Un peu d’histoire

Le Mali est un pays trĂšs pauvre, 120Ăšme PIB mondial, 188Ăšme en terme de PIB par habitant, il est classĂ© 182Ăšme en terme de dĂ©veloppement (le tout sur 212 pays). C’est un pays enclavĂ© entourĂ© de pas mal de pays (SĂ©nĂ©gal, CĂŽte d’Ivoire, Burkina Faso, Niger, AlgĂ©rie, Mauritanie et GuinĂ©e) et en grande partie dĂ©sertique. C’est un grand pays, il fait deux fois la France, pour environ 20 millions d’habitants dont 2,5 millions Ă  Bamako (si on peut se fier aux statistiques), la capitale.

C’est pourtant un pays qui a un certain rayonnement en Afrique de l’ouest, notamment parce que c’est le berceau du plus grand empire qu’ait connu la rĂ©gion, l’empire du Mali, aux 13Ăšme – 14Ăšme siĂšcles. Cette tradition restĂ©e trĂšs forte explique peut-ĂȘtre qu’au-delĂ  de ses 13 langues reconnues (en plus du français, langue officielle), ce pays pouvait s’enorgueillir jusqu’à trĂšs rĂ©cemment d’une grande paix civile, sauf en ce qui concerne les touaregs, bien sĂ»r.

Devenu indĂ©pendant comme tout le monde en 1960, son premier prĂ©sident a Ă©tĂ© Modibo KeĂŻta, qui a tentĂ© de construire l’indĂ©pendance du pays et notamment de prendre des distances avec la France et d’oeuvrer pour le panafricanisme. Il a donc Ă©tĂ© renversĂ© par un coup d’Etat en 1968, par Moussa Traore dont la dictature a durĂ© jusqu’en 1991. On peut parler alors d’une rĂ©volution ou en tous les cas d’un dĂ©but de guerre civile, le principal pont de Bamako s’appelle encore le pont des Martyrs, en hommage aux Ă©tudiants contestataires qui y sont morts, qui s’est achevĂ©e par un coup d’Etat (eh oui, dĂ©jĂ  !) qui a mis fin Ă  la dictature et instaurĂ© une pĂ©riode de transition en promettant de rĂ©tablir la paix et de mettre en place des Ă©lections, ce qu’il a fait, Ă©lections auxquelles l’auteur du coup d’Etat ne s’est mĂȘme pas prĂ©sentĂ© (si si !).

DĂšs le dĂ©part, la dĂ©mocratie a Ă©tĂ© entachĂ©e par la corruption, qui existait bien sĂ»r du temps de la dictature, mais qui s’est en quelque sorte dĂ©mocratisĂ©e. Ceci dit, des efforts de dĂ©veloppement ont Ă©tĂ© entamĂ©s (construction de routes, de ponts, mise en place d’un rĂ©seau d’eau potable dans les villes, implantation d’écoles, de dispensaires, etc.). Le prĂ©sident, Alpha Omar KonarĂ©, a fait ses deux mandats, puis c’est l’auteur du prĂ©cĂ©dent coup d’état, trĂšs populaire Ă  l’époque, Amadou Toumani TourĂ© (ATT pour les Maliens), qui s’est prĂ©sentĂ© et a Ă©tĂ© Ă©lu en 2002. NĂ©o-colonie sous la tutelle de la France, le Mali avait quand mĂȘme conservĂ© de son histoire rĂ©cente l’absence de base militaire française et le refus de signer les accords concernant les sans papiers.

DĂšs le dĂ©part aussi, le problĂšme du Nord, c’est-Ă -dire en fait le problĂšme touareg, s’est posĂ©. En effet, l’animositĂ© entre les touaregs et les autres peuples du pays a toujours Ă©tĂ© importante, du fait notamment d’un passĂ© esclavagiste et de razzias, du fait aussi de la traditionnelle opposition entre nomades et sĂ©dentaires, et dĂšs que la poigne de la dictature se desserre, cette animositĂ© s’exprime. De plus, cette rĂ©gion est la plus pauvre et la moins dĂ©veloppĂ©e. Des accords ont alors Ă©tĂ© conclus, incluant des touaregs dans l’armĂ©e et Ă  des postes importants.

Enfin, la Libye a commencĂ© Ă  avoir une influence grandissante sur le pays, les investissements de Khadafi Ă©tant trĂšs recherchĂ©s. L’Arabie Saoudite aussi a Ă©tendu son influence, c’est le roi Fahd qui a construit le 2Ăšme pont de Bamako. Beau concentrĂ© de gĂ©opolitique, le 3Ăšme et dernier pont est chinois.

Le terrain de jeu de la France

Pour ĂȘtre complet, il faudrait dire terrain de jeu de la France et de l’AlgĂ©rie, pays avec lequel il y a une frontiĂšre importante. Une frontiĂšre dans un dĂ©sert peuplĂ© de nomades est une frontiĂšre qu’utilisent les terroristes et les bandits quand ils sont pourchassĂ©s. L’AlgĂ©rie s’est dĂ©barrassĂ©e d’une partie de son problĂšme terroriste et de son problĂšme touareg sur le nord du Mali.

En 2011, quand Nicolas Sarkozy s’est amusĂ© Ă  jouer le chef de guerre en Libye, le gouvernement savait trĂšs bien qu’il allait ainsi dĂ©stabiliser l’ensemble de la rĂ©gion. Notamment une partie des touaregs au service de Khadafi partent avec armes et bagages et se replient sur le nord du Mali, rĂ©gion nettement moins bien armĂ©e et plus pauvre qu’eux. Ce qui Ă©tait prĂ©visible arriva, dĂ©but 2012, le MNLA (mouvement national de libĂ©ration de l’Azawad, sĂ©paratistes touaregs) s’allie avec Ansar Dine, Mujao et Aqmi (groupes djihadistes/trafiquants touaregs en partie venus de Libye et d’AlgĂ©rie) pour attaquer l’armĂ©e malienne, et ils gagnent.

Le prĂ©sident ATT Ă©tait de plus en plus critiquĂ© pour sa gestion de cette affaire, et soupçonnĂ© de connivence avec les touaregs. Notamment, il avait nommĂ© ambassadeur en Arabie Saoudite un des chefs rebelles. Un mouvement de contestation de l’armĂ©e (menĂ© par les femmes des militaires) a commencĂ© aprĂšs le massacre d’Anguelhok oĂč plus de 100 militaires ont Ă©tĂ© Ă©gorgĂ©s. En mars 2012, Ă  un mois de la fin du mandat d’ATT qui ne se reprĂ©sentait plus, il est renversĂ© par un coup d’Etat menĂ© par des sous-officiers. La rĂ©bellion touareg s’empare du nord qui est conquis au dĂ©but de l’étĂ©, le MNLA proclame l’indĂ©pendance de l’Azawad, mais est chassĂ© de Gao par les islamistes. Ces derniers entament leur progression vers le sud. Entre temps, la France avait positionnĂ© ses troupes au Niger pour protĂ©ger ses mines d’uranium., qui sont Ă  la frontiĂšre avec le Mali.

En janvier 2013, les djihadistes prennent Konna, c’est-Ă -dire que la voie vers Bamako est ouverte. La France dĂ©cide alors d’intervenir. C’est l’opĂ©ration Serval devenue ensuite opĂ©ration Barkhane. Ibrahim Boubakar KeĂŻta (IBK pour les Maliens) est Ă©lu en aoĂ»t 2013. C’est lui qui vient d’ĂȘtre renversĂ©.

Une exaspération croissante contre la présence militaire française et la corruption

L’intervention militaire française a d’abord Ă©tĂ© accueillie avec soulagement. La population n’avait pas du tout envie d’ĂȘtre sous la coupe des bandits djihadistes. Il faut bien voir que ce sont avant tout des bandits dans le sens classique du terme, des trafiquants, et c’est ce qui fait leur richesse. Le vernis religieux lĂ©gitime la terreur qu’ils exercent sur la population. Et le courant de l’islam auquel ils prĂ©tendent se rĂ©fĂ©rer ne colle pas du tout avec la pratique religieuse telle que la conçoit la majoritĂ© de la population, une pratique rigoureuse en ce qui concerne les piliers de l’islam, mais fortement teintĂ©e de traditions proprement africaines et plutĂŽt tolĂ©rante, en tous les cas conciliante dans son esprit.

Dans un premier temps, la France (et les troupes tchadiennes) ont remportĂ© des victoires contre les rebelles et ont commencĂ© Ă  reprendre le nord. Mais dans le mĂȘme temps, des nĂ©gociations ont commencĂ© avec les groupes du nord, dont la France n’est pas officiellement partie prenante mais est quand mĂȘme la cheville ouvriĂšre, les « accords d’Alger  Â», signĂ©s en 2015. Ils sont terriblement compliquĂ©s. Un article recense 9 groupes armĂ©s signataires, 6 qui auraient souhaitĂ© y ĂȘtre inclus et 7 groupes djihadistes… Tous ces groupes un peu mouvants s’interprĂštent en terme de clans et de types de trafics bien sĂ»r.

La France a visiblement cherchĂ© Ă  jouer son propre jeu et Ă  nĂ©gocier sĂ©parĂ©ment avec les touaregs. Le filon d’uranium du Niger ne s’arrĂȘte sĂ»rement pas Ă  la frontiĂšre, pas plus que le pĂ©trole algĂ©rien. Le tout avec son habituel mĂ©pris colonial et l’habiletĂ© d’un Ă©lĂ©phant dans un magasin de porcelaine. L’armĂ©e malienne a Ă©tĂ© interdite d’entrer Ă  Kidal et mĂȘme les personnalitĂ©s politiques nationales doivent demander l’autorisation pour pouvoir y aller. Lorsque Macron est allĂ© prĂ©senter ses vƓux aux militaires français au Mali, non seulement il n’a demandĂ© aucune autorisation de survol, mais il n’a mĂȘme pas prĂ©venu les autoritĂ©s indigĂšnes.

Ces humiliations trĂšs mal vĂ©cues ont renforcĂ© la mĂ©fiance vis Ă  vis d’accords qui ressemblent beaucoup aux prĂ©cĂ©dents : promesses de morceaux de pouvoir aux chefs rebelles, et argent Ă  empocher sous couvert d’aide au dĂ©veloppement. Ce qui permet auxdits chefs de mieux asseoir leur pouvoir, et encourage Ă  la crĂ©ation de nombreuses factions armĂ©es pour rĂ©cupĂ©rer les miettes distribuĂ©es.

Et c’est un des motifs de la colĂšre des Maliens qui assistent Ă  la dĂ©sagrĂ©gation de leur pays avec la constitution de groupes armĂ©s ethniques, les uns cataloguĂ©s islamistes les autres loyalistes, mais lĂ  n’est pas vraiment le problĂšme, le problĂšme c’est la multiplication des conflits interethniques ou intervillageois. Le gouvernement est accusĂ© d’avoir financĂ© des milices qui ne font qu’aggraver le problĂšme. Il y a eu des scandales de villages encerclĂ©s appelant l’armĂ©e Ă  l’aide en vain, celle-ci n’arrivant pas Ă  obtenir d’ordres d’intervention. Massacres sous l’oeil de l’armĂ©e française. Les peuls notamment ont Ă©tĂ© laissĂ©s complĂštement Ă  l’abandon, du fait qu’il existe aussi des groupes peuls djihadiste. Les populations dĂ©placĂ©es ne survivent que grĂące Ă  l’aide que collecte la population, notamment Ă  Bamako.

Des protestations importantes contre la corruption ont eu lieu Ă  travers tout le pays. Ce qui scandalise Ă©videmment beaucoup dans ce contexte, ce sont les soldats mal armĂ©s et mal nourris du fait de la corruption de leurs gĂ©nĂ©raux. Alors qu’il y a des cĂ©rĂ©monies pour chaque soldat français tuĂ©, le gouvernement prĂ©tend ne pas avoir le budget pour le rapatriement des corps des nombreux soldats maliens morts au combat. Le fils d’IBK notamment, que son pĂšre a placĂ© Ă  la tĂȘte de la commission de dĂ©fense, est accusĂ© d’avoir dĂ©tournĂ© l’argent destinĂ© Ă  l’armement. Des vidĂ©os ont beaucoup tournĂ© sur les rĂ©seaux sociaux le montrant en train d’organiser des fĂȘtes luxueuses pendant que les soldats meurent.

Il faut souligner Ă  ce sujet le rĂŽle des rĂ©seaux sociaux. Bien sĂ»r, ils sont prĂ©sents essentiellement en ville et surtout dans les classes moyennes, mais ils se sont beaucoup gĂ©nĂ©ralisĂ©s. En effet, les communications tĂ©lĂ©phoniques sont trĂšs chĂšres, et un rĂ©seau comme whats app par exemple permet aux Ă©migrĂ©s de communiquer gratuitement avec leur famille. De plus, il permet d’envoyer des images, ce qui est quand mĂȘme trĂšs pratique quand la population est faiblement alphabĂ©tisĂ©e. Donc, beaucoup de nouvelles, vraies et surtout fausses, de discours, de dĂ©bats, de prĂȘches, circulent sur ces rĂ©seaux. Bien sĂ»r, les campagnes ne sont pas Ă©quipĂ©es, mais elles ont des radios locales assez vivantes. Et l’avantage des rĂ©seaux et des radios, c’est que ça permet de communiquer en bambara ou autre, donc de rendre infos et dĂ©bats accessibles Ă  tous et toutes.

Un pouvoir trÚs contesté

Les derniĂšres Ă©lections prĂ©sidentielles, en 2018, ont Ă©tĂ© marquĂ©es par des fraudes massives et ont Ă©tĂ© contestĂ©es dans la rue pendant un moment. Les Ă©lections lĂ©gislatives en mars dernier aussi. L’opposant malheureux d’IBK en 2018, SoumaĂŻla CissĂ©, dĂ©putĂ© du nord, a Ă©tĂ© enlevĂ© pendant sa campagne Ă©lectorale. On ne l’a toujours pas retrouvĂ© aujourd’hui. Une trentaine de rĂ©sultats ont Ă©tĂ© invalidĂ©s au profit du pouvoir, ce qui a mis le feu aux poudres. A nouveau, un mouvement de protestation s’est dĂ©veloppĂ©, mais cette fois-ci avec l’appui de l’iman Dicko, un iman trĂšs influent dans le pays qui avait soutenu IBK en 2013 (mais pas en 2018). Ce mouvement est unifiĂ© sous le nom de « M5-RFP Â» ou Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques, le 5 juin Ă©tant la premiĂšre date d’une sĂ©rie de manifestations. Le M5-RFP rĂ©clamait la dissolution du Parlement malien, la formation d’un gouvernement de transition dont il dĂ©signerait le Premier ministre, ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle, accusĂ©e de collusion avec le pouvoir. Le 10 juillet, il a appelĂ© Ă  la dĂ©sobĂ©issance civile et les manifestants ont occupĂ© des lieux symboliques du pouvoir. La rĂ©pression a Ă©tĂ© sanglante, plus d’une vingtaine de morts, dont certains tuĂ©s jusqu’à l’intĂ©rieur de la mosquĂ©e de l’iman Dicko.

La CommunautĂ© Ă©conomique des États de l’Afrique de l’Ouest.(CĂ©dĂ©ao) est venue tenter une mĂ©diation, et notamment demander qu’ils retirent leur revendication de dissolution du parlement. Il faut dire que beaucoup de ces chefs d’Etat sont en train de tenter un renouvellement de leurs mandats au-delĂ  des limites posĂ©es par leur constitution. Mais enfin, pour vous donner une idĂ©e de l’ampleur de la crise, c’est un peu comme si l’Union EuropĂ©enne s’était sentie obligĂ©e de dĂ©pĂȘcher une dĂ©lĂ©gation auprĂšs des gilets jaunes pour qu’ils cessent d’exiger le dĂ©part de Macron….

Et donc, alors que la situation semblait bloquĂ©e, le 29 aoĂ»t, ce coup d’Etat. CondamnĂ© par la « communautĂ© internationale Â», il a, vous vous en doutez, Ă©tĂ© accueilli plutĂŽt favorablement par la population. Visiblement bien prĂ©parĂ©, il y a eu zĂ©ro mort. OrganisĂ© depuis Kati, principal centre militaire du pays, il a Ă©tĂ© menĂ© par des colonels.

Ils ont annoncĂ© qu’ils allaient amorcer une transition dĂ©mocratique dont ils ne pouvaient pas prĂ©senter le contenu tant qu’ils n’avaient pas discutĂ© avec les reprĂ©sentants politiques et ceux de la « sociĂ©tĂ© civile Â». Entretiens qu’ils ont commencĂ© trĂšs vite. Ils refusent le terme de coup d’Etat, et se se prĂ©sentent comme le « comitĂ© national pour le salut du peuple Â». Ils rĂ©cusent tout lien avec le M5-RFP mais prĂ©cisent leur accord avec les critiques qu’ils ont apportĂ©es au pouvoir.

Leur marge de manƓuvre est Ă©troite au vu de la prĂ©sence de l’armĂ©e française. Ils ont notamment dĂ» annoncer qu’ils respecteraient les accords d’Alger et ils ont relĂąchĂ© IBK, dont chacun sait qu’il est gravement malade depuis un moment et probablement au bout de sa vie. A noter que la France avait rĂ©clamĂ© sa libĂ©ration mais oubliĂ© de rĂ©clamer son retour au pouvoir. Les ministres et hauts fonctionnaires les plus connus pour leur corruption sont par contre toujours dĂ©tenus.

Et la guerre « contre le terrorisme  Â» dans tout ça  ? Les avions et armes qui Ă©taient bloquĂ©s Ă  Kati, trĂšs trĂšs loin du nord donc, sont maintenant opĂ©rationnels sur le front. Il semblerait que l’armĂ©e malienne aie remportĂ© quelques victoires dans le nord. Il se raconte Ă  Bamako qu’au lieu d’attendre les ordres des Français, maintenant l’armĂ©e malienne est renseignĂ©e par les Russes, ce qui lui permet de mener ses propres attaques. Et de gagner. Il est exact qu’un des mutins revenait d’un stage de formation en Russie. On peut bien sĂ»r avoir des doutes sur les capacitĂ©s de cette armĂ©e trĂšs dĂ©criĂ©e, mais c’est chez eux et ils connaissent le terrain.

La CĂ©dĂ©ao a annoncĂ© des sanctions et notamment la fermeture des frontiĂšres, ce qui peut faire trĂšs mal Ă  un pays enclavĂ©. Mais il n’est pas certain qu’elle aie les moyens de sa politique  : le Mali est le principal exportateur de mouton d’Afrique de l’Ouest, et cette dĂ©cision peut crĂ©er des pĂ©nuries alimentaires importantes dans les pays de la CĂ©dĂ©ao.

Pour le moment, la rĂ©action de la France est plutĂŽt modĂ©rĂ©e. Elle se mord sans doute les doigts d’avoir portĂ© IBK jusqu’au bout. Et peut-ĂȘtre y voit-elle l’occasion de se dĂ©gager de ce bourbier ?

En tous les cas, ce n’est pas dictature contre dĂ©mocratie. Par contre, on peut se demander si la dĂ©mocratie est quelque part dans cette histoire. L’avenir est difficile Ă  prĂ©voir. Au-delĂ  des pĂ©ripĂ©ties institutionnelles (modalitĂ©s de la transition, date des Ă©lections…), la question est plutĂŽt de savoir si le Mali va pouvoir reprendre son destin en mains, rĂ©gler pacifiquement tous les mini-conflits qui risquent de dĂ©gĂ©nĂ©rer en guerre civile, et surtout se mettre Ă  l’abri de bandes armĂ©es riches et bien Ă©quipĂ©es qui arrivent par vagues, comme dĂ©gĂąt collatĂ©ral de cet autre terrain de jeu des grandes puissances que sont le Proche Orient et la Libye.

A suivre donc…

Sylvie, le 20 septembre 2020


Article publié le 18 Oct 2020 sur Oclibertaire.lautre.net