Septembre 19, 2021
Par Lundi matin
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Alors que la catastrophe Ă©cologique est dĂ©jĂ  bien entamĂ©e, les projets inutiles, imposĂ©s et destructeurs continuent de se multiplier dans le Nord de la France, et plus largement sur l’ensemble du territoire français.

Faire transiter des papillons de l’Amazonie au Pas-de-Calais ; construire d’éniĂšmes entrepĂŽts logistiques gigantesques sur des terres agricoles ; bĂątir des Ă©co-quartiers et une piscine sur une friche Ă  la bio-diversitĂ© riche ; continuer la course en avant de l’agro-industrialisation avec des usines Ă  saumons, des poulaillers gĂ©ants et des usines Ă  frites surgelĂ©es. Tous ces projets ont en commun de rĂ©pondre Ă  la mĂȘme logique mortifĂšre du capitalisme, Ă  grand coup d’accaparement, de bĂ©tonisation des terres et de marchandisation du vivant.

Nous, collectif lillois « Agir contre Tropicalia Â» avons rĂ©pondu Ă  l’appel d’agir contre l’intoxication du monde et contre ceux qui nous empoisonnent. Nous en partageons ici le rĂ©cit.

* * *

Tropicalia (dont il avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© question dans lundimatin) est un projet de construction de « la plus grande serre Ă  Ă©nergie positive au monde Â» Ă  Rang-du-Fliers, Ă  quelques kilomĂštres de Berck et de la trĂšs belle baie d’Authie. InstallĂ©e sur une dizaine d’hectares agricoles, cette serre tropicale sera chauffĂ©e Ă  28 degrĂ©s toute l’annĂ©e et enfermera de nombreux reptiles, amphibiens et autres papillons.

Ce parc Ă  vocation touristique a comme ultime ambition de sauver l’humanitĂ© de son tragique destin. En plus d’user de « green-tech Â» pour pouvoir chauffer la serre, de prĂŽner un tourisme durable, d’avoir des papillons importĂ©s de circuits vertueux, Tropicalia assure avoir une mission pĂ©dagogique : sensibiliser au vivant et Ă  la bio-diversitĂ© sur fond de dĂ©paysement garanti.

On en oublierait presque qu’à quelques pas de là, la richesse de la baie d’Authie existe.

La mise sous cloche de toute une biodiversitĂ© importĂ©e, la destruction de terres agricoles si prĂ©cieuses, le dĂ©placement constant d’espĂšces et la mise au travail du vivant afin de vendre des billets d’entrĂ©es. VoilĂ  en quelques mots ce qui pourrait rĂ©sumer ce sinistre projet.

Tropicalia, ainsi que ses promoteurs, ne font que prolonger le désastre écologique.

À nous de les arrĂȘter.

17 septembre Ă  Lille

Au matin du 17 septembre flottait sur le pĂ©riphĂ©rique lillois une banderole appelant Ă  refuser Tropicalia ainsi que l’ensemble des projets destructeurs.










L’aprĂšs-midi fut marquĂ©e par une action sur la Grand’Place, armĂ©e d’instruments Ă  percussions et de textes informatifs Ă  distribuer, appelant notamment Ă  la manifestation du lendemain Ă  Montreuil-sur-Mer. « Qu’attendons nous pour agir et dĂ©faire ceux qui nous empoisonnent ? Â» pouvions-nous lire sur ces tracts. Cette action fut notamment ponctuĂ©e par la prĂ©sence surprise du ministre de l’IntĂ©rieur sur cette mĂȘme place du centre-ville, amenant son lot d’hommes et de femmes des renseignements, agents de la BAC, etc.











18 septembre Ă  Montreuil-sur-Mer

Nous Ă©tions plus d’une centaine rassemblĂ©.e.s devant la mairie de Montreuil-sur-Mer pour participer Ă  la manifestation organisĂ©e par le collectif « Non Ă  Tropicalia Â». Montreuil est une citĂ© mĂ©diĂ©vale entourĂ©e de remparts, Ă  quelques kilomĂštres de Rang-du-Fliers. Elle est connue principalement pour ĂȘtre la ville oĂč se dĂ©roule une partie du rĂ©cit des MisĂ©rables de Victor Hugo.





Sous un soleil de plomb et une chaleur assommante, plusieurs prises de paroles s’enchaĂźnent. La mĂȘme idĂ©e persiste : ce n’est pas juste contre Tropicalia que nous luttons, mais bel et bien contre son vieux monde et sa sinistre logique. Étaient prĂ©sents de nombreux collectifs, dont plusieurs camarades de luttes voisines. Des amies d’XR Amiens venues nous parler du projet de BorĂ©alia (La transformations de plusieurs dizaines d’hectares de terres agricoles en ZAC) ainsi que des membres du collectif « Non Ă  la MĂ©thanisation Ă  Bailleul Â».





La solidaritĂ© entre les luttes semble presque naturelle tant les projets d’accaparement et de saccage des terres agricoles viennent raconter la mĂȘme histoire : celle du mĂ©pris des milieux vivants, de celles et ceux qui y habitent, et du dĂ©sastre en cours.

AprÚs ces prises de paroles, nous avons déambulé dans Montreuil. Avant de se quitter, nous nous sommes promis de nous revoir rapidement pour faire tomber une bonne fois pour toute ces promoteurs de malheur et fossoyeurs de tropiques.


Pour reprendre [l’appel des soulĂšvements de la terre-https://lessoulevementsdelaterre.org] : « entre la fin du monde et la fin de leur monde, il n’y a pas d’alternative Â».

Collectif lillois « Agir Contre Tropicalia Â»

Pour plus d’informations : nonatropicalia.fr

collectifnonatropicalia at gmail.com

Pour nous rejoindre depuis Lille : contretropicalialille at riseup.net




Source: Lundi.am