Août 23, 2021
Par Le Monde Libertaire
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La statue de la libertĂ© Ă©clairant le monde qui est situĂ©e Ă  l’embouchure de l’Hudson Ă  New-York est une insulte envers les peuples et surtout les femmes. D’autant qu’elle est reprĂ©sentĂ©e par une FEMME qui brandit cette flamme dite de la libertĂ©.

Ils sont complices

Quelle fumisterie et quelle hypocrisie de la part des dirigeants politiques amĂ©ricains mais Ă©galement de ceux des pays europĂ©ens, de la Russie et de la Chine. Lorsque l’on sait que le retrait des troupes amĂ©ricaines a Ă©tĂ© nĂ©gociĂ© par les dirigeants amĂ©ricains avec les talibans et de longue date.
La Chine a annoncĂ© qu’elle souhaite des relations amicales avec les talibans. La Russie est omniprĂ©sente dans le pays.
Quant Ă  la France par la voix de son grand dĂ©fenseur des droits de l’homme, Macron, elle vient de dĂ©clarer qu’elle souhaite privilĂ©gier des relations diplomatiques avec les talibans pour tenter de prĂ©server la sĂ©curitĂ© des Afghans qui ont collaborĂ© avec l’administration française (ambassade, armĂ©e, hĂŽpitaux…)
Aujourd’hui, tous ces valeureux dĂ©fendeurs des libertĂ©s, de la cause des femmes voudraient une fois de plus nous enfumer en nous faisant croire qu’ils n’y sont pour rien face Ă  l’avancĂ©e des talibans sur le pays. Ils sont – disent-ils – Ă©tonnĂ©s de la rapiditĂ© de la prise du pouvoir des talibans. Ils se taisaient sur les crimes que commettaient les talibans pour asseoir, leur pouvoir. Tant que cela se passait loin de la capitale Kaboul, les exactions n’étaient pas relayĂ©es par les mĂ©dias complaisants.
Or, ils n’étaient pas sans le savoir que depuis le mois de mars, les talibans ont commencĂ© Ă  occuper les capitales provinciales, que le 12 aoĂ»t, ils contrĂŽlaient plus de 10 d’entre elles et qu’ils commettaient des crimes horribles comme la dĂ©capitation et l’enlĂšvement de fillettes pour les marier Ă  des combattants.

La peur s’est installĂ©e
Des attentats sanglants contre les femmes « impies » se multiplient. Selon la journaliste Meena Maram, le peuple vit déjà sous la menace :
« Quand je pars de chez moi, je ne sais pas si je rentrerai vivante. Avec nos stylos, nos caméras ou nos microphones, nous sommes des cibles. »
Le 2 mars, trois femmes journalistes ont Ă©tĂ© abattues dans la province de Nangarthar, Ă  l’est du pays, en pleine rue, alors qu’elles rentraient Ă  pied de leur travail.
« Les talibans nous envoient des messages de menace pour nous faire peur et nous inciter Ă  rester Ă  la maison. Si les talibans viennent au pouvoir, je devrais rester Ă  la maison. Je vais tout perdre, mes annĂ©es d’éducation et mon travail. Ils tuent tous ceux qui ont travaillĂ© avec le gouvernement et qui ont collaborĂ© avec les puissances Ă©trangĂšres »
Deux déplacé.es de Kunouz, une province afghane, Abdulmanan racontent :
« Les talibans ont attrapĂ© un de mes fils par la tĂȘte, comme s’il Ă©tait un mouton, ils l’ont dĂ©capitĂ© avec un couteau, et ont jetĂ© sa tĂȘte. Je ne sais pas si son corps a Ă©tĂ© mangĂ© par les chiens ou enterrĂ©. »
Bibi Ma, une veuve qui vit avec sa fille et ses onze petits-enfants tĂ©moigne de l’extrĂȘme violence que font rĂ©gner les talibans :
« Je n’ai pas d’argent pour m’occuper d’eux. Ils demandent Ă  voir leur pĂšre… mais leur pĂšre est mort il y a quatre jours, quand une roquette a atterri Ă  la porte de leur maison Ă  Kunouz, »
Selon l’ONU, Ă  la fin du mois de mai 250 000 personnes ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es dont 80% de femmes et d’enfants.
« Les femmes avaient l’interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler et les filles d’aller Ă  l’école. Les femmes accusĂ©es de crimes tels que l’adultĂšre Ă©taient fouettĂ©es et lapidĂ©es. Il est particuliĂšrement horrifiant et dĂ©lirant de voir que les droits durement acquis par les filles et les femmes afghanes sont en train de leur ĂȘtre enlevĂ©s. » a dĂ©clarĂ© le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies, Antonio Gutteries.

Ils soufflent le chaud et le froid
Comme on peut le constater, toutes les déclarations du président Macron et de son ministre des affaires étrangÚres Le Drian sont en contradiction avec les informations des Nations unies et les témoignages des Afghans et des Afghanes qui subissent les atrocités des talibans.
C’est Macron, le valeureux dĂ©fenseur des droits de l’homme, qui « promet de mettre en sĂ©curitĂ© nos compatriotes ainsi que tous les Afghans qui ont travaillĂ© pour la France… La France, a-t-il dit, poursuivra la lutte contre le terrorisme islamique sous l’égide du conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, pour anticiper et nous protĂ©ger (sic) contre des flux migratoires irrĂ©guliers, avec nos partenaires europĂ©ens (re sic). » ConcrĂštement, il y a les bons ceux qui ont collaborĂ© pour la France et les mauvais, c’est-Ă -dire Afghan.es lambda qui n’ont pas travaillĂ© pour la France et ne pourront pas migrer.

Et que penser de la déclaration de Jean-Yves le Drian, le ministre des affaires trÚs étranges :
« Quand on prend le pouvoir par la force, on est pas lĂ©gitime » … et plus loin, « Ils disent vouloir acquĂ©rir la respectabilitĂ©, l’honorabilitĂ©. C’est Ă  eux de faire la preuve, la meilleure preuve serait de faire en sorte qu’il y ait un gouvernement de transition qui soit vraiment inclusif et qui montre qu’ils veulent respecter le droit, mettre fin aux violences et faire en sorte que les populations civiles se sentent en sĂ©curitĂ©. »

Toutes ces dĂ©clarations puent l’hypocrisie. De tels propos ne peuvent qu’encourager les talibans dans leur soif de pouvoir. Ces valeureux dĂ©fenseurs des droits de l’homme ne sont pas sans savoir que la prise du pouvoir des talibans s’est faite dans la violence et le crime et notamment contre les femmes et les filles. Ils savent que les talibans au nom de la « charia » vont instaurer la rĂ©pression, l’obscurantisme et le totalitarisme durablement. La charia, c’est : pas de sĂ©paration entre la religion et l’État, la religion Ă©rigĂ©e en principe politique, le rejet de la science, la religion enseignĂ©e Ă  l’école, les Ă©coles fermĂ©es aux filles, le droit des femmes bafouĂ©… Il ne faut pas ĂȘtre grand clerc pour comprendre que ce sont les femmes qui paieront et qui en seront les principales victimes.
S’ils avaient une rĂ©elle volontĂ© d’arrĂȘter le massacre, ils ont les moyens le faire mais pour cela il faut le vouloir. Car 100 000 talibans, 1000 membres de Daech (organisation terroriste, militaire et politique) et 500 membres d’ Al QaĂŻda (organisation terroriste islamique) ne pĂšseraient pas lourd contre une intervention militaire.
Seulement, le gaz de schiste de l’Afghanistan n’intĂ©resse plus les AmĂ©ricains puisque le sol de l’AmĂ©rique en regorge alors ce pays dit dĂ©mocrate prĂ©fĂšre abandonner le peuple Afghan aux mains de tortionnaires.
Si les talibans sont arrivĂ©s au pouvoir c’est avec la complicitĂ© des AmĂ©ricains, des Chinois, des Russes et des dirigeants europĂ©ens et, contrairement Ă  la propagande, cette conquĂȘte du pouvoir ne s’est pas faite pacifiquement. Beaucoup, de sang d’innocents a Ă©tĂ© versĂ© et de crimes ont Ă©tĂ© perpĂ©trĂ©s, n’en dĂ©plaise Ă  Messieurs Macron et Le Drian.
Cependant, des Afghans et des Afghanes Ă  l’image de Meena Maram ont dĂ©cidĂ© de se battre contre l’oppresseur, elle dit:
« L’immigration n’est pas une solution. Je reste ici et je me bats pour informer et pour soutenir le droit des femmes. »

Contrairement aux irresponsables politiques nous les anarchistes nous n’avons pas l’immigration sĂ©lective et nous respectons celles et ceux qui veulent rester dans le pays. Tout en nous battant pour que toutes les personnes qui souhaitent quitter le pays parce qu’elles s’estiment en danger de mort puissent le faire sans contrainte et notamment les anarchistes qui seront une des cibles privilĂ©giĂ©es des talibans.
D’autant que les anarchistes luttent contre l’obscurantisme contre les religions, contre la notion de « race », qu’ils militent pour l’abolition des frontiĂšres et considĂšrent que le monde n’est qu’un.
Chaque individu lĂ  oĂč il se trouve doit pouvoir circuler librement et sans contrainte de par le monde sans justifier sa prĂ©sence ni de son identitĂ© Ă  tel ou tel endroit.. Il doit pouvoir y rester le temps qu’il le souhaite.




Source: Monde-libertaire.fr