L’UPC est t-elle est une organisation marxiste-léniniste ? Trostkiste ? Anarcho-toto ou totalement bolcho ? Libertaire ou anti-gestionnaire ? Autoritaires ? De nombreuses rumeurs circulent sur notre ligne politique. Pour discuter de tout ça, nous vous invitons à un verre au Jusqu’ici le 13 décembre à partir de 19h. Ce sera également l’occasion de fêter la parution du deuxième numéro de notre revue !

Nous n’avons eu de cesse ces dernières années de construire des structures collectives de lutte, de marquer la rupture avec l’autoritarisme d’une partie des organisations se revendiquant du communisme au sens dévoyé du terme. Si nous développons au maximum dans les luttes les perspectives d’auto-organisation, nous sommes conscient·e·s que ce n’est pas le moyen unique et magique permettant l’émancipation de notre classe. Oui c’est vrai, nous ne sommes pas autogestionnaires mais bien anti-gestionnaires. Cela signifie que nous considérons qu’aucune gestion alternative du capitalisme nous semble possible. Nous nous démarquons ainsi des groupes qui, tout en se réclamant de la révolution, se bornent à vouloir réformer l’économie marchande et donc l’exploitation salariée, en prônant sa nationalisation ou son autogestion, sa gestion par l’État ou par des coopératives ou encore son placement “sous contrôle ouvrier/citoyen”.

Nous avions développé l’idée il y a quelques années que la “gestion” dans le cadre du capitalisme, qu’elle soit social démocrate, libérale ou même sous forme de coopérative c’est toujours la gestion de la misère. Seule une révolution communiste pourrait mettre fin à l’exploitation par une appropriation des moyens de production. Mais cette dernière ne pourra aller sans l’abolition du marché, de la valeur et de l’argent, pour permettre une organisation collective de la production et de la répartition des biens selon les besoins et les envies de la communauté. C’est ce qui distingue l’associationnisme communiste de l’autogestion, qui est la gestion par la base de la production entreprise par entreprise, sans remettre en cause le salariat, le marché ou la division du travail.

Pour ce qui est du qualificatif “Marxistes-léninistes” dont nous sommes parfois affublé·e·s : toute notre presse explique le caractère capitaliste des soit-disant états communistes qui ont été les fossoyeurs des révolutions. Il ne nous semble donc pas utile de revenir là-dessus.

A propos de dictature du prolétariat. Le terme mériterait une discussion plus en avant. La dictature du prolétariat est selon nous l’aboutissement de la lutte des classes en vue de la destruction de la bourgeoisie au profit d’un gouvernement des prolétaires. Nous imaginons que c’est la confusion portée par le terme “dictature” sur lequel certain·e·s entendent jouer pour nous faire un procès en stalinisme. Nous vous renvoyons donc à la réfutation précédente à propos de marxisme-léninisme.

Au-delà de ces éléments, il existe au sein de l’Union pour le communisme une diversité de points de vue, de références et d’attaches à l’histoire du mouvement ouvrier. Cette diversité nous tient particulièrement à cœur.

Le projet communiste, c’est l’abolition des classes et donc du prolétariat. Par prolétariat, nous entendons l’ensemble des travailleuses et travailleurs (exclu·e·s ou non du “marché” de l’emploi) qui ne disposent pas des moyens de productions et/ou qui sont contraint·e·s de vendre leur force de travail aux capitalistes – les exploité·e·s en somme ! Nous seul·e·s (les exploité·e·s ! ) avons la capacité historique de mener la révolution communiste car notre émancipation suppose la négation du prolétariat en tant que classe. Le prolétariat n’est pas pour autant “un et indivisible”. La fétichisation de son unité ne permet pas l’émergence d’une compréhension dynamique de la société et donc de ses contradictions. Affiner la notion de l’exploitation en en montrant les différentes segmentations nous semble indispensable.

Les conditions d’exploitation ou d’exclusion du travail social ne sont pas les mêmes pour tous les prolétaires. Au sein du prolétariat, les personnes racisé·e·s et les femmes subissent des conditions d’existence dégradées d’autant plus intolérables qu’elles sont systématiques.

Nous sommes des militant·e·s issues de différentes formations politiques mais nous partageons une analyse commune pour l’ensemble des points évoqués ci dessus. Nous pensons que l’UPC est une des fractions d’un mouvement révolutionnaire plus large qu‘il reste à construire à l’échelle nationale et internationale. Au sein de notre organisation, nous privilégions le dialogue le plus large. Nous nous efforçons de créer les conditions permettant l’émulation collective, par l’auto-formation, pour nous armer mutuellement tant au niveau stratégique que tactique afin de pouvoir agir dans les luttes auxquelles nous prenons part. Nous invitons toutes celles et ceux qui souhaiteraient contribuer à leur échelle à cet objectif à nous rejoindre.

Pour en débattre autour d’un verre et de quoi grignoter nous vous invitons nombreuses et nombreux le mercredi 13 décembre 2017 au local le “Jusqu’ici” au 169 grande rue de la Guillotière. Rendez vous à partir de 19h. Ce sera également l’occasion de lever notre verre pour célébrer les 10 ans de notre organisation et la sortie du nouveau numéro de notre journal, le “Jusqu’ici”.

Par Rebellyon,

Source: http://rebellyon.info/Qui-se-cache-derriere-l-UPC-Venez-le-18476