Mai 12, 2016
Par Collectif Emma Goldman
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À Québec, des militant-e-s pour le droit au logement ont occupé pendant plus de 24h un bâtiment abandonné, au 485 rue Raoul-Jobin dans le quartier Saint-Sauveur. L’action s’inscrit dans la semaine d’occupation de terrains et de bâtiments initiée par le FRAPRU. Retour sur cette occupation avec deux textes et des photos provenant de la page Facebook du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. 
Naissance d’un squat en Basse-Ville.
Les groupes de Québec du FRAPRU ont commencé mercredi midi l’occupation prolongée d’un bâtiment abandonné depuis plusieurs années pour réclamer du logement social.
Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le Comité logement d’aide aux locataires et le Comités des citoyennes et des citoyens du quartier Saint-Sauveur ont ouvert un squat dans le quartier Saint-Sauveur au terme d’une manifestation d’une centaine de personnes qui a marqué le quatrième jour de la semaine d’occupation de terrains et de bâtiments initiée par le Front d’action populaire en réaménagement urbaine (FRAPRU). Les squatteurs réclament que les gouvernements fédéral et québécois investissent davantage dans le logement social. Le squat est situé dans l’immeuble situé au 485 Raoul-Jobin et sur le terrain adjacent dans le quartier Saint-Sauveur. Pour l’instant, le Service de police semble tolérer l’occupation dont la durée est indéterminée.
 
Marie-Joëlle Lemay-Brault, porte-parole du Comité des citoyennes et des citoyens du quartier Saint-Sauveur a affirmé à l’ouverture du squat que « la présente occupation prouve notre détermination à tout mettre en œuvre afin que le droit au logement devienne une réalité pour l’ensemble des personnes et des familles de Québec ». Elle a ajouté : « L’occupation d’aujourd’hui vise aussi à démontrer que ce ne sont pas les lieux qui manquent pour réaliser du logement social au centre-ville. Ces logements ne pourront cependant se réaliser que si les autorités en ont la volonté politique et si les gouvernements financent beaucoup plus de logements sociaux à l’échelle du Québec. » 
Le FRAPRU rappelle que le dernier budget québécois a, pour une deuxième année consécutive, prévu de ne financer que 1500 nouveaux logements sociaux au Québec, ce qui est deux fois moins qu’avant 2015. Il précise que le gouvernement Couillard pourrait immédiatement dépasser cet objectif s’il acceptait d’utiliser à cette fin les sommes additionnelles qu’il recevra d’Ottawa. François Saillant, le coordonnateur du FRAPRU, explique : « Dans son propre budget, le gouvernement fédéral de Justin Trudeau a annoncé un accroissement sensible de ses investissements dans le logement abordable. En deux ans, le Québec recevra en moyenne trois fois plus d’argent pour ses programmes d’aide aux ménages mal-logés que ce n’était le cas jusqu’ici. Il faut absolument que cet argent aille au logement social qui est la seule façon s’assurer du logement réellement abordable et ce, sur une base permanente. »   
 
Les groupes de Québec du FRAPRU estiment cependant qu’il faudra beaucoup plus pour s’attaquer à toute l’ampleur des problèmes de logement. Selon les chiffres mêmes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, pas moins de 270 000 ménages locataires ont des besoins impérieux de logement au Québec, dont 23 440 dans la région métropolitaine de Québec.   
 
Le FRAPRU revendique que les deux paliers de gouvernement investissent des sommes suffisantes pour que 50 000 nouveaux logements sociaux puissent se réaliser en cinq ans au Québec. Pour ce faire, il exige notamment que l’actuel programme québécois de logement social, AccèsLogis, soit maintenu et que son budget soit augmenté.

Vie et mort d’un squat.

Lecture de l’avis d’éviction.
Québec, 12 mai 2016 – Le squat du 485 Raoul-Jobin a été évincé ce matin vers 10h30 par le Service de police de la Ville de Québec à la demande du propriétaire des lieux. Après lecture de l’avis d’éviction par le propriétaire, les occupant-e-s ont quitté les lieux pacifiquement et les ouvriers de la construction ont barricadé l’édifice. On ne déplore ni violence, ni arrestation.  
 
Les personnes qui ont participé à l’occupation ne voient pas l’éviction du squat comme une défaite. Au contraire, le maintien de l’occupation pendant 24h a montré que, même en 2016, des actions directes ambitieuses pour le droit au logement étaient encore possibles. De plus, l’expérience du squat et de la solidarité concrète des nombreuses personnes venues en soutien fut très enrichissante.   
 
L’occupation du 485 Raoul-Jobin était coordonnée par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le Comité logement d’aide aux locataires et le Comités des citoyennes et des citoyens du quartier Saint-Sauveur dans le cadre d’une semaine d’occupation de terrains et de bâtiments initiée par le FRAPRU.   
 
Rien n’est terminé, la lutte pour le droit au logement continue!



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