Réalisateur marseillais de documentaires humanistes, Rachid Oujdi s’est éteint la nuit dernière. On lui doit notamment J’ai marché jusqu’à vous, un film marquant sur les mineurs isolés étrangers. Hommage.

Interviewé dans nos colonnes en septembre dernier, il brocardait « l’ultra-libéralisme qui provoque l’effondrement des valeurs humaines », mais se voulait optimiste : « L’exil n’est pas un problème. L’hospitalité revient en force. » Puisse l’avenir lui donner raison…

Rachid Oujdi, réalisateur marseillais de documentaires humanistes, s’est éteint dans la nuit du 29 au 30 décembre. De son œuvre, on retiendra deux films marquants. D’abord, Perdus entre deux rives, les Chibanis oubliés (2014), portrait touchant de ces vieux immigrés maghrébins abandonnés de tous après une vie de travailleur pauvre. Puis J’ai marché jusqu’à vous – Récits d’une jeunesse exilée (2016), enquête sur le sort réservé par les pouvoirs publics aux mineurs isolés étrangers, laissés à la rue en violation des lois républicaines. On y voit la violence institutionnelle, la tristesse de ces mômes, mais aussi leur dignité et leur force.

Voyage en paix, Rachid : tu as fait ta part du job. Et même si migrants comme solidaires prennent cher ces temps-ci, ils sont debout.


À relire

* Notre entretien avec Rachid Oujdi : « Mineurs isolés : “J’ai marché jusqu’à vous” » (publié dans CQFD n°168, septembre 2018).


À (re)voir

* Le documentaire J’ai marché jusqu’à vous – Récits d’une jeunesse exilée, de Rachid Oujdi (Comic Strip Production, 2016). Visible gratuitement en ligne

Source: http://cqfd-journal.org/Rachid-Oujdi-l-exil-infini -