Décembre 25, 2022
Par Kurdistan Au Féminin
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« La population kurde ne vit plus en sécurité en Europe. Les Kurdes ne sont pas seulement persécutés et opprimés dans leur pays d’origine. Au cœur de l’Europe, ils sont la cible des fascistes et des services secrets turcs. »

PARIS – Après le massacre de Paris du 23 décembre dernier visant les militants kurdes, un militant du Centre kurde des relations publiques à Berlin dit que les Kurdes ne sont pas seulement choqués par ce nouveau massacre les visant sur le sol français, mais également en colère et qu’ils ne font plus confiance aux autorités de sécurité françaises.

Les militants kurdes, Emine Kara (Evin Goyî), Şirin Aydın (Mîr Prwer) et Abdurrahman Kızıl ont été abattus lors de l’attentat terroriste du 23 décembre, au centre kurde de la rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris. Un fasciste français de 69 ans, récemment sorti de prison, a pris pour cible le centre culturel kurde Ahmet Kaya, puis un restaurant et un salon de coiffure tenus par des Kurdes. Dans le salon de coiffure, il a été maîtrisé par des employés lorsqu’il a tenté de recharger son arme. Il s’agit d’une attaque visant la communauté kurde de Paris.

Le militant kurde de Berlin, Mako Qocgiri déclare qu’ils sont en colère et n’ont pas confiance en les autorités de sécurité françaises à cause de ce nouveau massacre survenu près de 10 ans après celui de la rue Lafayette visant 3 militantes kurdes tuées le 9 janvier 2013. Il a écrit:

Nous avons des questions !

« L’assaillant aurait été emmené en voiture dans la rue [d’Enghien ou se trouve le Centre culturel kurde Ahmet Kaya]. Qui l’a conduit jusqu’à là-bas ? En tout cas, la cible de l’attaque ne semble pas avoir été une coïncidence. On veut savoir qui est derrière cette attaque ! Est-il possible que les services secrets turcs [MIT] soient impliqués ? Nous exigeons une enquête complète !

L’auteur était en prison pour une attaque contre un camp de tentes de migrants, a été libéré de prison peu de temps avant l’attaque, a pu se procurer une arme et perpétrer un tel massacre sans encombre. Pourquoi cette personne n’était-elle pas sous surveillance (…) après sa sortie de prison ? Pourquoi a-t-il pu agir aussi librement ?

Il y a eu récemment des menaces de fascistes turcs contre le Centre culturel kurde de Paris. Ceux-ci ont été transmis aux autorités de sécurité françaises. Pourquoi cela n’a-t-il pas été suivi ? Le Centre culturel kurde n’est-il pas surveillé par les services de sécurité français ?

Au moment de l’attaque du centre culturel, une réunion du mouvement des femmes kurdes devait s’y tenir à l’occasion de l’anniversaire prochain de la tuerie de Paris du 9 janvier 2013. Une soixantaine de personnes devaient assister à cette réunion. La réunion a été reportée d’une heure à la dernière minute. Si cela ne s’était pas produit, il y aurait probablement eu beaucoup plus de victimes. L’assaillant était-il au courant de cette réunion prévue ? Est-ce pour cela qu’il a choisi le moment de son attaque ? Si oui, où a-t-il obtenu ses informations ?

Aucune confiance dans les autorités françaises de sécurité

Notre colère après l’attentat (…) est si grande car nous n’avons aucune confiance dans les autorités françaises de sécurité. Car le massacre de Paris, c’est-à-dire l’assassinat des trois révolutionnaires kurdes, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez le 9 janvier 2013 par un tueur à gages des services secrets turcs, n’a jamais fait l’objet d’une enquête complète et, surtout, personne n’a été poursuivi pour cela. Depuis dix ans, des dizaines de milliers de Kurdes (…) réclament justice pour Sakine, Fidan et Leyla lors de manifestations commémoratives annuelles. Mais les autorités françaises n’ont aucun intérêt à éclaircir l’affaire, classée secret d’État. 

L’attentat d’hier s’inscrit dans la continuité des meurtres de 2013. La population kurde ne vit plus en sécurité en Europe. Les Kurdes ne sont pas seulement persécutés et opprimés dans leur pays d’origine. Au cœur de l’Europe, ils sont la cible des fascistes et des services secrets turcs, mais aussi des appareils de répression étatiques. »

ANF




Source: Kurdistan-au-feminin.fr