Avril 9, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Malgré un petit vent frais qui n’en rend que plus agréable cette matinée athénienne, en sortant de l’hôpital Laïko, je me dirige vers le quartier d’Exarcheia pour voir sur place, comment les choses se passent là-bas .
Quartier Exarcheia Athènes, mardi 30 mars 2021

Une silhouette dans le quartier d’Exarcheia © Elisa Perrigueur

Le chemin le plus court est de longer le Likabeth par le quartier huppé de Kolonaki (huppé certes, mais beaucoup moins chic que celui, plus au nord de Psichiko, petit paradis pour riches, totalement isolé d’Athènes par un cordon sanitaire anti-pauvres, dispositifs discrets de vidéo-surveillance pratiquement à chaque réverbère) ! Mais plus étonnant au centre-ville, le quartier de Kolonaki jouxte le quartier d’Exarcheia, bordé au sud, par le musée archéologique et la célèbre école polytechnique d’Athènes.

Exarcheia d’hier
Exarcheia où en février 1973, a sonné grâce à la révolte des étudiants, le début de la fin de la dictature militaire de Papadopoulos. Hélas elle se termina dans le sang. Exarcheia est également l’ancien cœur de la bohème athénienne. Puis dans les années 1980, tandis que les universités étaient déménagées hors du centre-ville, il devint le quartier politisé d’Athènes, comptant de nombreux anarchistes. En 2008, la mort d’Alexis Grigoropoulos, un jeune lycéen de quinze ans, tué par balle par un flic dans une ruelle du quartier a mis le feu aux poudres entre la police et les anarchiastes. Les émeutes et altercations avec les flics étaient fréquentes. Les années suivantes, avec les crises économiques successives, les anarchistes de plusieurs sensibilités y ont ouvert des squats, des lieux de résistance, de solidarité et d’accueil des migrants. Les fascistes, entre autres d’Aube dorée les ont pris pour cibles, ratonnant et provocant leurs soutiens, sous l’œil impassible de la police. Sous le gouvernement de Tsipras, on sentait une volonté, sinon avouée, programmée de laisser pourrir le quartier, en laissant l’envahir par les dealers de drogues dures, montés d’Omonia. Les anarchistes et leurs amis résistèrent tant bien que mal, jusqu’à ce qu’un certain Kyriakos Mitsotakis soit nommé premier ministre après l’échec du gouvernement Syriza en 2019. A peine arrivé au pouvoir, celui-ci lança une offensive de grande ampleur contre le quartier, à grand renfort de MAT (CRS grecs) et de voltigeurs Dias aux allures de militaires et autres services de renseignements, cagoules noires et équipes « antiterroristes ». Comme il l’avait promis lors de sa campagne, ainsi furent expulsés manu militari les militants et réfugiés de quatre squats emblématiques, sur la vingtaine qu’en comptait le quartier. Et ce n’était qu’un début !

Exarcheia d’aujourd’hui la suite ici




Source: Monde-libertaire.fr