Mai 10, 2022
Par Archives Autonomie
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La bourgeoisie internationale, les exploiteurs de toutes sortes et de toutes nuances triomphĂšrent en ces mois d’aoĂ»t-septembre 1939 quand le dĂ©clenchement de la 2Ăšme guerre impĂ©rialiste fut possible.

En effet par une longue et minutieuse prĂ©paration matĂ©rielle (budgets d’armement, nationalisation, concentration des industries lourdes, contrĂŽle de la production par l’État, rĂ©quisition de la main d’Ɠuvre, augmentation progressive de la durĂ©e du travail, suppression des formes dites “sociales”) et prĂ©paration morale (dĂ©mocratie contre fascisme, pour la dĂ©fense des libertĂ©s dĂ©mocratiques, pour une paix durable, pour la justice sociale d’une part, pour l’espace vital, pour une Europe nouvelle, pour un monde nouveau, pour une collaboration de classe, systĂšme corporatif de gestion, etc. de l’autre), tous les gouvernements reprĂ©sentants des classes exploiteuses ont rĂ©ussi Ă  Ă©craser les Ă©lĂ©ments rĂ©volutionnaires du prolĂ©tariat mondial. Rares Ă©taient les individus abandonnĂ©s Ă  eux-mĂȘmes qui osaient rĂ©sister Ă  la terrible vague de chauvinisme qui dĂ©ferlait sur le monde entier. Tous, gouvernements capitalistes, syndicats, “socialistes”, “communistes”, nazis, dĂ©mocrates hurlaient, s’agitaient, expliquaient aux prolĂ©taires leurs devoirs, leurs tĂąches, leur patriotisme. Les exploitĂ©s n’allaient pas se battre et se sacrifier pour de vilaines raisons de profits ou de conquĂȘtes. Pas du tout ! Ils partaient pour libĂ©rer le monde, pour la justice, et pour une paix durable, qui doit suivre paraĂźt-il la guerre. Naturellement tout cela ne va pas sans casse, il faut que les ouvriers et paysans s’entre-massacrent d’abord, qu’ils s’étripent, qu’ils se lancent loyaux et convaincus dans la bagarre.

Il y a cinq ans de cela !

Nous autres, communistes révolutionnaires, nous avons prédit, crié, gueulé, colporté tout cela par nos maigres moyens.

Nous disions en 36 qu’il fallait aller plus loin dans la voie rĂ©volutionnaire ;

Qu’il ne fallait pas se fier aux garanties constitutionnelles d’un gouvernement bourgeois, aussi “Front Populaire” soit-il ;

Qu’il fallait s’opposer par tous les moyens Ă  la guerre par la grĂšve, les occupations d’usine ;

Qu’il fallait pratiquer une politique rĂ©volutionnaire, internationaliste contre tous les gouvernements.

Et l’on pourrait Ă©crire des pages et des pages sur les efforts et tentatives sans cesse renouvelĂ©es de des quelques groupes et individus.

On pourrait écrire des pages et des pages sur les tristes raisons qui ont conduit nos camarades dans les usines à méconnaßtre et refuser NOTRE propagande et NOS propositions, pour accepter celles de la bourgeoisie internationale.

Il y a cinq ans de cela !

Au prix d’un travail patient, pĂ©nible, souvent pĂ©rilleux, exigeant une discipline continuelle, au milieu d’un torrent de sang, de larmes de bombardements, de destructions, rĂ©fractaires aux exhortations des impĂ©rialismes anglais, allemand, russe ou amĂ©ricain, privĂ©s de travail, de cartes d’alimentation, se rĂ©fugiant dans de fausses identitĂ©s, nous n’avions qu’une idĂ©e devant nous, un but.

Au milieu de la guerre impĂ©rialiste, il reste une force compacte indispensable au fonctionnement du rĂ©gime capitaliste et parfaitement capable de le renverser : LE PROLÉTARIAT.

Sa politique est celle du défaitisme révolutionnaire dans tous les pays.

Son devoir est de s’organiser CONTRE tous ceux qui, sous quelque prĂ©texte que ce soit, veulent envoyer les masses Ă  la tuerie.

Le moyen est la rĂ©volution prolĂ©tarienne dont les armes sont le Parti et les comitĂ©s d’usine.

Si malgrĂ© toutes les dĂ©ceptions et toutes les difficultĂ©s nous sommes restĂ©s fidĂšles Ă  cette conception, c’est que nous pensons que TOUT CELA EST TOUJOURS POSSIBLE.

Camarades rĂ©flĂ©chissez : la guerre dure depuis cinq ans. Qui la fait ? Qui la paie ? Qui en souffre ?

Qu’avez-vous fait pour vous, contre la guerre et ses causes ?

Le combat a commencĂ© sur le sol français. Le gouvernement PĂ©tain vous engage Ă  suivre l’impĂ©rialisme allemand, le gouvernement d’Alger vous engage Ă  suivre l’impĂ©rialisme anglo-russo-amĂ©ricain, et nous autres, communistes rĂ©volutionnaires, nous vous disons : Ni l’un ni l’autre, dĂ©faitisme rĂ©volutionnaire et sabotage en face de la politique impĂ©rialiste, fraternisation entre soldats allemands, anglais, russes, etc. ; formation des comitĂ©s d’usine, prise en main de la gestion Ă©conomique, dictature du prolĂ©tariat sur les classes exploiteuses.

Nous savons que les mots d’ordre doivent ĂȘtre discutĂ©s, compris, acceptĂ©s par un grand nombre d’ouvriers.

Nous savons qu’il y a parmi vous beaucoup de militants illĂ©gaux, qui risquent leur vie, qui sont sincĂšres mais qui sont dans l’erreur, nous vous disons :

N’ayez confiance que dans ceux que vous Ă©lisez,

N’ayez confiance que dans le contrîle que vous exercez,

N’ayez confiance que dans l’organisation que vous crĂ©ez,

N’ayez confiance que dans la libertĂ© que vous arrachez et non pas en celle que l’on vous promet.

En un mot action de classe indĂ©pendante, rĂ©volutionnaire en face de toutes les tendances de la bourgeoisie qui veulent vous faire accepter et faire continuer la guerre contre vos frĂšres et Ă  l’encontre de vos intĂ©rĂȘts.

Comprendrez-vous notre appel ? Est-il dĂ©jĂ  trop tard ?

Des dizaines de milliers se sont posĂ© la question. Rappelez-vous ! Les semaines de 40 heures, 42 heures, 45 heures, 55 heures, 60 heures, 70 heures, la dĂ©bĂącle, l’exode, fascisme, travail obligatoire, prisonniers, bombardements, rationnements.

Comprenez notre appel, comprenez la cause de tout cela.

Les Communistes RĂ©volutionnaires Internationalistes vous demandent de vous organiser, d’agir en face de tous vos ennemis et vous rappellent le chemin difficile qu’ils ont fait, ils vous rappellent que si vous acceptez la victoire et la politique d’UN des impĂ©rialismes, que ce soit allemand, russe ou anglo-amĂ©ricain, vous vous soumettez Ă  la prĂ©paration de la 3Ăšme guerre impĂ©rialiste (dont l’ombre se dresse dĂ©jĂ , alors que celle-ci est encore en cours) qui suivra inĂ©vitablement celle-ci si la bourgeoisie parvient Ă  se consolider dans ses conquĂȘtes.

Il n’y a qu’une force crĂ©atrice en face des forces destructrices de la bourgeoisie, c’est la VÔTRE, ouvriers.

Il n’y qu’un moyen pour changer le monde de base, c’est la rĂ©volution prolĂ©tarienne.

Nous vous rappelons le passĂ© et le prĂ©sent, nous traçons l’avenir pour que vous puissiez concevoir clairement votre devoir de classe, sans lequel votre Ă©crasement sera total.

UNION DES COMMUNISTES INTERNATIONALISTES.




Source: Archivesautonomies.org