Juillet 3, 2022
Par Lundi matin
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√Ä voir lundi 4 juillet √† partir de 20h :

Dans un entretien avec Jean Vioulac, nous remarquions que l‚Äôanthropologie est devenue peu √† peu le refuge de la philosophie anarchiste. Depuis Clastres, Scott, Graeber – renouant avec un courant de dissidence qui commence peut-√™tre avec Rousseau ou Montaigne, mais dont la filiation est plus r√©cemment inscrite en Mauss, Radcliff-Brown, Salhins et m√™me le Levi-Strauss de Tristes tropiques – les anthropologues ne furent que rarement de simples th√©oriciens en fauteuils, et depuis leurs carnets de notes, avec les concepts autochtones qu‚Äôils rencontraient, en essayant de suivre et d‚Äô√©couter ce que les Bororos, les Nambikuaras, les Guyakis, les Achuars, les archives des soci√©t√©s des collines de l‚ÄôAsie du sud-est, avaient peut-√™tre √† dire du ‚Äúsimple fait de vivre‚ÄĚ. C‚Äôest aussi par l‚Äôanthropologie, entre autre, que les pr√©tentions de l‚Äôoccident furent une √† une disloqu√©es, parce que venaient du dehors des t√©moins de v√©rit√©s bien autres, qui, renforc√©es th√©oriquement par le contraste avec l‚ÄôEmpire √©touffant des ma√ģtres et possesseurs et ses citoyens affadis, n‚Äôont cess√© de ventiler d‚Äôond√©es sensibles le d√©sert hallucin√©. Hier on accusait les cultures sur abattis-brulis de d√©truire les for√™ts, aujourd‚Äôhui les ma√ģtres et destructeurs de l‚Äôagriculture de chez nous reconnaissent que ces pratiques conjurent les ravages des m√©ga-feux.

Barbara Glowczewski ne se dit pas anarchiste, mais sa mani√®re d‚Äôappr√©hender la question de la vie collective, avec ses amis et amies du d√©sert central australien, sa famille et ses proches de Lajamanu, les gens qu‚Äôelle est partie conna√ģtre et regarder tracer leurs trajectoires-chant√©es dans les sables d‚Äôun d√©sert plus vivant que le notre, et qui ont li√© leur destin au sien sans que les parts respectives de ce qui revient au m√™me et √† l‚Äôautre soient discernables, sans que nous puissions vraiment d√©cr√©ter que ce sont les aborig√®nes Warlpiri qui pensent comme Deleuze et Guattari ou Deleuze et Guattari qui, gr√Ęce √† Barbara Glowczewski, qui a √©t√© leur amie, pensent avec et comme elles et eux.

L‚Äôanarchisme n‚Äôa pas besoin de se dire anarchiste ou libertaire. Il ne ferait que refaire du slogan, de l‚Äôidentit√©, du marketing. Ce sont des formes de vie fort vari√©es qui l‚Äôexpriment, et leurs pratiques sont des th√©ories. Lorsque les Warlpiris con√ßoivent leurs territoires d‚Äôexistence comme de vastes trajets constell√©s de noeuds ou d‚Äô√©tapes o√Ļ, dans les temps recul√©s, et depuis l‚Äôespace virtuel du dessous, des √™tres du R√™ve (leur totem de patriclan) se sont fossilis√©s dans des roches et des points d‚Äôeau, des arbres ou des crevasses, dont ils et elles sont les gardiens et les gestionnaires, ils et elles proposent des formes d‚Äôhabitation du monde, qui peuvent servir de point d‚ÄôArchim√®de, √† des luttes pour leurs terres colonis√©es, de puissances tactiques qui prennent corps √† partir d‚Äôun ailleurs et non pas au coup par coup d‚Äôune situation sans issue. Bien entendu, la perfection n‚Äôest pas de ce monde. L‚Äôhostilit√© et la hi√©rarchie peuvent de temps √† autre ressurgir. Mais on peut alors se s√©parer.

Barbara Glowczewski oscille entre deux titres pour R√©veiller les esprits de la terre : Glissements de terrain et Cette chair, ma terre.

Glissements de terrain : parce que son livre d√©ambule du d√©sert australien √† la Zad en passant par la Guyane, la Polyn√©sie, les catacombes et la ferme de Lachaud, au bord du lac de Vassivieres.

Cette chair, ma terre : parce que la terre est l‚Äôobjet d‚Äôune incorporation continue et renouvel√©e via une m√©moire entretenue par t√©moignages et pratiques jadis h√©r√©tiques, luttes et soul√®vements chthoniens.

R√©veillez les esprits de la terre : parce qu‚Äôune sorte d‚Äôalliance transnationale et un mouvement d‚Äôindigenisation collective des luttes pour des territoires existentiels se dessinent dans ce manifeste d‚Äô√©veil.

Devant l’omnicide, écocide, ethnocide, genocide, il y a bien entendu de la vie. Et elle se lève. Non parce qu’elle aurait une force mystique en elle. Mais parce que les gens n’aiment pas être dominés, c’est comme ça, et qu’ils cherchent à ce qu’on leur foute la paix. C’est peut-être le premier axiome de l’anthropologie anarchiste.

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Retours d‚ÄôUkraine avec Romain Hu√ęt, Perrine Poupin et Nolig

Démissionner, bifurquer, déserter РRencontre avec des ingénieurs

Anarchisme et philosophie, une discussion avec Catherine Malabou

¬ę Je suis libre… dans le p√©rim√®tre qu‚Äôon m‚Äôassigne ¬Ľ

Rencontre avec Kamel Daoudi, assigné à résidence depuis 14 ans

Ouvrir grandes les vannes de la psychiatrie ! Une conversation avec Martine Deyres, r√©alisatrice de Les Heures heureuses.

La barbarie n‚Äôest jamais finie avec Louisa Yousfi :

Virginia Woolf, le f√©minisme et la guerre avec Naomi Toth :

Katchakine x lundisoir

Fran√ßafrique : l‚Äôempire qui ne veut pas mourir Avec Thomas Deltombe & Thomas Borrel

Guadeloupe : √Čtat des luttes avec Elie Domota

Ukraine avec Anne Le Huérou, Perrine Poupin & Coline Maestracci

Comment la pensée logistique gouverne le monde

Mathieu Quet

La psychiatrie et ses folies

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La vie en plastique – une anthropologie des d√©chets avec Mika√ęla Le Meur

D√©serter la justice :

Anthropologie, litt√©rature et bouts du monde, les √©tats d‚Äô√Ęme d‚Äô√Čric Chauvier

La puissance du quotidien : f√©minisme, subsistance et ¬ę alternatives ¬Ľ

Geneviève Pruvost

Afropessimisme, fin du monde et communisme noir

Norman Ajari

L’étrange et folle aventure de nos objets quotidiens

Jeanne Guien, Gil Bartholeyns et Manuel Charpy

Puissance du féminisme, histoires et transmissions

Fondation Luma : l‚Äôart qui cache la for√™t

De si violentes fatigues. Les devenirs politiques de l’épuisement quotidien

Un entretien avec Romain Hu√ęt.

L’animal et la mort, entretien avec l’anthropologue Charles Stépanoff.

Rojava : y partir, combattre, revenir. Rencontre avec un internationaliste fran√ßais

Une histoire écologique et raciale de la sécularisation, entretien avec Mohamad Amer Meziane.

Que faire de la police Avec Serge Quadruppani, Iréné, Pierre Douillard-Lefèvre et des membres du Collectif Matsuda.

La révolution cousue main, une rencontre avec Sabrina Calvo à propos de couture, de SF, de disneyland et de son dernier et fabuleux roman Melmoth furieux.

LaDettePubliqueCestMal et autres contes pour enfants, une discussion avec Sandra Lucbert.

Pand√©mie, soci√©t√© de contr√īle et complotisme, une discussion avec Val√©rie G√©rard,Gil Bartholeyns, Olivier Cheval et Arthur Messaud de La Quadrature du Net.

Basculements, mondes √©mergents, possibles d√©sirable, une discussion avec J√©r√īme Baschet.

Au cŇďur de l‚Äôindustrie pharmaceutique, enqu√™te et recherches avec Quentin Ravelli

Vanessa Codaccioni : La soci√©t√© de vigilance

Comme tout un chacune, notre r√©daction passe beaucoup trop de temps √† glaner des vid√©os plus ou moins intelligentes sur les internets. Aussi c‚Äôest avec beaucoup d‚Äôenthousiasme que nous avons d√©cid√© de nous jeter dans cette nouvelle ar√®ne. D‚Äôexaltations de comptoirs en propos magistraux, fourbis des semaines √† l‚Äôavance ou improvis√©s dans la joie et l‚Äôivresse, en t√™te √† t√™te ou en bande organis√©e, il sera facile pour ce nouveau show hebdomadaire de tenir toutes ses promesses : il en fait tr√®s peu. Sinon de vous proposer ce que nous aimerions regarder et ce qui nous semble manquer. Gr√Ęce √† lundisoir, lundimatin vous suivra jusqu‚Äôau cr√©puscule. ¬ę Action ! ¬Ľ, comme on dit dans le milieu.




Source: Lundi.am