Avril 10, 2022
Par Le Numéro Zéro
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TraĂźtres ! Retraitres !

Nous devons au principe de retraite actuel, ou si l’on veut, au pensionnement public des personnes qui sont retirĂ©es de la carriĂšre professionnelle, la dĂ©monstration qu’une sociĂ©tĂ©, mĂȘme dirigĂ©e par un Ă©tat directeur, ne peut fabriquer des personnes. SociĂ©tĂ© et Ă©tat le peuvent Ă©videmment : aprĂšs tout on a pu prĂ©sumer fabriquer quantitĂ© de types de personnages, du nazi au colon, et mĂȘme des socialistes et des syndicalistes ! Mais s’ils le peuvent, un programme politique le rĂ©alise avec de tels vices de conformitĂ© que l’on devrait certainement qualifier ce processus de programme de destruction des personnes, ou selon la version plus colorĂ©e, de programme de destruction finale. Les Ă©colos n’ont rien inventĂ© ! Ils copient ! Ils plagient !

Nous revenons au sujet. Le principe de la retraite repose sur l’abondement d’un fond, ou si l’on veut, le financement d’un compte commun pour payer les retraites, les pensions de retraites : ce fond est fourni par les cotisations versĂ©es par les personnes qui auraient un revenu d’activitĂ©, afin de payer une pension aux personnes qui sont pas en capacitĂ© de poursuivre leur activitĂ© et d’en percevoir un revenu. Par consĂ©quent les fabricants des pensions ce sont les personnes qui travaillent. Le risque social d’une confusion entre le produit public : celui de la sociĂ©tĂ© : d’un pays : et la politique publique d’une gestion de cette sociĂ©tĂ© et de son travail, pour n’importe quelle raison, pour n’importe quel intĂ©rĂȘt, se trouve prĂ©cisĂ©ment dans cette consĂ©quence.

On pourrait en effet parfaitement soutenir le contraire : les personnes qui sont Ă  la retraite ont une pension par l’Ɠuvre d’un Ă©tat socialiste : ils ont payĂ© durant leur carriĂšre les droits qui leur sont reversĂ©s. Mais une telle argumentation falsifie le fait que ce sont les salariĂ©s qui financent les pensions : ainsi cette raison sociale fabrique des personnes qui ont perdu leur libertĂ© de disposer d’un revenu. Si on prĂ©fĂšre, cette raison sociale dĂ©truit des personnes en tant qu’agents de production et en tant qu’ouvriers du capital pour leur substituer des agents de consommation. Un tel Ă©tat social ferait ainsi disparaĂźtre la raison de son existence ; il dĂ©truirait le travail productif et rĂ©munĂ©rĂ© pour le remplacer par des salaires qui dĂ©pendraient de sa fourniture politiquĂ©e. Quant Ă  la matĂ©rialitĂ© de cette action : une partie de la production de toute une sociĂ©tĂ© lui serait ainsi confisquĂ©e au motif de cette liquidation.

Le socialiste reproche au capitaliste ses intentions Ă  l’encontre du capital public mais sa libertĂ© et ses droits sont une forme avariĂ©e du capitalisme : ce que l’un prĂ©tend investir l’autre entend l’économiser. Ou, si on veut encore, ce que l’état bourgeois prĂ©tendait produire – de la monnaie pour valoriser son capital – l’état socialiste le rĂ©glementait : de la monnaie pour normaliser. La capacitĂ© Ă  travailler comme Ă  ne plus travailler est l’objet d’une Ă©valuation trĂšs gĂ©nĂ©rale, on pourrait vouloir continuer Ă  ĂȘtre productif par la seule raison qu’on ait envie de s’acheter quelque chose. On pourrait de la mĂȘme façon vouloir arrĂȘter son activitĂ© professionnelle en raison de nombreux motifs. L’obligation de s’affilier dĂ©pend de l’employeur, de son employĂ© : quelle rĂ©serve de mĂąchonnerie dispose la prĂ©tendue pensĂ©e Ă©conomiste ! Cette disposition d’obligation n’a aucune nĂ©cessitĂ© : tous les jours nous dĂ©pensons de l’argent que nous pourrions dĂ©penser autrement. DĂ©cider par la loi de la façon dont on disposerait d’un revenu, comment ce serait valable et mĂȘme seulement justifiĂ©e. La belle solidaritĂ© qu’on s’imaginerait : cotisations = pensions. Faut soutenir le train ! Putre le fait stupĂ©fiant qu’en vertu de ce soi-disant droit les cotisations sont payĂ©es par l’employeur – c’est pas du droit ça, c’est du devoir de mĂ©moire. Si on prĂ©fĂšre, mieux de la compta. Au final vice versa. Et l’obligation d’affiliation imposĂ©e par la prĂ©voyance Ă©co-statique ; on voyait lĂ  si c’était prĂ©voyant.

En son principe mĂȘme, le programme qui consiste Ă  faire adhĂ©rer obligatoirement. En thĂ©orie lĂ©gislative, c’est l’employeur qui a cette obligation : afin de libĂ©rer l’employĂ© des risques de vieillesse. D’oĂč le nom d’assurance-vieillesse du programme national SS de la SĂ©curitĂ© Sociale cher Ă  Ambroise Croizat. Comment on est honorĂ© ! Donc ; une adhĂ©sion obligatoire avec cotisation obligatoire, tout ça abondĂ© par ledit employeur. Si l’on veut, des personnes qui ont un revenu d’activitĂ© en lien avec le travail avec ou sans l’accord de leur employeur – il y a un vide juridique sur ce sujet. Le vieux paternalisme rĂ©publicain ! Creusot, sors de ce corps ! Il manquerait au dĂ©cor les contrats de travail ! Les EHPAD pour faire profiter le patron des cotisations qu’il paye !

Ou comment les discussions oiseuses des banquiers républicains sont trÚs utiles pour nous ralentir.

La question des retraites est donc de l’ordre du funeste. Il est Ă©vident pour ses bĂ©nĂ©ficiaires, ceux qui sont pensionnĂ©s plus que la moyenne (nationale ? Police d’assurance ?), que les 340/400 milliards d’euro que coĂ»tent chaque annĂ©e aux personnes productives le versement de cette dette socio-politique sont un jeu Ă  somme nulle : 340 milliards prĂ©levĂ©s, 340 milliards payĂ©s.

On voit qu’une telle question ne peut ĂȘtre aussi mal posĂ©e que par des individus Ă©trangers, et fort contents par ailleurs, en mĂȘme temps, Ă©trangers Ă  la notion de production : les 340 milliards sont prĂ©cisĂ©ment imposĂ©s sur la production, nous prĂ©cisons encore, patronale ou employale n’y change rien. Les 340 milliards payĂ©s sont investis dans la consommation. Certes, dira-t-on, mais une partie de cette consommation, investie dans une consommation de luxe par des pensionnĂ©s de la retraite qui, par ailleurs, ont les moyens de se dĂ©penser ! N’importe : une cotisation versĂ©e dans l’économie de la prĂ©voyance est investie dans le capital : une retraite payĂ©e par une Ă©conomie de la prĂ©voyance est prĂ©levĂ©e sur un fond de garantie. Qu’on confonde le capital et la garantie, c’est le capital qui est absorbĂ© : dans l’état social actuel, chaque cotisation payĂ©e consomme le capital. On finance des EHPAD : on finance de l’employabilitĂ©. Une Ă©conomie de la trique ! Au moins le nazi et le colon voyaient plus grand ! Recasernement du personnel ! Le laissait pas se justifier par lui-mĂȘme ! On verrait lĂ  le signe de dĂ©clin de l’occident français : le mĂ©lange du genre bourgeoisĂ© avec le bifide socialiste : la carpe et le lapin reproductivisĂ© une fois l’un l’autre fois l’autre. Si ça fait de la gaudriole ! Pour ça y a du sujet ! RĂ©current cause reproduction !

On comprend de cette façon le coĂ»t social d’une politique sociale : les profiteurs de cette politique du plafond sont en gĂ©nĂ©ral des individus qui n’ont jamais Ă©tĂ© productifs : avocats mĂ©decins professeurs dirigeants de la politique sociale cadres de la politique industrielle : on cite : sont pas productifs parce qu’ils emploient pas le profit du produit mais son salaire : ceux qui la paye sur le coĂ»t de la cotisation et sur celui de la dĂ©croissance du capital : ceux donc qui supportent la politique sociale sont prĂ©cisĂ©ment ceux qui l’emploient le profit reproduit socialistement : les ouvriers du capital sont ainsi privĂ©s de leur moyen de l’exploiter : la carpe : le lapin : un socialo de droits : le socialisme est non seulement trĂšs inĂ©galitaire : il procĂšde Ă  la reproduction : trĂšs injustifiable : justifie sa sociabilitĂ© en exploitant le profit Ă  notre place : mais en plus il procĂšde Ă  la disparition du moyen propre de diriger la sociĂ©tĂ© vers son Ă©volution : la compĂ©tition entre valeur du salaire et valeur du profit. Le terme classique de dĂ©sapparition a ici toute sa place : il a cette signification prĂ©cise : la dĂ©sapparition culturelle : la politique d’un Ă©tat de confiscaliser Ă  ses oppresseurs leur existence.

Le marchĂ© d’une Ă©conomie capitaliste est tout Ă  fait dĂ©mocratique au sens de la libertĂ© de la morale populaire Ă©videmment : l’emploi du capital public est dĂ©terminĂ© par l’exercice que chacun a de ce capital, cumulativement, si l’on peut dire. Des groupes de personnes revendiquent l’utilisation de ce capital par leur cohĂ©sion objective : plus il y a de personnes qui achĂštent un Iphone, et plus le capital disponible pour le produire augmente : ce qui n’empĂȘche personne de ne pas en acheter, et qui interdit Ă  quiconque d’en restreindre l’achat. C’est donc le rĂšglement politique qui fait que l’emploi du capital est limitĂ© : si l’impĂŽt sur les salaires est une mesure publique, cela signifie deux choses complĂ©mentaires : nul ne peut prĂ©tendre ne pas payer d’impĂŽt, quelque soit la source de son revenu : la distribution du produit de cet impĂŽt est aussi Ă©galement rĂ©partie que sa composition. Que des personnes qui ont eu un revenu confortable toute leur carriĂšre, puisent dans l’impĂŽt des ressources supplĂ©mentaires est une imbĂ©cillitĂ©. Que l’on divise cet impĂŽt en autant de dividendes de rĂ©gimes, une invention de classes. Sans compter ceux qui ont encore un revenu professionnel qu’il cumule avec une pension de retraite, qui cumulent plusieurs pensions de retraite.

Les personnes ne peuvent pas avoir le choix de terminer leur carriĂšre professionnelle : qui dĂ©ciderait alors de l’ñge, des annuitĂ©s, de la vĂ©tustĂ© sanitaire ? Chacun peut, durant sa carriĂšre, prendre sur son revenu pour se constituer une pension complĂ©mentaire : si la liquidation des droits est un choix personnel, comment se pourrait-il que la sociĂ©tĂ© en soit responsable ? Aucune solution n’est acceptable : une cotisation payĂ©e par tous, et reversĂ©e Ă  tous, suppose qu’on la verse aussi Ă  ceux qui aurait eu les moyens d’avoir une retraite privĂ©e : en toute matiĂšre, nous n’oublions pas que 30% de 10 000 et 30% de 100 000 font toujours 30%, mais qu’il reste plus Ă  l’un qu’à l’autre, ce qui compte dans une Ă©conomie de marchĂ©. Mais il est tout autant Ă©vident que, si tous payent, tous doivent en avoir l’usage.

Que l’on donne plus Ă  un pensionnĂ©, cela suppose certainement qu’un autre aura moins : ce qu’il prendrait en plus de sa part, diminuera ce qu’un autre en recevra. C’est ce qu’il se passe aujourd’hui : les justificateurs d’une telle situation lĂ©galisent par consĂ©quent le vol, qui plus est publiquement et public, sous le prĂ©texte mais aussi les arguments d’un gestion sociale de la france. Faire une concurrence dans les droits Ă  la retraite est certainement pire que ce que fait le marchĂ© : mais le marchĂ© a pour lui de le faire au nom d’une utilitĂ© Ă©conomique, d’une compĂ©tence : on peut penser que les personnes soient concurrentes, mais c’est oublier qu’il y a aussi des compĂ©tences. Dans le cas de la retraite, quelle est la compĂ©tence expresse d’untel Ă  la retraite ? Celui Ă  60 000 euro de retraite annuelle, sans compter tout ce que nous n’avons pas compter par l’impatience de lire les extraits de la lĂ©gislation prothĂ©tique de la SĂ©curitĂ© Sociale, celui-ci a-t-il plus de compĂ©tence en tant que retraitĂ©, que celui qui a 15 000 euro ? Socialistes vrais bourgeois ! Le principe d’un droit, en tout cas d’un droit dĂ©mocratique, c’est que celui-ci n’est pas dĂ©terminĂ© par ce qu’on fait ni par ce qu’on a fait. Une entreprise d’assurance-retraite ferait sans doute la mĂȘme chose que l’état français : sinon, qu’elle regarderait sa comptabilitĂ©, la fameuse garantie, avant d’accorder libĂ©ralement des droits nouveaux : sinon, qu’elle investirait les cotisations dans des capitaux, plutĂŽt que de les investir dans des bulletins de vote. Chacun son mĂ©tier ! Le socialiste, il dĂ©mocratise l’urne.

En effet, le programme de retraite proposĂ© par le ministĂšre de l’intĂ©gration française et son gouvernement, repose sur des cotisations obligatoires payĂ©es par les personnes qui ont un emploi et un revenu affĂ©rent – ces cotisations sont payĂ©es par le salariĂ© lui-mĂȘme sur sa fiche de paye et par l’employeur dans sa comptabilitĂ© : rĂ©sumons : les cotisations sont payĂ©es au titre d’emploi dĂ©clarĂ© donc du travail supposĂ© : ces cotisations abondent un fonds qui sert Ă  payer les pensions des 17 millions de personnes qui ont actuellement des droits accordĂ©s par l’administration de ce programme : la thĂ©orie de ce droit Ă  pension et Ă  la retraite repose sur le fait que ces personnes ont dĂ©cidĂ©es volontairement ou pas censĂ©ment ou pas de liquider leurs droits puisqu’il y a plusieurs rĂ©gimes de retraites en france mais un seul rĂ©gime d’administration ce qu’indique assez le mot obligatoire lorsqu’il s’agit de la retraite ou de la cotisation.

Il se pourrait que l’on puisse aussi parfaitement soutenir le contraire, en ce que les personnes pensionnĂ©es et retraitĂ©es seraient fabriquĂ©es par la sociĂ©tĂ© et son Ă©tat socialiste : par sa gouvernance elles auraient d’elles-mĂȘmes cotisĂ©es leur pro rata, que l’on peut bien traduire par pour le rata vu ce que signifie ontologiquement et matĂ©riellement le salaire pour la plupart des personnes en france, et pour l’ensemble des personnes civilisĂ©es qui rĂ©sident en ce mĂȘme pays : on pourrait donc dire, sans trop pousser la dĂ©cence, qu’un tel ouvrage inspirĂ© par une telle gouvernance ne fabriquerait pas des personnes douĂ©es de libertĂ©, mais qu’il prĂ©fĂ©rerait plutĂŽt les dĂ©truire individuellement, les uns aprĂšs les autres : en effet, cette sociĂ©tĂ© socialiste de production ferait disparaĂźtre la cause de sa constitution et de le raison sociale de son abondement, ou, dit de façon plus directe, elle dissimulerait les raisons de son pouvoir de payer les retraites, si elle s’estimait crĂ©atrice de protection sociale, d’une prĂ©voyance-retraite gĂ©nĂ©rale, complĂ©mentaire et supplĂ©mentaire (1re classe), sa puissante raison d’état dĂ©truirait le travail rĂ©munĂ©rĂ© pour lui prĂ©fĂ©rer des individus dĂ©pendants de sa fourniture.

La production des personnes, physiques, dans un tel schĂ©ma programmatique disparaĂźtrait dans la production de personne, morale, sur lesquelles il est sans doute plus facile pour un politique, et sa compagne la politique, de compter pour dĂ©fendre les valeurs rĂ©publicaines, puisque ces dites personnes « leur devront tout Â». La raison socialiste de production d’un rĂ©gime national de retraite emporte la raison morale du droit des personnes, aussi bien Ă  travailler qu’à avoir accĂšs Ă  une assurance-prĂ©voyance : au contraire de ce que pourrait laisser Ă  penser son titre, cet Ă©tat valorise l’entreprenariat, puisque dans sa sociĂ©tĂ©, ce seront les seuls aux cĂŽtĂ©s des capitalistes suffisants, Ă  avoir leur siĂšge dans la salle d’attente : les autres devront patienter dans le couloir qu’on les appelle, les uns aprĂšs les autres.

P.-S.

imaginons : ceux qui ont moins que la retraite moyenne se disputer avec ceux qui ont plus et qui voudront conserver ce bĂ©nĂ©fice indĂ». Ce sera non seulement vivifiant, mais : si on invite cette question dans le discours public, en un an l’état perdra une partie importante de ses moyens Ă  diriger : en deux ans, il n’aura plus les moyens de dire quoi que ce soit. La retraite, c’est l’alpha de la politique : et c’est un tiers de la comptabilitĂ© publique. Si la question se pose sur les retraites, elle se posera, sur tout, partout : les grandes Ă©coles, l’assurance chomage, l’impot Ă  la consommation. C’est un angle Ă  ne pas nĂ©gliger. DĂ©clarer la retraite Ă©gale, c’est annoncer la mort de l’état tel qu’il est en france depuis des siĂšcles : c’est pas nous qui changeront quoi que ce soit. Ce qu’on peut faire, c’est balancer le pavĂ© dans la vitrine : si les gens y sont sensibles, ca marchera. Toutes les vieilles ficelles de l’état seront paralysĂ©es : que feront les syndicats ? Que proposeraient les partis ? La SS et la gestion du chomage, c’est 70% de la comptabilitĂ© publique. Si les gens dĂ©cident de mettre le nez dedans, ça va sentir. Imaginons les flics et les profs, les mĂ©decins, les avocats qui se battent pour leur retraite. Ce serait de l’inĂ©dit. Ca le ferait leur grand dĂ©bat.




Source: Lenumerozero.info