Avril 1, 2020
Par CNT
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Qu’est ce qui est vital, patron ?

La construction d’avions, une activitĂ© vitale, qui ne pourrait pas attendre ? Quelle blague ! FermĂ© quatre jours, Airbus ne voulant pas perdre une miette de profits, expose Ă  nouveau ses salariĂ©.e.s, les cadres Ă©tant en tĂ©lĂ© travail, les actionnaires bien au chaud, ravitaillĂ©.e.s par des prolos de la livraison. Avant mĂȘme que le pic de l’épidĂ©mie soit atteint. Alors que les aĂ©roports sont Ă  l’arrĂȘt et que les calendriers de livraison d’avions n’ont Ă©videmment rien d’une prioritĂ© vitale.

En Espagne, la CGT anarcho-syndicaliste a appelĂ© Ă  la grĂšve le 30 mars, contre cette reprise du travail aux usines Airbus de Getafe, Illescas, Barajas, Tablada et Albacete qui ont dĂ©jĂ  dĂ©nombrĂ© 150 cas confirmĂ©s et mis un millier de personnes en confinement sanitaire. Ce 30 mars la direction d’Airbus Espagne a reculĂ©, ne maintenant qu’un peu d’activitĂ©, Ă  l’appui des vols aĂ©riens et des forces armĂ©es.

À Nantes, toute Ă©chappĂ©e de son domicile est traquĂ©e par drone ou un hĂ©lico dotĂ© d’une camĂ©ra thermique nocturne. Mais pour les patrons d’Airbus et le prĂ©fet, aller trimer chez Airbus, Ă  Bouguenais, Ă  Saint-Nazaire, est une nĂ©cessitĂ© impĂ©rieuse. Le principe de prĂ©caution appliquĂ© strictement pour la population, surveillĂ©e de trĂšs prĂšs par un arsenal sĂ©curitaire, fait exception pour la santĂ© des ouvriers comme pour les caissiĂšres, livreurs, femmes de mĂ©nage, Ă©boueurs, etc.

Que fait le gouvernement pour amĂ©liorer la lutte contre la pandĂ©mie ? Par contre, « scandalisĂ© Â» par l’arrĂȘt des chantiers dans le BTP, il cherche Ă  y imposer la reprise du travail… Aucune compensation financiĂšre ne viendra combler la perte d’un.e proche et la douleur de sa famille. La reprise du travail dans l’aĂ©ronautique ou l’industrie automobile ne pourrait ĂȘtre lĂ©gitime qu’en cas de rĂ©orientation de la production vers la fabrication de respirateurs artificiels qui vont bientĂŽt manquer dans nos hĂŽpitaux.

Macron nous parle de guerre, de sacrifice. Le pouvoir est donc prĂȘt Ă  sacrifier les derniers de cordĂ©e au nom de l’unitĂ© nationale, rejouant la mauvaise piĂšce de l’envoi au casse-pipe des poilus de 14-18, sacrifiĂ©s sur l’autel des intĂ©rĂȘts capitalistes et industriels. Nous ne sommes ni de la chair Ă  canon ni de la chair Ă  patron !






Source: Cnt-f.org