu à l’oeuvre les caricatures de ce soi-disant parlementarisme révolutionnaire. En réaffirmant la politique funeste du travail dans les vieux syndicats, on s’est incliné, en dépit de toutes les phrases, devant Amsterdam ; on a soutenu la duperie capitaliste du parlementarisme économique. Le Congrès a supporté, sans broncher, jusqu’à l’idée ridicule de la révolutionnarisation des coopératives de consommation. Tout cela témoigne que l’on continue à suivre le chemin entamé au IIème Congrès, que l’on continue à faire fausse route : de la révolution au réformisme ; de la sphère de la lutte à la tactique de la diplomatie, aux trafics et au badigeonnage illusoire des contradictions. Tous ces exemples justifient la protestation (contre l’adoption des thèses sur la tactique) que nous avons donnée à publier dans les procès-verbaux. Ce sont ces faits que l’on doit avoir en vue (quand on considère la résolution exigeant notre dissolution dans le VKPD) pour reconnaître que cet ultimatum est totalement irrecevable par le KAPD. Cette réunification signifierait se subordonner à la discipline d’un parti en décomposition, dans lequel le réformisme a pris le dessus, sous l’influence du Congrès. Nous serions bâillonnés par un appareil organisationnel (presse-finances-cliques dirigeantes) qui est monté contre nous. Tout espoir d’avoir une influence salvatrice dans un tel parti serait privé de fondement réel. L’attitude de la délégation découle d’elle-même de tous ces faits. Même sans ordre spécial du parti : elle repousse à l’unanimité l’ultimatum qui l’oblige à fusionner avec le VKPD.

Nous ne déclarons pas la sortie du KAPD de la IIIème Internationale, bien que nous ayons tout pouvoir d’agir au nom de notre parti. Nos camarades en parleront. Ils donneront leur réponse à la prétention qu’on a eue de les faire marcher avec d’autres sur le chemin du réformisme et de l’opportunisme. Le prolétariat international attendra cette réponse.

Notre décision a été prise en pleine eonnaissance de sa gravité. Nous sommes pleinement conscients de notre responsabilité envers les travailleurs allemands, envers la Russie soviétique, envers la révolution mondiale. La révolution ne se laissera pas ligoter par une résolution de Congrès. Elle vit. Elle va son chemin. Nous allons avec elle, nous suivons notre chemin à son service.

Signé : Délégation du KAPD.”

Nous avions décidé de lire cette déclaration à la fin du Congrès, pour dire publiquement notre opinion à tous les délégués. Mais cela ne fut pas autorisé par le Présidium ; on nous permit simplement de mettre cette déclaration dans les procès-verbaux. Nous avons compris pourquoi on agissait ainsi. Tout le Congrès était dans un état d’enthousiasme aveugle. Les applaudissements n’avaient plus de fin, les flashs claquaient et les caméras tournaient. Notre déclaration était à ce moment-là une accusation, elle aurait été un avertissement comme jadis l’avertissement à Babylone. Mais les metteurs en scène du Théâtre Bolchoï ne devaient pas s’en tirer à si hon compte. Au cours de la réunion du Comité Exécutif qui eut lieu le jour suivant et à laquelle étaient présents les représentants de tous les pays, notre déclaration fut quand même lue par la délégation et elle a sûrement donné à plus d’un représentant du prolétariat révolutionnaire la gueule de bois qui doit nécessairement succéder à l’ivresse des résolutions adoptées dans le raffut et le tam-tam. Il doit encore être mentionné que notre délégation ne fut admise à la séance du Comité Exécutif que pour lire sa déclaration, et qu’elle dut après quitter les lieux. C’est en son absence que le Comité Exécutif discuta de la question du KAPD et prit une résolution qui fut ensuite communiquée à notre délégation. Cette résolution dit : “Malgré la déclaration du KAPD qui représente une déclaration de guerre à l’Internationale Communiste, le Comité Exécutif nouvellement élu a décidé : 1) De publier immédiatement une lettre ouverte circonstanciée aux membres du KAPD et d’exiger de lui une décision dans les deux mois qui viennent. 2) D’envoyer une délégation à l’éventuel Congrès du KAPD. 3) Le délégué du KAPD est, aux termes de la résolution du Congrès, autorisé à participer provisoirement à l’Exécutif avec voix consultative.”

Les membres du KAPD peuvent donner la réponse qui convient à cette déclaration du Comité Exécutif. Nous connaissons la manière, nous connaissons le texte. Le bilan du Congrès est celui-ci : l’orientation de Levi a gagné sur toute la ligne. L’“Action de Mars” a été reniée. La “théorie de L’offensive révolutionnaire” a été mise au rang des maladies infantiles. Le KAPD a été exclu de la IIIème Internationale. Camarades ! Nous avons fait ce que nous pouvions faire. Nous avons agi comme les membres du parti l’avaient exigé. C’est sans aucun compromis et sans aucune concession à la fabrique d’illusions qu’est la IIIème Internationale que nous avons suivi au IIIème Congrès mondial notre propre voie. Le KAPD se trouve devant des tâches gigantesques. Il devra les résoudre d’une manière rapide en pensée, en décisions et en action, pour que la révolution mondiale du prolétariat soit victorieuse, de manière aussi rapide et décisive !

Rapport fait à la séance du Comité Central le 31 juillet 1921.

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Rapport de la séance du Comité Central

du KAPD (31 juillet 1921)

Au point 3 de l’ordre du jour : la politique de l’Etat russe et la IIIème Internationale.

L’histoire suit un cours logique d’une époque à une autre et la Russie non plus ne peut y échapper. Les rapports économiques et Russie ne peuvent que faire échouer la tentative des camarades russes de sauter la période du capitalisme. Le féodalisme de l’économie agricole russe doit être tout d’abord dépassé dans la mesure où cette économie agricole, par suite de son immensité et à cause du manque d’une industrie et d’un commerce développés, donne ses traits fondamentaux au visage économique et politique du pays. Il existe des contradictions de classes entre les paysans russes qui aspirent à l’économie capitaliste privée et le prolétariat russe qui se bat pour l’économie communautaire prolétarienne. Le gouvernement soviétique est devenu le représentant de la bourgeoisie et de la paysannerie par le renversement de sa politique vers les intérêts économiques des paysans. Car la politique est toujours la conséquence de l’évolution économique. Le gouvernement soviétique se trouve depuis un certain temps déjà en contradiction avec une partie du prolétariat russe. Aujourd’hui, ces différends ont atteint un degré extraordinaire : la formation de l’opposition ouvrière en Russie et les luttes violentes qu’elle mène contre le gouvernement soviétique en sont une preuve caractéristique. L’attitude du KAPD envers le gouvernement soviétique doit se modifier après ces événements : le KAPD dans l’avenir ne pourra plus soutenir inconditionnellement les décisions du gouvernement soviétique car ces décisions sont dirigées en partie contre le prolétariat révolutionnaire en Russie : l’opposition ouvrière. Un soutien au gouvernement soviétique n’est justifié que dans la mesure où il se bat contre l’ennemi commun du prolétariat, des paysans et de la petite bourgeoisie russes : la noblesse féodale. D’autre part le KAPD doit se séparer définitivement de la IIIème Internationale, parce qu’elle est devenue un facteur dans la politique de l’État russe, et doit, par conséquent, s’adapter à la transformation intervenue dans le caractère du gouvernement soviétique. Depuis le IIIème Congrès, la IIIème Internationale s’est déclarée ouvertement ennemie de la révolution mondiale prolétarienne, dans la mesure où le KAPD en a été exclu. Mais on ne peut pas rester en dehors d’une Internationale communiste prolétarienne ; le KAPD doit, à partir de maintenant, jeter les bases d’une nouvelle internationale communiste ouvrière, vraiment révolutionnaire. Après les débats au cours desquels certains représentants exprimèrent l’idée que le gouvernement soviétique pouvait encore arriver à rester -malgré le renversement de sa politique économique- le représentant du prolétariat révolutionnaire russe, le Comité Central exprime ses conceptions dans la déclaration suivante qui fut adoptée contre les voix du Hanovre et de la Saxe orientale, Berlin s’abstenant : “1°) Le Comité Central pense que le cours du IIIème Congrès mondiale réalisé en principe la rupture d’avec l’Internationale moscovite. Le Comité Central, tenant compte de la nécessité de la lutte de classe internationale, s’oriente vers la construction d’une Internationale communiste ouvrière pour les tâches les plus urgentes du prolétariat révolutionnaire mondial. Le Comité Central pense d’autre part que les fondements, la tactique et la forme d’organisation de cette Internationale communiste ouvrière doivent être adaptées aux conditions de la lutte de la révolution prolétarienne. 2°) Le Comité Central déclare que notre politique envers le gouvernement soviétique doit être dictée par l’attitude de celui-ci a chaque moment. Si le gouvernement soviétique agit en tant que facteur de lutte de la révolution prolétarienne, le KAPD doit le soutenir par une solidarité active. Là où il abandonne ce terrain et apparaît comme porteur de la révolution bourgeoise, le KAPD doit le combattre d’une manière aussi décidée.”




Source: Archivesautonomies.org