« Qu’est-ce que la démocratie directe ? » de Fabrice Wolff

Dans ce « manifeste pour une comédie historique », Fabrice Wolff entant donner une lecture politique honnête de la démocratie directe athénienne. Cet ouvrage, qui s’appuie en grande partie sur les travaux de Mogens Hansen, tend à corriger certains anachronismes dans l’interprétation des rôles que jouaient les citoyens dans la direction de leur cité.
Wolff défend, en s’appuyant sur les travaux d’Hansen, qu’il n’y avait pas à proprement parler d’hommes politiques dans la démocratie athénienne. Le corps citoyen se divisait entre citoyens actifs et passifs. Il aura également la bonne idée de substituer au terme de « magistrats » celui de « délégués » pour mieux traduire l’absence de pouvoir politique de la magistrature. Aussi, les esclaves scythes qui assuraient le service d’ordre de l’Ecclesia ne sauraient être assimilés à une police car cette fonction est assurée collectivement à travers l’Agora.

Certaines réserves seront toute fois émises sur la lecture de la démocratie athénienne comme « dictature du prolétariat ». Car si la majorité des citoyens qui pouvaient théoriquement participer aux séances de l’Ecclesia étaient pauvres, leur condition économique rendait leur participation aux affaires politiques parfois compliquée. Soit parce qu’ils ne pouvaient pas perdre une journée de travail (il faudra attendre Démosthène pour que le misthos soit étendu à la participation à l’Ecclesia) soit parce qu’ils étaient trop éloignés du centre d’Athènes.

Qu’est-ce que la démocratie directe est donc une bonne introduction politique à la démocratie  athénienne. Si sa lecture gagne à être accompagnée par celle d’ouvrages plus universitaires pour se prémunir d’un trop grand enthousiasme et pour avoir de meilleures connaissances du monde grec, elle apporte certaines précisions qui leur font généralement défaut et en devient nécessairement complémentaire.